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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:28

soudain tout changeEt soudain tout change, Gilles Legardinier, éditions Fleuve noir, 19,50€, 375 pages

 

 

 

 

 

 

 


Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d’avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie.

A quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu’avant l’été, le destin va leur faire vivre plus que dans toute une vie… Du meilleur au pire, avec l’énergie délirante et l’intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur…

 

C’est le cinquième roman que je lis de Gilles Legardinier, et toujours avec le même plaisir. Après avoir exploré l’âme d’une jeune célibataire amoureuse de son voisin (Demain, j’arrête) et celle d’un homme d’âge mûr qui décide de changer de vie (Complétement cramé !), l’auteur se tente dans l’ado (on remarquera, au passage, que le chat de la couverture, véritable patte de l’auteur, si je puis dire, est ici un chaton qui a un rôle non négligeable dans l’histoire, mais je n’en dirai pas plus…) Changement de style, donc...

Ici, la narratrice est une jeune fille de terminale. On la voit vivre au jour le jour, au milieu de sa bande, en compagnie de son amie, Léa. Elles sont toutes deux amoureuses du même garçon, mais se sont jurées de ne rien faire qui risquerai de détruire leur amitié. Bon, on se dit, il y en a bien une qui va casser le pacte et ce sera le drame… Je ne vous dirai rien, mais sachez que l’intrigue n’est pas forcément où on la croit et que les apparences peuvent être trompeuses. Ce roman est bien plus profond que ce court résumé pourrait le laisser croire. Il aborde avec subtilité les affres de l’adolescence : la peur de perde ceux qu’on aime, celle de grandir, celle de mourir… On passe presqu’une année scolaire avec cette joyeuse bande. Le fil conducteur est la relation entre Léa et Camille mais c’est une succession d’anecdotes qui organise le récit. Anecdotes croustillantes, amusantes, tendres, tristes, cruelles… comme la vie que mord Camille à pleines dents.

Petit aparté : que celui ou celle qui a mon exemplaire de Complétement Cramé me le rende illico, sinon… ben, sinon rien vu que je ne sais plus à qui je l’ai prêté…

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 21:29

le descendant africain d'Arthur rimbaudLa quatrième de couverture :

Racho est un homme originaire de Dirédoua près de Harar en Ethiopie. Sa trisaïeule, femme Amharras d’une certaine élégance, vécut une brève et discrète idylle avec Rimbaud pendant le deuxième séjour de ce dernier à Harar. Suite à la famine due à la guerre et aux problèmes de sécheresse sévissant en Ethiopie, la famille de Racho s’exila dans le Golfe de Guinée. Comme Rimbaud, Racho fait état d’une veine artistique féconde.

Il st sculpteur et offre une nouvelle vie aux bibelots et colifichets qu’il ramasse au Port autonome de Cototrou. Mais son art ne répondant à aucune règle académique, Racho a du mal à se faire accepter par ses pairs et à vivre de son art.

Il va ainsi décider de tout laisser tomber et d’aller mener sa vie sur le continent de son illustre ancêtre dans l’espoir d’y recevoir, du fait de sa filiation, un abord digne de celui réservé aux princes. Pour ce faire, il embarque sur un navire marchand dissimulé dans un container. Débarqué au Havre, il n’a qu’une idée en tête : visiter la tombe de son ancêtre et traverser le Rhin pour élire domicile en Rhénanie.

Cueilli par les policiers allemands, il se fera renvoyer en France où, pour se prémunir d’une situation clandestine, il sera obligé de déposer une demande d’asile politique perdant définitivement la maîtrise de son destin.

 

Etant Ardennaise, j’étais fortement intéressée par le thème de ce roman. Comment ! Arthur Rimbaud aurait une descendance ? Même toute romanesque, cette descendance devait être quelque chose !

Effectivement.

Le récit s’articule autour d’une pièce de théâtre. Le narrateur est spectateur d’un spectacle qui met en scène sa vie. Enfin, c’est ainsi que le décor est posé pendant les premières pages. On imagine donc que ce narrateur n’est pas n’importe qui puisqu’un auteur s’est penché sur sa modeste personne pour raconter en une espèce d’allégorie (comment qualifier autrement cette pièce ?) son périple.

Ce spectateur commente ce qu’il voit et entrecoupe les scènes de sa propre vision de l’histoire sous forme de flash-back.

Les parties théâtrales relèvent plus de l’absurde voir du surréalisme (d’où la comparaison avec une allégorie). En effet les personnages s’appellent : l’immigré, le suicidaire, le clochard… chacun représentant un aspect de la vie du narrateur. J’avoue avoir été séduite par le procédé.

Mais je l’ai été moins par le style d’écriture.

Quelques passages à structure poétiques ponctuent ce récit riche en mots où l’étendue du vocabulaire de l’auteur est remarquable. Ce qui colle bien au personnage-narrateur descendant du poète Rimbaud. Mais les phrases sont longues, si longues parfois que je m’y suis perdue.

Au-delà de l’histoire du voyage sur les terres de son illustre ancêtre, ce récit traite de la difficulté qu’éprouve Racho à son arrivée en France : l’hébergement précaire, la solitude, l’isolement, la pauvreté. On peut être étonné des choix du personnage (dépenser dans la prostitution l’argent de l’aide sociale au lieu de quoi vivre) mais ses sentiments permettent de comprendre son cheminement (la solitude ne peut-elle pas être aussi fatale que la faim ?) même si on peut avoir quelques doutes sur leurs finalités (son comportement face à Rahel et son fils, par exemple).

Une question reste néanmoins en suspens : on ignore la trajectoire qui a permis à Racho d’être le support d’une pièce de théâtre (on sait seulement qu’il vit à Aurillac). C’est dommage, car du coup on reste sur sa faim.

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec les agents littéraires, merci à eux de me l’avoir fait découvrir.

 

 Info de dernière minute :

L’auteur sera présent le 29 novembre 2012

à la librairie Rimbaud

à Charleville-Mézières en soirée,

n’hésitez pas à venir le découvrir !

 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:58

pancol 1 crocoQuatrième de couverture :

Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être.

Ce roman est l’histoire d’un mensonge. Mais aussi une histoire d’amours, d’amitié, de trahisons, d’argent, de rêves. Ce roman est plein des rires et de larmes.

Ce roman, c’est la vie.

 

J’aime laisser quelques jours entre le moment où je termine ma lecture et celui ou je rédige mes billets. J’aime garder en moi l’histoire, voir comment ma mémoire va la garder ou pas, quels seront les passages qui m’auront marqués,  les personnages qui m’auront émus… bref qu’en reste-t-il après ?

Certains livres que j’ai lu, il y a des années, m’ont laissé des souvenirs impérissables (Jules Matrat de Charles Exbrayat par exemple, ne le cherchez pas je n’ai pas fait de billet dessus), d’autres considérés comme des chefs d’œuvres, avis que j’avais pu partager sur le moment ne m’ont laissés que quelques traces (tel est le cas de L’ombre du vent de Carl Luis

Zafon – ne cherchez pas non plus, il n’y est pas - qui sur le coup m’avait paru si merveilleux et qui maintenant me parait si loin que je ne m’en souviens presque plus) et d’autre, enfin, dont la lecture ne m’avait pas transporté sur les voies de l’extase livresque, me sifflent, aujourd’hui, des airs de reviens-y (les derniers jours de Paris de Nicolas d’Estienne d’Orves notamment, mais peut-être, aussi,  parce que c’est un des rares livres que j’ai donné en me disant que je ne le relirais pas… fini, je les garde tous maintenant !).

Pourquoi ce préambule ? Et bien, parce que je serais bien en peine de vous dire dans quelle catégorie finiront ces crocodiles. Après avoir tourné la dernière page, je me suis dit : vite le second tome. Et puis, le soir même j’avais entamé un autre livre totalement différent. Et plus le temps passe, moins j’ai envie de me plonger dans la suite. Bizarre.

Il faut dire qu’au début j’avais eu du mal à entrer dans l’histoire. Le style d’écriture était très différents des derniers livres que j’avais pu lire, plus littéraire sans doute, et cela m’a demandé un petit temps d’adaptation. Mais finalement je m’y suis très rapidement faite. Le roman s’articule autour de cinq parties. Le personnage central, Joséphine, est entourée d’une ribambelle de personnages secondaires : ses deux filles, son mari (rapidement ex-mari), la maîtresse de son mari, sa sœur (détestable), son beau-frère, sa mère (épouvantable) et son beau-père, sa meilleure amie et son fils, sa voisine rmiste… chacun avec sa vie, son intimité. Une véritable galerie de portraits ! Et pourtant je ne me suis attachée vraiment à aucun. Entre ceux qui sont d’une lâcheté évidente (les maris en général) et ceux qui sont d’une méchanceté à la limite de la déviance (la mère, la sœur, voire la fille aînée), pas un seul ne semble équilibré. J’ai n’ai pu m’identifier à aucun. Joséphine m’a agacée, sa mère sa sœur et sa fille m’ont énervée, pas un seul personnage n’est vraiment positif. Par contre pléthore de caricatures négatives : le mari looser qui part avec la coiffeuse (ben voyons) en Afrique faire fortune, la mère qui ne voit que par sa fille aînée, très jolie, et qui plume son pigeon de mari (qui soit dit en passant la trompe avec sa secrétaire - à peine cliché, ça), la frangine copie de sa mère, égocentrée qui ne pense qu’à la gloire… il pourrait y avoir la meilleure amie, si ce n’est qu’on apprend en cours de route qu’elle fraye avec la Cour d’Angleterre (vachement crédible).

Et pourtant, ça se lit bien. Franchement. J’ai tourné les pages avec impatience, même si beaucoup de scènes étaient prévisibles (le coup du bouquin, on le voyait venir de loin). La quatrième de couverture reflète bien le contenu. Effectivement, tous ces aspects sont abordés. Il y a de la profondeur… mais tant de clichés, stéréotypes. C’est sans surprise.

Ce qui m’a un peu énervé aussi, c’est qu’on commence par un couple de classe moyenne et que très vite on s’aperçoit que ce n’est qu’un leurre, tous sont bourrés de fric. La seule qui soit vraiment sans argent est la voisine Rmiste, plaquée par son mari, un môme sur les bras, et, évidemment d’un sans gêne et d’une fainéantise sans égal, son fils est d’ailleurs à moitié voyou (ben tiens, le cliché du cas social).

Je me rends compte en écrivant ce billet que j’ai beaucoup de reproches à faire à ce roman, et j’en viens à me demander si je l’ai vraiment aimé. Pourtant il me semblait que oui… comme quoi, il faut toujours se laisser un peu de temps.

Je vais donc laisser de côté Joséphine et sa famille pour le moment. On verra bien ce qu’il en restera dans… 10 ou 15 ans.

 

NB: je l'ai classé dans "roman initiatique" car il y a une évolution remarquable de Joséphine dans ce récit (ouf, voilà un commentaire qui n'est pas négatif)

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 21:43

J’ai reçu ce livre au SWAP de Noël de la médiathèque de Signy. Je connaissais évidemment Katarina Mazetti pour son livre le mec de la tombe d’à côté (dans ma PAL depuis… je ne sais même plus quand). J’ai donc appris qu’elle écrivait aussi pour la jeunesse.

Tatiana a eu la délicatesse de m’offrir le second tome de la trilogie. Pourquoi la délicatesse ? Parce qu’elle sait que je n’aurai pas apprécié le premier opus (la meilleure amie de l’héroïne, Pia, se suicidant).

Même si le fantôme de Pia apparaît çà et là, la tonalité de l’histoire est plutôt légère. Linnea est une adolescente flanquée d’un adorable petit frère Knotte, d’un beau-père artiste et d’une mère qui fait ce qu’elle peut. Pour pallier à la disparition de son alter ego Pia, elle s’entoure de deux copines : Madde et Malin. La première est éclipsée avant la fin du livre, égocentrée et parfaitement imbuvable, l’autre, excentrique (elle s’essaye à la magie et vit au milieu d’un univers régit par des forces occultes) prend petit à petit la place de la disparue, sans la faire oublier pour autant.

L’écriture est à l’image de l’héroïne : directe, sans fioriture, avec un niveau de vocabulaire marquant la maturité de la jeune fille. Les phrases sont courtes, incisives, au service de la narration.

Linnea est une jeune fille qui se retrouve très régulièrement dans la mouise. Bien sûr, ce n’est jamais entièrement de sa faute. Et c’est souvent en partant d’une bonne intention qu’elle se met dans des situations des plus périlleuses.

C’est un récit pétillant, comme la jeunesse, une récréation qui fait du bien.

Merci Tatiana !

 

881227021 MML4ème de couverture :

 

Linnea, dix-sept ans, ne s’est pas remise du décès brutal de Pia, sa meilleure amie. En cette nouvelle rentré, flanquée de deux copines plus paumées qu’elle, elle interroge les adultes sur le sens de l’existence et cache sa détresse sous une cruauté moqueuse. Quand sa grand-mère chérie lui offre une belle somme d’argent, elle envoie tout promener et part en voyage. C’est le moment pour elle de tomber amoureuse, de faire des choix inconsidérés, de prendre des risques, de perdre son innocence… bref, de vivre sa vie.

Après Entre Dieu et moi, c’est fini, Linnea a grandi mais n’en est que plus déboussolée par le monde adulte. Son désarroi mâtiné de culot offre des pages aussi tendres qu’hilarantes, un cocktail que Katarina Mazetti maîtrise à merveille et que l’on retrouvera en collection Babel dans le troisième volume consacré à son héroïne encore adolescente, mais plus pour longtemps : La fin n’est que le début.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 17:53

anna gavalda echappée belle

 

Quatrième de couverture :

Garance, Simon, Lola et Vincent sont frères et sœurs unis par les souvenirs et par le cœur. Ils se retrouvent tous les quatre à l’occasion d’un mariage qui s’annonce particulièrement ennuyeux. Sur un coup de tête, ils décident de s’éclipser et de prendre le chemin des écoliers pour quelques heures. Le temps de voler de rares instants de bonheur à la vie….

Un livre drôle et pudique, au style léger, direct, d’une séduisante simplicité.

 

C’est Sylvie qui m’a prêtée ce livre. J’ai, comme beaucoup, quelque part dans ma PAL, le fameux Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, mais je n’ai pas encore l’occasion, l’envie, le courage (peut-être) de l’ouvrir. Il reste là, à portée de main, à attendre, patiemment, que son heure sonne. J’avais un peu honte de ne pas encore avoir fait connaissance avec cet auteur dont on me dit depuis si longtemps le plus grand bien. Mais, je dois l’avouer : j’avais peur d’être déçue. Fidèle à la parole de Sacha Guitry (le meilleur moment dans l’amour est quand on monte l’escalier), je préférais donc retarder ce moment de lecture… Le retarder tant que je prenais le risque de ne jamais rencontrer Anna Gavalda.

C’eût été dommage.

Ce petit récit n’a pourtant rien de particulier. Pas d’intrigue haletante, pas de suspense insoutenable… mais un ton, des portraits, une tranche de vie.

L’humour est présent dès les premières pages. Il s’estompe progressivement pour faire place à une certaine gravité qui sied particulièrement au texte. La narratrice, Garance, entre dans la voiture de son frère, Simon, venu la chercher en compagnie de sa charmante épouse afin d’aller assister au mariage d’une vague parenté. S’en suit un échange acide entre les deux femmes. Le ton est donné.

Le point de vue est celui de Garance, le récit à la première personne du singulier (décidément j’adore ça) ce qui confère à l’histoire une tournure particulière. En effet, ce mariage n’est qu’un prétexte pour que la fratrie se retrouve et passe un dernier jour ensemble, comme lorsqu’ils étaient enfant.  

Prétexte et symbole à la fois : celui du passage de l’enfance-adolescence à l’âge adulte, de l’insouciance à l’engagement. Garance est encore célibataire, vivant comme une étudiante, passant des soirées à boire ou à jouer au poker... et qui sent malgré elle venir le temps des responsabilités.

Un petit roman, presqu’une nouvelle (à peine 120 pages) riche en émotion, vecteur d’une prise de conscience : celui du temps qui passe, irrémédiablement, changeant en souvenirs nos instants les plus précieux.

Bon, si je comprends bien, je n’ai plus qu’à replacer le premier succès d’Anna Gavalda sur le dessus de ma PAL… et si j’étais déçue ?

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 15:13

La rentrée littéraire a été encore une fois particulièrement prolixe, qu'il est donc difficile de faire son choix parmi plus de 650 livres proposés ! Heureusement, sur un étal, le dernier Yasmina Khadra m'attendait. Ayant rencontré l'auteur au salon du livre de Paris en mars, j'avais envie de poursuivre l'exploration de son univers. La couverture et le titre me paraissaient énigmatiques. La quatrième de couverture acheva de me convaincre :

 

equation africaineA la suite d'un terrible drame familial, et afin de surmonter son chagrin, le docteur Kurt Krausmann accepte d'accompagner un ami aux Comores. Leur voilier est attaqué par des pirates au large des côtes somaliennes, et le voyage « thérapeutique » du médecin se transforme en cauchemar. Pris en otage, battu, humilié, Kurt va découvrir une Afrique de violence et de misère insoutenable où « les dieux n'ont plus de peau aux doigts à force de s'en laver les mains ». Avec son ami Hans et un compagnon d'infortune français, Kurt trouvera-t-il la force de surmonter cette épreuve ?

En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale tour à tour sauvage, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d'un Européen, dont les yeux vont peu à peu, s'ouvrir à la réalité d'un monde jusqu'alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux prédateurs et aux tyrans génocidaires.

 

J'avais déjà pu apprécier les qualités littéraires de l'auteur dans L'olympe des infortunes, je n'ai pas été surprise. Des phrases superbes émaillent ce récit difficile. L'auteur emploie parfois des termes peu usités dans la langue française, comme l'adjectif « immarcescible » désignant quelques chose qui ne peut être flétri... joli mot, non ? D'autres passages décrivent avec poésie une Afrique sauvage et violente. Cette juxtaposition participe à l'effet de choc culturel qu'on peut ressentir en lisant ce livre. Ce médecin qui vit dans une opulence occidentale se retrouve dans une situation de dénuement total, devant survivre dans la plus grande indigence au milieu d'êtres qui n'ont plus que l'apparence humaine. Et pourtant...

Un récit écrit sous une forme de témoignage, le narrateur n'étant autre que Kurt lui même, est d'une efficacité redoutable. Les sentiments et leur évolution au cours de la détention du personnages sont partagés par le lecteur. On se laisse emporter par cette aventure, on vit l'enfermement, la faim, les espoirs et désespoirs des prisonniers jusqu'au jour...

Un roman bouleversant, à la fois philosophique et initiatique, qui présente un monde aux multiples facettes, où tout est possible, du meilleur comme du pire... (vous avouerez que je ménage bien le suspense, non?)

Si je n'ai lu qu'un seul roman de cette rentrée littéraire d'automne, je suis heureuse d'avoir choisi celui-ci, et je ne saurais trop vous motiver à faire la même chose.

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 18:45

 

l'ecrivain de la famille 

J’avais entendu parler de ce livre. Je ne sais plus où, à la radio sans doute. Un enfant qui après un malheureux poème se voit investi de l’espoir littéraire familial. Le sujet était pour le moins intrigant. Paru chez JC Lattès, c’est le premier roman de Grégoire Delacourt.  Inconnu au bataillon. Enfin presque. Car Grégoire Delacourt est un publicitaire réputé. Vous savez : Cœur de Lion… ben, c’est lui.

J’ignore si ce roman est une autobiographie, elle en a le parfum mais pas l’officialisation. Une bonne question que n’ont certainement pas manqué de poser les journalistes lors de ses interviews que je n’ai ni lus, ni entendus. J’avoue ne pas avoir plus que ça cherché à savoir car après tout « cela ne nous regarde pas ».

La quatrième de couverture résume assez bien l’ensemble du roman :

 

« Je venais d’avoir le bac de justesse. Ma sœur avait quatorze ans, elle écoutait Sheila chanter Hôtel de la plage avec B. Devotion, allongée sur son lit. Il y avait des posters de Richard Gere et de Thierry Lhermitte sur les murs. Elle croyait au prince charmant. Elle avait peur de coucher avec un garçon, à moins qu’il ne fût le prince. Elle m’avait demandé si ça avait été bien ma première fois et j’avais répondu, d’une voix douce, oui, oui, je crois que c’était bien, et elle avait eu envie qu’on dise ça d’elle un jour, juste ça, oui, oui, c’était bien.

Et puis notre frère était entré dans la chambre, il nous avait couverts de ses ailes et nos enfances avaient disparues.

 

A sept ans, Edouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon…

Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple familiale, drôle et bouleversante. »

 

Le livre est divisé en trois parties : soixante-dix, quatre-vingt, quatre-vingt-dix. Les trois décennies sur lesquelles s’étale la vie de notre héros du jour.

Les chapitres sont courts. Ici, pas de phrases alambiquées de plusieurs lignes. On va droit au but. Habitude publicitaire sans doute.

C’est une histoire attachante. Une histoire de famille, une histoire de vie, une histoire initiatique ponctuée par des références sociales, des souvenirs générationnels (évidemment, il vaut mieux être de cette génération là pour comprendre toutes les subtilités du récit).

Si c’est autobiographie, le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur reste humble. Un homme comme tout le monde, ou presque. Evidemment il a fait fortune, mais il a tout perdu. Il jette un regard sans indulgence sur une vie certes bien remplie mais aussi pleine d’amertume. Et si la destinée de l’enfant qu’il fût se réalise bien tardivement, au moins elle se réalise. Avec ce roman, justement.

Dernière petite remarque : sur le bandeau promotionnel du livre, une citation de Jean-Louis Fournier : « L’Ecrivain de la famille m’a fait pleurer de rire, et rire aux larmes… »

J’avoue que cela me laisse perplexe. Franchement ce n’est pas un roman amusant. Intéressant oui, captivant tout autant. Amusant… Non.

Mais cela n’a aucune importance, on passe néanmoins un bon moment.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 18:28

 

guerrier Massai

 

 

« Avoir cinquante ans, ça change tout.

 

Quarante-neuf, passe encore, mais cinquante… A cet âge, la vie devient une chose étrange : on se souvient de ce que l’on aurait aimé accomplir, de celui qu’on aurait aimé devenir.

 

 

Gabriel Poussin, lui, a quarante-neuf ans, onze mois et trente jours. Entre fiasco professionnel, routine de couple et sentiment d’échec général, il décide du jour au lendemain de tout plaquer. Sa femme, son chalet en bord de Seine, ses bouteilles de vin et ses chats. Et c’est en compagnie du plus improbable des compagnons qu’il va prendre le chemin de ce qu’il s’imagine être la Liberté. »

 

  Quatrième de couverture du livre d'Eric Gilberh

 

 

 

 

J’ai lu ce livre dans le cadre d’un partenariat BoB avec les éditions Arhsens. Je ne me souviens plus de la raison pour laquelle j’avais opté pour ce livre. Peut-être le terme de Massaï qui me rappelait de bons souvenirs (voir le billet sur Urban Massaï, Andras, si tu me lis…).

Je suis entrée très rapidement dans l’histoire. La narration à la première personne du singulier m’y a d’ailleurs aidée. Cet homme de cinquante ans moins une, faisant le bilan de sa vie personnelle (il vit à coté de sa femme) et professionnelle (il est concepteur de jeux de société à l’ère des consoles DS et autres) ne peut pas laisser indifférent.

 

 

Le rythme est rapide, l’histoire se déroule sur deux jours. En 48 heures, la vie de Gabriel Poussin bascule. Et, nous avec lui.

C’est drôle sans être hilarant, il y a du suspense sans être un thriller, des sentiments et de l’émotion sans être un roman d’amour.  

Pourtant, je me suis assez vite lassée de ce personnage larmoyant. Les répétitions m’ont gêné. Je comprends bien que notre personnage soit perdu. Mais ses retours pleurnichards sur sa vie avec son « Henriette adorée » à n’en plus finir…

Heureusement, sa rencontre avec Titan a relancé mon intérêt. Surtout que fidèle à mon habitude, j’avais lu les dernières pages du livre, et je voulais savoir comment il avait réussi à ce mettre dans cette situation.

 

 

Je n’ai pas très bien compris la fin et la réplique d’Henriette « pour la mère de son enfant, oui » me laisse perplexe, je ne comprends absolument pas comment il en arrive à la conclusion qui est la sienne… Mystère…

Autre chose également qui me laisse un doute : Gabriel fait référence à des origines Antillaises puis Africaine, mais je n’ai pourtant pas eu d’indice m’indiquant qu’il fût homme de couleur… Le doute reste.

Bon à part ces petites interrogations, j’ai quand même passé un bon moment. Ce livre se lit rapidement et m’a donné envie de me replonger dans Kessel… mais, je ne vous dirai pas lequel de ses romans…

 

   

Petite réflexion à l’intention de l’éditeur cette fois : la couverture souple n’est pas pratique, elle a tendance à s’enrouler ce qui est très désagréable.

 

Je remercie

 logobob01 

et

arhsens editions

 

 

Et pour les curieux, voici ce qu'en ont pensé  Mélanie, Perséphone et Pyraustha

 

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A découvrir !

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Cliquez sur les images pour en découvrir les premières pages... 

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  lemouroir[1]

Edité chez Ex-Aequo , en format numérique aussi !


1ere-couverture-Nannig-copie-1.jpg

Réédité chez Chloé des Lys

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