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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 22:20

le jour avant le lendemainLe jour du lendemain, Jorn Riel, 10/18, 142 pages

 

Quatrième de couv’ :

« Dans le nord-est du Groenland, la tribu de Katingak est sur le point de rejoindre le camp d’été. Pour Ninioq, le temps sera venu de faire ses adieux au monde des vivants. Mais Tornarssuk, le maître de tout en a décidé autrement. Comme après chaque saison de chasse, il faut aller faire sécher le poisson et la viande sur la petite île de Neqe. Et c’est à elle, la doyenne de la tribu, et à son petit-fils Manik qu’échoit cette mission. Sur cette terre hostile et malgré son grand âge, Ninioq doit prendre soin de l’enfant. Jour après jour, elle apprend au fils de son fils les gestes de la vie et lui transmet les traditions et les légendes de la tribu. Mais quelque chose s’est passé Ninioq le sent. Depuis quelques semaines déjà, ils auraient dû revenir les chercher. Un malheur est-il arrivé, Il faut qu’elle sache, qu’elle aille à leur rencontre, qu’elle retrouve les siens… »

 

Quelle claque ! Ce petit roman est bouleversant. Cela faisait longtemps que je n’avais été autant secouée par une lecture.

Ninioq, matriarche du clan, a de sombres pensées. Les choses changent autour d’elle. Les clans disparaissent. Lentement, son peuple s’éteint. Elle passe en revue son passé à travers ce dernier été. Les coutumes ancestrales, les lieux de villégiatures, les êtres chers disparus… et la permanence des paysages.

C’est un peuple qu’on découvre au fil des pages, auquel on s’attache malgré les différences dont certaines peuvent heurter nos sensibilités européennes de notre siècle (il faut avouer qu’en matière de séduction je préfère encore l’approche lourdingue de certains mâles en pleine poussée hormonale).

C’est la description, sans pathos, de la disparition inexorable d’un peuple. La famille de Ninioq acquiert ici une dimension universelle. Son extinction a valeur de modèle pour toutes les autres ethnies minoritaires. Mais la civilisation occidentale n’est pas la seule responsable. Les temps ont changés. L’arrivée des hommes sur leurs navires n’est qu’un accélérateur. L’histoire Ninioq a un côté inexorable, tragique.

Un magnifique hommage rendu ici par Jorn Riel, que je connaissais pour ses « racontars » si comiques. Mais de la comédie, surtout humaine, à la tragédie, il n’y a qu’un pas.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 10:39

pip-et-la-libertePip et la liberté, Ludovic Massé, TDO éditions,  16 euros

 

Pip est un jeune coq destiné, comme ses congénères, à la vie de basse-cour. Cependant, son ardent désir de liberté, galvanisé par les conseils avisés du Commandant, le coq dominant le pousse à organiser avec les animaux de la ferme une spectaculaire évasion.

Confrontés à la folie des Hommes et à un monde en plein bouleversement, Pip, Byron le cheval, Carême l’âne et leurs compagnons de fortune découvriront que la liberté peut-être tantôt enivrante, tantôt déroutante et parfois destructrice…

 

 


Ecrit à la veille de la seconde guerre mondiale, l’aventure de Pip est une allégorie de la tragédie qui se joue alors sur l’échiquier politique mondial. Les pérégrinations de Pip et ses congénères sont à l’image de l’état d’esprit de l’époque, oscillant entre exaltation et désespoir.


Plusieurs fois remanié après-guerre, j’aurai aimé lire les différentes versions de ce conte philosophique. Je pense qu’il aurait été intéressant de voir les évolutions du texte.


Les personnages animaliers sont atemporels et la recherche de la Liberté, thème philosophique par excellence, donnent à ce texte une dimension universelle (mais n’est-ce pas aussi la fonction du conte ?)


C’est également un conte initiatique. Le jeune Pip dans sa quête de la Liberté commence par s’éloigner du poulailler, en un va-et-vient aux limites de la ferme. Dans ses explorations il rencontre d’autres animaux domestiques ou d’autres comme le rossignol ou le lapin de garenne. Ces entretiens avec la gente sauvage le déçoivent, les animaux ne font que de se plaindre. Pourtant, l’appel de la Liberté est le plus fort et en secret, il se prépare minutieusement à la fuite de cet univers où chaque jour peut être le dernier. On retrouve, ici, les différents stades de développement de l’enfant et son accession à l’âge adulte par le départ du cocon familial et ce malgré les dangers du monde extérieur et les mises en garde des vieux sages (si on se place dans cette perspective presque psychanalytique, le personnage de la mère de Pip est édifiant). Mais Pip ne part pas seul. Il a su convaincre d’autres animaux de son entourage à le suivre dans son aventure. Pip est un leader (là, il faut certainement replacer l’histoire dans son contexte de la guerre civile espagnole, nulle victoire s’acquière seul)


A tous ceux qui aiment lire aussi pour réfléchir, je recommande Pip et la liberté. C’est un texte qui laisse des traces…


Pour m’avoir fait découvrir ce conte de Ludovic Massé, merci à 

masse critiquetdo-editions


 

 

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 19:33

mauvaise graine« Un coq qui fait la grasse matinée, des poules plus fainéantes encore, plus une sécheresse qui dure, un dessin animé raté, il n’en faut pas plus à Hyppolite Fergon pour entrer dans une colère mémorable et salvatrice.

C’est le début d’une ascension fulgurante pour ce petit fermier, tôt habitué à travailler dur et à vivre chichement, loin de la ville, des hommes et du monde moderne.

Il pense bio, cultive bio, élève bio et ça rapporte !

Mais l’argent et la réussite suffisent-ils au bonheur des gens simples ?

D’un ton volontairement drôle, au travers de dialogues farcis de jeux de mots, de scènes cocasses et de situations plus burlesques que fâcheuses, Béatrice Deparpe nous conte la vie fabuleuse d’un couple d’agriculteurs confronté à la réussite et aux tentations qu’elle amène.

C’est frais, original et distrayant. »

 

Voici un petit livre qui se lit tout seul, ou presque. Bourré de touches humoristiques, avec des personnages d’une naïveté déconcertante, l’histoire est bien menée.

Sur un fond léger s’apparentant plus à la fable (d'où son classement dans "roman philosophiue") qu’au roman proprement dit, les aventures des Fergon abordent, outre les difficultés du quotidien du monde agricole, assujetti aux vicissitudes des aléas climatiques, le très actuel mode de consommation : le bio. Mais, dans le raisonnement d’Hyppolite Fergon, il n’y pas de place pour les considérations écologiques, seul l’aspect lucratif l’intéresse. C’est bien avec son bon sens paysan qu’il fait fortune, et, il est fort à parier que si Monsanto et consorts était venu lui proposer des engrais gratuits pour augmenter ses rendements, il n’aurait certainement pas hésité…

C’est peut être aussi pour cela que j’ai apprécié la lecture de ce récit : ici, pas de morale culpabilisante (même si le « méchant » de l’histoire est un vilain pollueur qui met en péril la production Fergon), pas de « c’est bien pour la planète ». J’avoue que cela fait un peu de bien dans notre monde de plus en plus manichéen à ce sujet.

 

La fin est un peu abrupte à mon goût, mais peut-être m’étais-je tant attachée à Marie-Marguerite, Hyppolite et Marcellin que j’ai eu du mal à les quitter et à les laisser vivre leurs nouvelles vies…

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 15:14

deforgesQuatrième de couverture :

« Marie est jeune, belle et veuve. Elle aime plus que tout son fils handicapé mental, Emmanuel, qui ne peut littéralement pas se détacher de cette mère tant aimée.

A l’adolescence, le trop-plein d’amour d’Emmanuel transforme radicalement la relation entre la mère et le fils. Radicalement et dangereusement, selon la morale établie.

Avec ce court roman, Régine Deforges signe une œuvre littéraire puissante, dans la veine de Pour l’amour de Marie Salat ou L’Orage. Un texte entêtant qui pose la question dérangeante mais nécessaire de la sexualité des handicapés : comment appréhende-t-on les besoins physiques et affectifs des personnes dont la différence ne permet que rarement une sexualité dite « normale » ?

Toutes les femmes s’appellent Marie est un roman d’engagement, dans la lignée des combats que Régine Deforges  mène pour le droit des femmes et la liberté d’expression. »

 

J’avais entendu Régine Deforges parler à la radio de son dernier roman, Toutes les femmes s’appellent Marie. J’avais aussitôt eu envie de le lire. Pourtant, jusqu’ici aucun livre de cette auteure ne m’avait tenté, pas même la fameuse Bicyclette bleue !

Je l’ai demandé à ma médiathèque préférée et enfin il y a quelques jours j’ai pu feuilleter les premières pages de ce court roman. Je l’avais pris au travail, espérant, sans grande conviction, avoir quelques instants pour le commencer. Mais finalement, je l’ai lu d’une traite, sans presque m’arrêter. Je l’ai dit, c’est un roman très court, ou plutôt une nouvelle à laquelle auraient été adjoints les points de vue des autres protagonistes de l’histoire : le médecin et ami de la famille, la note du capitaine de gendarmerie, le carnet de Marie-Louise la bonne à tout faire…

L’incipit commence par une série de question portant sur la nature même du récit : journal, mémoires, récit ou confession ? Cela donne la tonalité de l’histoire. Marie raconte au fil des pages sa vie, seule, avec son fils handicapé, ses difficultés face au désert affectif qui l’oppresse et la seule issue qu’elle a pu trouver pour surmonter son veuvage dans un contexte historique finalement propice à l’isolement. Marie devient veuve après le retour de la première guerre mondiale de son mari amoindri par les gazages (ce qui expliquerait la déficience mentale de son fils), elle décide de s’isoler dans une maison de la côte avec son fils, Emmanuel, et une bonne qui vient chaque jour. C’est dans cette maison du bout de monde que ce fils grandit dans une relation fusionnelle et exclusive avec sa mère, refusant même d’autre nourriture que le sein maternelle jusqu’à plus de 15 ans. Mais l’enfant devient lentement adulte et commence à avoir des envies sexuelles, ce qui pose des problèmes. Marie avec l’aide de son ami médecin, emmène Emmanuel à la maison close de la ville voisine (c’était un temps où cette institution existait encore) pour éviter un drame après qu’il a essayé de violer une jeune fille sur la plage.

Voilà qui pose la véritable intention de l’auteur : faire naître un débat sur l’assistance sexuelle des personnes handicapées ou âgées (qu’il ne faudrait pas oublier non plus). Dans l’épilogue, Régine Déforges se justifie de son choix de par son propre vécu dans sa famille. L’épilogue est suivi par quelques pages traitant du sexe et du handicap en France faisant un état des lieux de ce qui existe ou plutôt n’existe pas chez nous, mais aussi les réticences des politiques qui pensent si bien mieux que nous…

Merci à Régine Déforges pour ce texte dense qui ne laisse pas indifférent, j’aimerai qu’il puisse faire naître une véritable réflexion sur ce sujet, malheureusement ce livre, sorti au printemps ne parait pas avoir le retentissement médiatique qu’il devrait avoir, à mon sens… mais il est vrai que les médias savent eux aussi tellement mieux ce qui est bon pour nous…

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 18:36

    99 francsQuatrième de couverture : En ce temps-là, on mettait des photographies géantes de produits sur les murs, les arrêts d'autobus, les maisons, le sol, les taxis, les camions, la façade des immeubles en cours de ravalement, les meubles, les ascenseurs, les distributeurs de billets, dans toutes les rues et même à la campagne. La vie était envahie par des soutiens-gorge, des surgelés, des shampoings antipelliculaires et des rasoirs triple-lame. L'œil humain n'avait jamais été autant sollicité de toute son histoire : on avait calculé qu'entre la naissance et l'âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350000 publicités. Même à l'orée des forêts, au bout des petits villages, en bas des vallées isolées et au sommet des montagnes blanches, sur les cabines de téléphériques, on devait affronter des logos "Castorama", "Bricodécor", "Champion Midas" et "la Halle aux Vêtements". Il avait fallu deux mille ans pour en arriver là.

C’est Andras Fenris qui m’a prêté ce livre de Beigbéder en février. Je voulais découvrir l’univers de cet auteur si controversé, mais je ne m’étais pas encore résolue à investir.

Je m’attendais peu ou prou au début du roman : une écriture incisive décrivant l’univers de la publicité et à travers lui, le monde dans lequel nous vivons avec un rare cynisme. Le personnage principal (l’auteur lui-même ?) est créatif dans une agence de pub renommée. Il a un comparse aussi déjanté que lui, une femme qui vient de le quitter, un boss qui se tape sa femme, une régulière prostituée de son état mais néanmoins pourvue d’un grand avenir et un regard sans aucune compassion pour ses collègues.

C’est grinçant, choquant, mais surtout dérangeant. C’est avec nos petites manies de consommateurs lambda, si prévisibles, si manipulés, au fond, que Beigbéder tisse son roman. Il y dénonce notre société de consommation, mais aussi ce milieu très bling-bling (même si ce mot n’a été à la mode que plusieurs années plus tard) où l’argent coule à flot et où les réalités du quotidien sont pour ainsi dire absentes. Une histoire sur laquelle on s’arrête pour réfléchir quelques instants en se disant « mais c’est vrai ce qu’il raconte là ! » sans pour autant réussir quitter le jeu, se remettre en question sans pour autant changer…

Malheureusement, le livre ne tient pas la longueur. Les deux trois derniers chapitres sont de trop. L’histoire aurait pu avoir une valeur symbolique, mais cette fin sans saveur, qui n’apporte rien, qui aurait pu se vouloir poétique mais qui finalement tombe à plat gâche un peu ce roman pourtant bien épicé. Je ne peux m’empêcher de me demander si se sabordage n’était pas voulu ? Une fin décevante pour une œuvre flamboyante comme pour notre société finalement à bout de course elle aussi ?

Dommage.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:57

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Quatrième de couverture :

 

8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l’Ecole des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ?

Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ?

Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde… 

 

 

 

 

 

 

J’avais depuis longtemps envie de lire ce livre, le premier dont j’ai entendu parler de cet auteur. Curieusement, alors qu’il était dans ma bibliothèque, je tardais à le prendre. Repoussant, peut-être, le plaisir de le découvrir. Il faut dire que je m’en étais fait une idée particulièrement alléchante : une pure « anticipation » où l’imaginaire débridé de l’auteur pourrait se révéler dans toute sa splendeur. Pourtant, je l’ai laissé, là, pendant des mois à prendre la poussière.

Enfin, je me suis lancée.

Et surprise !

Le premier chapitre est consacré à l’échec d’Adolf Hitler à l’Ecole des beaux-arts de Vienne. Rien d’imaginaire, que du réel, bien concret, bien historique… Heureusement deux pages plus loin, la scène est rejouée, avec cette fois un Adolf H admis.

Les personnages sont en places. Ils seront deux : l’un historique, l’autre imaginaire. L’un sera Hitler, sans prénom, l’autre sera Adolf H.

L’auteur, outre la réussite au concours d’entrée à l’académie viennoise des Beaux-Arts, fait se rencontrer Adolf et Freud. C’est osé mais efficace.

Très documenté, EES brosse, ici,  un portrait du dictateur, sans tenter d’expliquer sa psychologie, en énonçant les faits, rappelant aussi qu’il était un homme… dépourvu d’humanité.

De page en page, on parcourt ainsi prés d’un demi-siècle. Les deux personnages traversent ainsi la première guerre mondiale, l’un vivant ses atrocités, y compris dans sa chair, l’autre la sublimant, faisant d’elle son but. Deux « Adolf Hitler » faits d’un même substrat qui prennent des chemins radicalement opposés. Deux récits où l’Histoire prend un autre sens selon les choix de l’un ou de l’autre.

Il est à noter que cet ouvrage a reçu l’approbation d’historiens avant sa sortie.

 

Je ne dirai pas grand-chose de plus car ce serait beaucoup trop long si je voulais vraiment exprimer l’ensemble des sentiments que j’ai pu ressentir à la lecture de ce roman de grande qualité. En fait, il nécessiterait certainement plusieurs pages de commentaires dont je vais vous (et me) faire grâce.

Quand un livre est aussi réussi, les blablas sont inutiles, mais sa lecture est incontournable.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 23:09

... que personne ne se sente visé

mort aux cons

 

   

C’est à l’occasion du SWAP de la médiathèque de Signy, ce livre ne fut offert, accompagné de  « Les braves gens ne courent pas les rues » qui est encore dans ma PAL. C’est le titre qui avait séduit ma généreuse bienfaitrice. C’est vrai, qu’avec ses couleurs chatoyantes et son titre provocateur, il est difficile de passer devant sans le remarquer.

Mais si au premier coup d’œil on peut s’illusionner sur le coté léger du thème, on se rend bien vite compte que l’histoire est celle d’un tueur en série, un peu à l’instar de celui qu’on suit dans l’excellent film « c’est arrivé près de chez vous » (âme sensible s’abstenir), en largement moins dérangeant quand même.

Notre tueur est, ici, monsieur tout le monde. Un homme tranquille qui devient assassin presque par inadvertance. En utilisant la première personne du singulier, le narrateur nous renseigne sur ses états d’âme et on chemine avec lui dans les méandres de son raisonnement.

Tout commence par un geste irréparable : un soir de canicule, il jette le chat de sa voisine par la fenêtre. Puis il observe ce qui se passe : la voisine éplorée, l’immeuble entier qui hier encore l’ignorait accourant à son chevet. De là, il élabore sa première hypothèse : la mort du chat a rassemblé, créé du lien social, comme on dit.

L’histoire est lancée.

Tout au long du roman (ouf ce n’est qu’un roman) le narrateur dont on ne connait jamais l’identité, décrit son cheminement, nous fait part de ses hypothèses, élabore une théorie sur les cons, nous faisant partager sa réflexion, nous plaçant ipso facto dans une posture complice.

Le texte n’est qu’un long monologue, tantôt humoristique, tantôt philosophique. Et pour lui apporter la contradiction que toute démarche scientifique requiert, car notre serial killer s’inscrit dans ce type de démarche, un personnage secondaire apparait : le commissaire Marie. Au moment de son introduction dans le récit, on pourrait croire qu’il est un peu comme un Colombo : il a pressentit l’identité du coupable et il le ferre en restant omniprésent dans sa vie. C’est d’ailleurs la réflexion que se fait également le narrateur. Pourtant au fil de l’histoire, il apparaît de plus en plus comme le miroir de l’assassin : il l’aide à élaborer sa théorie sur les cons, lui prodiguant conseils et axes de réflexion. Mais, tel celui des foires aux monstres, le miroir est déformant…

 

L’histoire se présente comme un manifeste comme le précise la quatrième de couverture :

« Contrairement à l’idée répandue, les cons ne sont pas réformables. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquilles : la peur. Je veux qu’ils sachent que le temps de l’impunité est révolu.

Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu’ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat.

Qui n’a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d’envoyer dans le décor l’automobiliste qui vous serre de trop près ? Mais passé les premiers meurtres d’humeur qui le débarrassent des cons de son entourage, le héros prend peu à peu conscience de l’ampleur de sa mission.

Carl Aderhold nous livre ici son premier roman. »

Mais, il faut attendre la dernière page du roman pour trouver la justification du livre. Et c’est là une idée tout à fait ingénieuse.

Tout comme celle qui est d’articuler le récit en 141 paragraphes numérotés, égrainant les 140 meurtres.

Et le 141ème ? Chhhhhhhhhhut, c’est une surprise !

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 17:06

 

l'olympe des infortunes« C’est une bande de terre délaissée, un terrain vague. Entre le chaos de la ville et le silence de la mer. C’est un havre et une remise – le royaume des laissés-pour-compte.

Là règnent les oubliés volontaires, ceux dont on ne veut plus, ceux qui fuient et chantent le bonheur d’être hors du monde : ivrognes, sans grades, clochards célestes… Ach le Borgne est leur Poète, leur philosophe, leur musicien. Ses histoires ravissent les oreilles du petit peuple venu l’écouter. Il s’est créé ici une communauté de fortune, une famille. Ni anges, ni démons, ces réprouvés ont eu leur part de mensonges et de vices, leur de crime Et les tentations, trop humaines, sont partout Ici comme ailleurs, la vie suit son cours, chaotiques, drôle et surprenant… »

Voilà la quatrième de couverture qui m’a tentée lors d’un des partenariats de janvier avec B-o-B. En plus, je n’avais encore jamais abordé l’île Khadra qui me faisait de l’œil depuis un bon moment déjà. Mais vous savez ce que c’est : on repousse sans cesse les voyages vers ses terres lointaines de la littérature, pensant y trouver des rives escarpées par une langue trop ardue, ou peuplées d’indigènes aux psychologies trop complexes.

Et, nous avons bien tort.

Mon séjour dans l’Olympe des infortunes fut des plus doux. Bien que trop bref (188 pages en édition Pocket), cette histoire me donne des envies d’aller plus loin avec ce curieux guide qui prit comme nom de plume celui d’une femme (Yasmina) alors qu’il fut gradé dans l’armé Algérienne.

Effectivement, le décor n’est pas celui de palaces méditerranéens, nous sommes dans un terrain vague, à la limite d’une décharge, et d’une mer inconnue. Au loin, la ville et ses secrets, la ville et ses maléfices. Les habitants de ce périmètre de désolation sont de pauvres bougres apparemment. Mais des bougres qui ont la fierté de leur état, des Horrs : des clodos qui se respectent et marchent la tête haute, clodos par choix uniquement… dixit Ach. Par choix… cela laisse perplexe sur le coup, mais après tout pourquoi pas ? On fait connaissance de Junior, le protégé d’Ach.

Alors que le thème de l’homosexualité est abordé dans un autre groupe vivant sur la plage, aucune allusion à cela entre Ach et Junior. D’ailleurs au fil du récit, c’est bien un rapport filial qui est de plus en plus présent. Ach se veut paternel, protecteur avec Junior, trop… comme souvent, il en devient étouffant.

C’est aussi un récit initiatique. Le chemin difficile de la liberté arpenté par l’un comme par l’autre, est aussi bien souvent celui de la solitude.

Une magnifique histoire au pays des marginaux qui malgré leur carapace ont le cœur aussi tendre que n’importe quel homme.

 

Et pour ceux qui voudraient aller plus loin avec Yasmina Khadra, n’hésitez pas à visiter son site.

 

Merci BoB et les éditions Pocket pour ce beau voyage.

 

Lu dans le cadre du partenariat   logobob01

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 17:01

symphonieVoilà un livre acheté par hasard. Attendant ma fille aînée, partie lorgner du coté des CD, j’ai laissé mes doigts flâner sur les couvertures bariolées. Feuilletant celui-ci, découvrant l’incipit de celui-là, mes yeux sont tombés sur mon prénom. Mon égo ne se sentant plus de joie, je n’ai pu lui résister surtout après avoir lu l’avis de Vanity Fair (avis au combien éclairé comme chacun le sait) « Une fable surréaliste ». En plus, en le refermant, j’ai trouvé la couverture jolie, fleurant bon un romantisme passé.

Affaire conclue !

J’ai du en différer la lecture pour cause de retard dans mes partenariats, mais Urban Massaï à peine refermé je me suis jeté dessus.

Un vrai délice !

185 pages passées en compagnie de Green Talbot. Un curieux aventurier qui parle le langage des oiseaux, et, est capable d’entendre le froissement des cheveux. Né au milieu de nulle part, à Tranquillity, où rien ne se passe, la mort de ses parents lui permet de prendre son envol et de découvrir le vaste monde. De mauvaises rencontres en d’autres providentielles, Green Talbot grandit et devient un homme.

Ecrit dans un style vif (même si certaines répétitions m’ont un peu laissé perplexe, étaient-elles voulu ou non ? Je n’ai pas tranché), j’ai adoré cette jolie fable, dévorée en deux soirées, dont la morale est :

« Le début et la fin d’une vie ne comptent pas,

c’est le reste seul qui lui donne sa signification ».

Un regard naïf est porté sur les évènements historiques dont seules quelques allusions rappellent que nous sommes sensés être dans ce monde. Mais aussi des phénomènes étranges, proches du merveilleux, nous font bien vite replonger dans l’univers de la fable (avec la disparition de sa ville natale notamment, comme les souvenirs d’enfances qui tombent en poussière, très joli passage qui plairait à Emilie) 

 

Pour la petite histoire, le personnage « Virginie » n’apparait que sur quelques pages et « qui faisait profession d’offrir à ses clients des moments de détente et d’oubli »…

No comment.

 

La quatrième de couverture :

Pour le commun des mortels, la curiosité est un vilain défaut. Pas pour Green Talbot, qui décide de quitter son village endormi et de parcourir le vaste monde afin d’assouvir sa soif de connaissance et d’émotions. Doué d’une empathie hors du commun, il révèle au fil de ses rencontres la diversité de la nature humaine. Un voyage initiatique qui conduira ce personnage étrange et poétique à traverser deux continents et les grands bouleversements du XXe siècle.

 

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 23:35

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Rien que pour le titre, j’avais envie de lire ce bouquin. En plus je restais dans ma thématique du moment (rappel : l’Evangile selon Pilate). La quatrième de couv’ a fini de me convaincre :

 

« L’un a une barbe de quelques jours, l’autre de millions d’années.

L’un vit sur terre, l’autre dans les nuages.

L’un est vendeur dans un sex-shop, l’autre a un métier qui réclame le don d’ubiquité.

L’un n’a pas beaucoup d’ami, l’autre aimerait parfois se faire oublier d’eux…

Vous ne voyez toujours pas de qui il s’agit ?

Et si Dieu avait décidé de faire de vous son meilleur ami ? »

Quand en plus on nous y indique que « cet ouvrage a reçu le prix Méditerranée des lycéens »… Certes, je n’ai aucune idée de ce qu’est le  « prix Méditerranée », mais en général les lycéens ont des goûts assez proches des miens (ça c’est mon coté djeun’s)

C’est le récit de la vie d’adulte de… ben zut alors, je ne sais même pas son nom… de toute façon ce n’est pas important… Donc c’est le récit de la vie d’adulte d’un homme sur trente ans, qui rencontre Dieu. Non, pas la rencontre spirituelle, une vraie rencontre, physique, dans les limbes.

Mais pourquoi cette rencontre ? Tout simplement parce que Dieu se sent seul, il veut un ami.

On suit alors cette étrange amitié tout au long de la vie de cet homme. Son cheminement vers la sagesse, en passant par la souffrance.

Je pourrais le classer dans les récits initiatiques même si le personnage principal ne devient pas adulte au sens propre du terme à la fin de l’histoire, pourtant il devient un être achevé.

C’est un roman qui aborde des thèmes philosophiques d’une manière légère et pourtant très profonde. On ne s’ennuie pas une seconde. L’humour y a la part belle. Et on passe des rires aux larmes (enfin, moi j’ai pleuré) alternance de moments de bonheurs et de tragédies, comme dans la vraie vie.

Un régal ce petit livre, à consommer sans modération !

 

Aparté pour Aileean, je t’ai mis la suite jusqu’à la page 17 rien que pour toi !

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 12:22

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Vous souvenez-vous ? J’ai acquis, suite à mon engouement pour « Lorsque j’étais une œuvre d’art », huit livres d’Eric-Emmanuel Schmitt. « L’évangile selon Pilate » fait partie du lot.

Curieux livre que voilà.

Evidement en regardant la couverture, on ne peut pas dire qu'on n’était pas prévenu. C'est vraiment un évangile, c'est à dire l'histoire de la vie de Jésus, pardon, Yéchoua en Araméen. Pour l'agnostique curieuse que je suis, je ne pouvais pas passer à coté. J'ignorais alors tout de la religion de EES (Eric-Emmanuel Schmitt). Je supposais même, naïvement, qu'il était athée. Allez savoir pourquoi! Je n'ai que l'excuse de n'avoir lu que trois livres de cet auteur et de ne jamais avoir été chercher plus loin sur son histoire personnelle. Ce que je n’ai toujours pas fait, préférant de loin découvrir l’auteur par ses écrits. Or, ici, justement, EES affirme avoir reçu la foi dans le désert. Tiens, ça me rappelle quelqu’un…

Je ne parlerai pas de l’écriture : toujours impeccable, pas un mot de trop, la phrase juste au bon moment, un vrai bonheur.

Non, je préfère me concentrer sur la structure et le fond du récit.

C’est un écrit en deux parties, suivi du « Journal d’un roman volé ».

 

Dans la première partie la position de l’auteur est osée : faire de Yéchoua le narrateur de sa propre histoire, nous présentant ses doutes, la découverte de sa destinée, de ses miracles et sa façon de réagir face à cette notoriété non maitrisée. De même, ce point de vue pour le moins étonnant (mais que je partage) de faire du traitre le complice conscient et désespéré de la crucifixion de celui qu’il révérait. Une vision qui a au moins le mérite de recadrer les choses dans un réel crédible. J’apprécie cette forme plus terre à terre que les Evangiles classiques mais au combien plus percutante. Pour un peu, j’aurai envie d’y croire !

 

La seconde partie, sous forme épistolaire, est le recueil des lettres de Ponce Pilate envoyées à son frère et relatant les aventures « post-mortem » de celui qu’on appelle le Christ. Il y fait part de son enquête afin de prouver une machination, (car, enfin, on ne peut ressusciter !) et du voyage initiatique qu’il devra faire pour retrouver sa chère épouse, partie à la recherche de Yéchoua en lequel elle voit le Messie annoncé.

Cette partie se termine sur la phrase prononcée par Claudia Pilate à son mari qui évoquait la fin prochaine de la secte chrétienne faute de témoin vivant de la résurrection et son désarrois à ne pas être chrétien comme elle, faute d’être obligé de croire le témoignage des autres:  « Alors, peut-être est-ce toi le premier chrétien ? »

 

Pilate, premier chrétien, Judas réhabilité, un Christ plus humain que Dieu…voilà qui ne peut pas laisser indifférent !

 

Suite à ces deux parties, une quarantaine de pages sont consacrées au contexte de l’écriture de cet Evangile. On y apprend que le manuscrit original a été dérobé et que l’auteur dû tout réécrire de mémoire en quelques semaines ce qu’il avait conçu en sept ans de travail assidu. Ponctué par des réflexions sur sa façon de voir les personnages, d’interpréter les Ecritures, ce court récit donne un éclairage indispensable à l’ensemble.

 

Bref, un livre qui ne laisse pas indifférent, que j’ai dévoré et que je conseille à tout ceux qui ont des envies de voir les choses autrement.

 

 

La quatrième de couverture :

Première partie : dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l’arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l’amour et le pardon ?

Deuxième partie : trois jours plus tard, au matin de la Pâques, Pilate dirige la plus extravagantes des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête le doute s’insinue dans son esprit. Et avec le doute, l’idée de foi.

L’évangile selon Pilate a reçu le prix ELLE 2001.

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 18:36

oeuvre d'art

Quand Isa m'a parlé de ce livre d'Eric-Emmanuel Schmitt, elle m’a avoué ne pas l’avoir aimé. Cela ne m’a pas empêché de lui emprunter. Bien m’en a pris. Je me suis régalée.

Une réflexion sur l’art mais aussi sur notre monde mercantile. Quelle est la valeur de l’art, et en a-t-il une ? Sa valeur ne dépend il pas de celui qui regarde l’œuvre ? Et qu’est ce qu’une œuvre exactement ?  

Mais aussi, qui suis-je ? Qu’est ce qui fait que je suis un homme ? Qu’est ce que les apparences ? Un corps vivant peut il devenir un matériaux ?

Bon, je m’arrête là car je pourrais continuer des pages et des pages.

Pour une fois, je ne suis pas d’accord avec mon amie, moi, j’ai adoré ce petit bouquin (comme tous les EES je dois avouer, sauf Oscar et la dame rose que je refuse catégoriquement de lire) du coup je viens de m’en commander 6 sur internet !

 

La quatrième de couverture ne lui rend pas justice :

 

« Lorsque j’étais une œuvre d’art est un livre sans équivalent dans l’histoire de la littérature, même si c’est un roman contemporain sur le contemporain. Il raconte le calvaire d’un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en œuvre d’art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n’est plus qu’un corps sans âme entre les mains d’un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule »

 

Corps sans âme ? Et bien non, justement, et c’est bien ça le problème ! Le récit est écrit à la première personne du singulier, ce qui lui donne la tonalité de l’autobiographie d’un homme devenu un objet qui jette sur notre monde un regard acide mais sans amertume ni jugement.

Un pamphlet comme je les aime 

 

 

Ps perso : En ce soir de 13 juin, parce que le passage est inéluctable, j’ai une pensée pour Marie et François, courage…

 

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 20:11

9782843374708.jpgTraversant une période pas très rose, Emilie (ben oui, désolée, toujours elle...) m'a posée dans les mains ce livre, m'en recommandant la lecture. Au départ, je cherchais un ouvrage qui relatait une rencontre avec un chamane (il me semble que l'auteur en était David Servan-Schreiber), mais apparemment, personne n'en a entendu parler... Bref, je suis repartie de la médiathèque avec L'homme qui voulait être heureux sous le bras.
Je dois dire que les premières pages ne m'ont pas enthousiasmées outre mesure. Un type mal dans sa peau qui se fait prodiguer des conseils à deux balles par un gourou exotique... bon, rien d'emballant. Cela me faisait plutôt penser à un essai romancé pour faire passer la pilule. L'auteur qui aurait voulu transmettre son message psycho aux pauvres profanes incultes que nous sommes.
Comme je n'aime pas ne pas aller au bout d'un bouquin (évidemment quelques fois je buggue aussi- il faudra que je fasse un article dessus un de ces quatre...) j'ai poursuivi la lecture.
Et ô surprise, je n'ai pas eu à me forcer!
Évidemment si vous êtes adepte des intrigues bien ficelées, avec force de rebondissements et personnages tourmentés, pas la peine de vous précipiter, ce n'est pas ce qu'il vous faut. Par contre, si vous n'avez rien contre une petite piqûre de rappel sur vos certitudes, n'hésitez pas, cela vous remettra les pendules à l'heure!
Désolée pour la quatrième de couv', j'ai rendu le bouquin trop tôt...

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 19:21

Une copine m'a prêtée ce petit bouquin: Cannibale de Didier Daeninckx (surtout ne me demandez pas de le prononcer!). Moins de 100 pages. Un intermède.
Oui, mais un intermède qui fait réfléchir à notre époque où certains s'interrogent sur leur identité nationale... cannibale
Plantons le décor: l'action se passe en Nouvelle-Calédonie et en métropole.
Quand: milieu des années 80 et à l'exposition coloniale de 1931.
Qui: une centaine de Kanak, un Sénégalais, des bons français, et un homme.
Quoi: un échange entre des crocodiles et des "sauvages cannibales" ou les pérégrinations de deux Kanaks à Paris.
Verdict: à lire absolument pour se rappeler qu'il y a moins d'une centaine d'années, ne pas être blanc ne donnait pas droit à être un être humain. 

Quatrième de couverture:


Paris, 1931, l'Exposition coloniale. Quelques jours avant l'inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d'une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d'un coup.
Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l'intérêt du public allemand, veut bien prêter les siens, mais en échange d'autant de Kanak. Qu'a cela ne tienne!
Les "cannibales" seront expédiés.
Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l'intrigue avec, en arrière-plan, le Paris des années 30 - ses mentalités, l'univers étrange de l'Exposition - tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 19:35
Quatrième tome du cycle de l'invisible, ce nouvel opus est un délicieux récit qui nous emporte dans les lointaines contrées nippones.

Délicieux est le mot qui me semble le plus adéquat.

Certes, l'histoire commence dans la rue avec un garçon d'une quinzaine d'années qui survit en vendant des sex toys tout en haïssant la terre entière lui avec. Cela commence par un regard d'un passant qui lui répète quotidiennement : "Je vois le gros en toi", pas très flatteur me direz vous dans notre occident formaté taille 36. Cela commence, enfin, par une cavale dans les rues de Tokyo qui le mène dans une décharge où un corbeau plus affamé, ou plus myope, qu'un autre le prend pour son déjeuner.
Evidemment cela ne commence pas très bien... pourtant...
L'histoire d'une rencontre comme on aimerait en faire au moins une fois. L'histoire d'une rédemption, celle d'un gamin qui finit par comprendre, s'aimer et aimer l'Autre. L'histoire d'une mère et de son fils, des non-dits et de ces choses qu'on ne peut ou ne veut comprendre car trop douloureuses quand on a quinze ans. L'histoire du passage à l'âge adulte, non grâce à la rue mais grâce à la main tendue. L'histoire d'un autre monde, que nous occidentaux connaissons si mal, les sumos. Enfin l'histoire d'un regard qui change tout.


Oui... délicieux, vraiment.
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A découvrir !

Visitez le site www.virginielauby.com

Cliquez sur les images pour en découvrir les premières pages... 

hantise

  lemouroir[1]

Edité chez Ex-Aequo , en format numérique aussi !


1ere-couverture-Nannig-copie-1.jpg

Réédité chez Chloé des Lys

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