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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 23:09

... que personne ne se sente visé

mort aux cons

 

   

C’est à l’occasion du SWAP de la médiathèque de Signy, ce livre ne fut offert, accompagné de  « Les braves gens ne courent pas les rues » qui est encore dans ma PAL. C’est le titre qui avait séduit ma généreuse bienfaitrice. C’est vrai, qu’avec ses couleurs chatoyantes et son titre provocateur, il est difficile de passer devant sans le remarquer.

Mais si au premier coup d’œil on peut s’illusionner sur le coté léger du thème, on se rend bien vite compte que l’histoire est celle d’un tueur en série, un peu à l’instar de celui qu’on suit dans l’excellent film « c’est arrivé près de chez vous » (âme sensible s’abstenir), en largement moins dérangeant quand même.

Notre tueur est, ici, monsieur tout le monde. Un homme tranquille qui devient assassin presque par inadvertance. En utilisant la première personne du singulier, le narrateur nous renseigne sur ses états d’âme et on chemine avec lui dans les méandres de son raisonnement.

Tout commence par un geste irréparable : un soir de canicule, il jette le chat de sa voisine par la fenêtre. Puis il observe ce qui se passe : la voisine éplorée, l’immeuble entier qui hier encore l’ignorait accourant à son chevet. De là, il élabore sa première hypothèse : la mort du chat a rassemblé, créé du lien social, comme on dit.

L’histoire est lancée.

Tout au long du roman (ouf ce n’est qu’un roman) le narrateur dont on ne connait jamais l’identité, décrit son cheminement, nous fait part de ses hypothèses, élabore une théorie sur les cons, nous faisant partager sa réflexion, nous plaçant ipso facto dans une posture complice.

Le texte n’est qu’un long monologue, tantôt humoristique, tantôt philosophique. Et pour lui apporter la contradiction que toute démarche scientifique requiert, car notre serial killer s’inscrit dans ce type de démarche, un personnage secondaire apparait : le commissaire Marie. Au moment de son introduction dans le récit, on pourrait croire qu’il est un peu comme un Colombo : il a pressentit l’identité du coupable et il le ferre en restant omniprésent dans sa vie. C’est d’ailleurs la réflexion que se fait également le narrateur. Pourtant au fil de l’histoire, il apparaît de plus en plus comme le miroir de l’assassin : il l’aide à élaborer sa théorie sur les cons, lui prodiguant conseils et axes de réflexion. Mais, tel celui des foires aux monstres, le miroir est déformant…

 

L’histoire se présente comme un manifeste comme le précise la quatrième de couverture :

« Contrairement à l’idée répandue, les cons ne sont pas réformables. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquilles : la peur. Je veux qu’ils sachent que le temps de l’impunité est révolu.

Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu’ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat.

Qui n’a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d’envoyer dans le décor l’automobiliste qui vous serre de trop près ? Mais passé les premiers meurtres d’humeur qui le débarrassent des cons de son entourage, le héros prend peu à peu conscience de l’ampleur de sa mission.

Carl Aderhold nous livre ici son premier roman. »

Mais, il faut attendre la dernière page du roman pour trouver la justification du livre. Et c’est là une idée tout à fait ingénieuse.

Tout comme celle qui est d’articuler le récit en 141 paragraphes numérotés, égrainant les 140 meurtres.

Et le 141ème ? Chhhhhhhhhhut, c’est une surprise !

 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 23:08

le festival f paulusBien plus tard, après le drame, on pense avoir retrouvé une paix intérieure. Et puis un matin, en ouvrant le journal, un détail fait ressurgir de vieux fantômes. Un élément nouveau intervient et tout bascule.

A l’automne 1952, un corps disloqué est retrouvé au pied du Roc la Tour. Bien que clamant son innocence, Jolivet est condamné à perpétuité pour le meurtre de Mathey, un industriel de la vallée de la Meuse.

Philippe, un ancien garçon de café, a bien connu les protagonistes de l’affaire Jolivet. Leur histoire fut un temps suspendue à la sienne.

A l’automne 1972, vingt ans après les faits, déterminé à ne plus taire ce qu’il sait, Philippe décide de revenir à Charleville-Mézières. Il a une vérité à rétablir, un rideau à lever.

En arrivant, il est plongé dans une agitation particulière : le premier festival mondial des théâtres de marionnette. Entre ce festival et Philippe se noue aussitôt une étrange relation. En 1952, Philippe s’était aussi inventé un petit peuple sur lequel régner.

Déambulant dans les rues, Philippe recompose l’atmosphère ancienne, rejoue une partie de sa vie, en noir et blanc. Ses souvenirs s’animent et délivrent peu à peu ses desseins les plus exaltants et terrifiants. Progressivement les événements font rebondir la conscience d’un homme… jusque dans celle du lecteur.

 

J’ai rencontré Fabrice Paulus au salon du livre de Warnécourt ce printemps. J’avais lu son roman noir (très noir) La ferme isolée. Après en avoir longuement discuté avec l’auteur, il m’a indiqué deux de ses romans susceptibles de me plaire. Voici le premier.

Même si on est loin de l’atmosphère pesante du précédent, la tonalité générale reste assez sombre. Philippe, le narrateur, après avoir lu un article dans le journal local, plonge dans son passé. Il décide de revenir dans la ville où tout a débuté, replongeant ainsi dans un passé oublié.

Le récit progresse par petites touches. L’histoire est émaillée de flash-back. Sans cesse, Philippe passe du présent au passé, du réel à ses souvenirs cherchant dans ceux-ci des éléments qui pourront lui donner de l’espoir, et atténuer son sentiment de culpabilité.

Sur fond du premier festival mondial de la Marionnette à Charleville-Mézières, Philippe, ancien admirateur de jeux d’échec, sombre dans un monde de pantin, où le manipulateur n’est pas forcément celui qu’on croit…

 

Je remercie Fabrice Paulus qui a insisté pour que je poursuive dans son œuvre, ce que je ne regrette pas.

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:41

georgia lapourssette

 

Voici un tout petit livre qui a le bon goût de pouvoir se glisser partout. Parfaite pour attendre son rendez-vous, cette nouvelle a le don de vous mettre de bonne humeur, même quand on attend depuis plus d’une demi-heure.

C’est une nouvelle assez courte (une vingtaine de pages), mettant en scène le personnage de Georgia Lapoussette (qui l’eût cru ?), née un 1er avril. Sa particularité est d’être de très petite taille et pleine de charme.

Impossible de raconter l’histoire, qui d’ailleurs n’a pas vraiment d’importance, l’interêt étant surtout dans la narration et l’écriture. Car c’est un texte récréatif, une histoire un peu loufoque servie par un style proche de l’absurde.

Pour résumer, je dirais que c’est comme un Claude Ponti sans image (pour ceux qui ne connaîtraient pas Claude Ponti, faites donc un tour à l’école des loisirs).

 

Dans une courte préface, Jean-Marc Brunier, libraire de son état à la Librairie Le Cadran Solaire, nous invite à découvrir cette auteure (totalement inconnue jusqu’alors pour moi) par cette phrase : «  parce que dans ce texte offert avec toute sa générosité, elle y est vraiment toute entière ».

Je pense que je vais suivre son conseil et m’intéresser de plus prés à Véronique Ovaldé car si ces romans sont à la hauteur de cette nouvelle, je sais que je vais me régaler !

Affaire à suivre donc…

 

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 12:22

9782915746570

 

Sa réputation, c’est à la force de ses poings qu’il l’avait gagnée, le jeune Salgado. Même la bande de la cité des fleurs avait renoncé à s’y frotter. Son secret ? Le karaté ! Ce petit plus qui lui permettra de passer des banlieues sombres au Paris chic en devenant garde du corps. Nouveau monde, nouvelle vie, mais rien n’est aussi simple !

Confronté à une violence bien plus grande que celle des rues, Sam va comprendre que ses poings ne suffiront pas à tout résoudre…

 

Voici le second roman d’Andras Fenris. J’avais déjà apprécié son premier (Urban Massaï) aussi c’est sans hésitation aucune que j’ai ouvert celui-ci surtout qu’il était annoncé comme en étant la suite. Je m’attendais donc à y retrouver Franck, le personnage central du précédent ouvrage, mais, surprise, cette fois, c’est de l’histoire de Samir, le sage ami de Franck, dont il s’agit.

Bonne surprise.

Le récit est à la première personne (décidément, voir billet précédent) ce qui permet de découvrir la sensibilité et les contradictions du personnage, mais aussi une vision de la banlieue différente de celle servie habituellement par les média.

D’autres thèmes, plus psychologiques comme la difficulté de rester soi tout en quittant son milieu, ou de conserver ses valeurs malgré tout. Ainsi Samir va se voir confronter au problème des consonances trop typées de son nom. Doit-il accepter un diminutif, Sam, qui l’ampute aussi d’une partie de sa vie, renonçant à ses amis d’enfance ? Ou, comme Driss, rester sur le chemin qui lui a été tracé et dans l’indifférence se hisser à la première place ?

C’est l’itinéraire, non pas d’un enfant gâté, mais d’un jeune de ces banlieues qui affolent le bon peuple qui n’y a jamais mis les pieds. Un jeune presque ordinaire. Comme il en existe des milliers.

Un vrai roman social.

Pourtant, ici, pas de leçon moraliste. Les choses sont écrites simplement, sans rajout superflus. Comme à la page 56, discussion entre Driss et Samir après le retour de ce dernier dans son quartier, c’est Driss qui parle :

 

         « L’autre jour j’ai failli m’emporter contre un jeune de la cité. Tu me connais, je ne suis pas du genre à m’énerver. Mais là, j’ai bien failli lui mettre une claque. Grâce à Dieu, je me suis retenu. Ce petit voyou disait que tu te faisais appeler Sam et que tu ne laissais pas entrer les Arabes et les Noirs dans la boîte de nuit où tu travailles. Je l’ai collé au mur devant ses petits copains ? Il a ravalé ses paroles, crois-moi. Mais bon, voilà. Je voulais juste te faire savoir qu’on raconte des saloperies sur toi et dans ton dos.

Je fais de mon mieux pour ne pas détourner les yeux, mais je crois qu’ils ont déviés un court instant, involontairement. Driss fronce les sourcils.

- C’est vrai en partie, je me fais appeler Sam dans le boulot. [...] C’est juste pour le boulot. Et pour la sélection à l’entrée de la boîte, c’est aps comme ça que ça se passe. On a des critères… On veut pas laisser enter trop de mecs seuls. Et puis, il y a la merde. Y a un tas de critères. C’est pas si simple. »

Rien n’est blanc, rien n’est noir. Rien n’est simple.

Pourtant on aurait pu se croire dans un monde manichéen : d’un coté la bande à Larbi de l’autre le club de karaté de Sam. Là où tout commence.

Le karaté, autre personnage du roman. Omniprésent, l’art du combat est apparemment aussi maîtrisé par l’auteur que par ses personnages. Les termes utilisés sont traduits, expliqués en finesse. Je devenue incollable sur les coups de pieds directs (mae geri), de coté (yoko geri) ou le fameux coup de pied circulaire cher à Popeye des Bronzés (mawashi geri). Bon, je reconnais, mes connaissances restent essentiellement théoriques…

 

L’écriture est efficace. Le lecteur se retrouve sans cesse au cœur de l’action, et il y en a beaucoup, grâce aussi à l’utilisation du présent comme temps de conjugaison. Impossible de deviner la suite des événements. Bon évidemment j’avais lu la fin avant, pour m’éviter les mauvaises surprises, désolée…

 

Un roman que je n’ai pu lâcher qu’à la dernière page, à regret.

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 10:57

la verticale du fouClarisse est morte.

Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre.

La vision est dure. Choquante. Le décor sinistre.

Dans cet état d’exo conscience, elle fait alors un come-back sur sa vie passée. Dans une affliction particulière, dérangeante, elle reconstruit le puzzle de sa vie. Elle va vivre ses derniers instants post mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de pouvoir confondre son propre meurtrier.

La police scientifique est formelle : le meurtrier de Clarisse a déposé son corps à plusieurs kilomètres des lieux du crime, pour s’adonner à des pratiques nécrophiles sur celui-ci. Chris, le jeune lieutenant de police affecté sur cet étrange homicide, va se retrouver lui aussi face à une situation qui le dépasse : la femme qu’il aimait, celle pour qui sa vie allait basculer, se trouve sous ses yeux, atrocement mutilée. Peu avant sa mort, Clarisse avait entretenu une relation enflammée avec le jeune flic.

Dans une curieuse atmosphère, trois destins vont alors se croiser, s’enchevêtrer pour enfin révéler toute la complexité de leurs existences tourmentées.

En parallèle, la conjonction sordide d’affaires criminelles jamais élucidées va également ressurgir, révélant toute la noirceur de la folie humaine et l’infini de ses troubles.

 

Fabio M Mitchelli signe ici sa première œuvre littéraire : une nouvelle classée dans la catégorie Thriller fantastique par son éditeur.

Pour être fantastique, cela l’est. Dans les deux sens habituels du terme.

Nous pénétrons ici dans le plus profond de l’âme humaine avec Clarisse, jeune assassinée, dont le corps vient d’être découvert dans une forêt.

La narratrice, Clarisse, parle à la première personne du singulier, donnant la forme d’un témoignage au récit.

Faisant preuve de clairvoyance, elle revient sur les dernières heures de sa vie. Elle décrit son corps tel qu’il est découvert et tel qu’il fût, nous apprenant ainsi beaucoup de chose sur sa personnalité. Or, Clarisse n’est pas une sainte, loin de là.

Progressivement, on voit apparaître les autres personnages qui ont croisés sa route. Parmi eux, forcément, l’assassin. Mais, pour moi, l’intérêt de cette nouvelle n’est pas forcément là.

Au-delà de l’histoire purement policière, une dimension humaine se dessine. Voire existentielle. Clarisse qui aimait s’amuser, sans grande considération pour son entourage, décide de prendre un autre chemin. La mort l’en empêche. Est-on maître de sa vie ? Réellement ? Pourquoi Clarisse peut-elle voir l’enquête se dérouler ? Serait-ce dans un but rédempteur ? La dernière phrase avant l’épilogue est sans ambiguïté.

 

Le style d’écriture est au service de l’histoire. Les flash-back s’allongent au fil du récit, la narratrice recouvrant peu à peu la mémoire des évènements. Les heures sont égrainées, chronologiquement, et nous amène jusqu’au moment fatal et au-delà.

Le vocabulaire recherché (pour la description du corps de Clarisse particulièrement, où le mot est mis au service de l’imaginaire), la référence introductive à Dante (la suite de l’intrigue montre son importance) ainsi que les détails scientifiques (méthode de datation en phase post-mortem) font de cette nouvelle un moment bien plus littéraire que la plupart des « thrillers » habituels nous réserve.

A consommer sans modération !

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:01

Jack Isidore a des théories fumeuses sur tout et une collection d’objets aussi farfelus qu’excentriques. Ce garçon est si inadapté à la réalité que, lors de leur déménagement dans la banlieue de Los Angeles, sa sœur Fay et son beau-frère Charley Hume se sentent obligés de l’héberger. Mais sous le regard de Jack, le vernis de la famille modèle se craquelle vite pour laisser exploser au grand jour les névroses de ses deux tuteurs…

Entre paranoïa et amour fou, le génie de la science-fiction, Philip K. Dick , explore cette fois-ci un autre univers : la nébuleuse chaotique du mariage et de ses faux-semblants. Une histoire dans laquelle le plus « barjo » n’est certainement pas celui que l’on croit…confession d'un barjo

 

Effectivement, la dernière phrase résume à elle seule la thématique du livre.

 

Je n’avais pas lu de K. Dick depuis mes années universitaires, ce qui remonte à quelque temps. Quand Corinne nous l’a présenté au club de lecture, j’ai été séduite par son argumentaire. Du K Dick qui n’est pas de la science-fiction ! Diantre, il faut essayer !

 

Ce roman surprenant, pourrait s’apparenter à une étude de mœurs. Une famille : le père, la mère et leurs deux filles. Arrive le frère de madame. Entre eux, ce n’est pas l’entente cordiale, loin s’en faut. Elle le prend visiblement pour un imbécile, un barjo. C’est vrai qu’il ne semble pas très équilibré. Il se veut scientifique, cherche des explications irréfutables pour tout… mais ses réflexions sont souvent bancales et ses cheminements intellectuels parfois curieux. Pourtant, quand il en prend le temps, il peut effectuer des analyses d’une logique pertinente (ainsi son interrogation sur les motivations de son beau-frère pouvant expliquer ses actes). C'est une sorte de naïf. Le Candide de l'histoire.

Fay, sa sœur, n’est pas d’un caractère facile, c’est le moins que l’on puisse dire. Son frère, Jack, pense qu’elle est psychopathe. C’est une femme à laquelle rien ne résiste et qui n’a pas l’habitude d’être mise en défaut, surtout par les hommes. Ses réactions sont souvent assez incompréhensibles pour un être normalement socialisé. Dénuée de savoir vivre, elle utilise un vocabulaire grossier, fait preuve d’un sans gêne absolu.

Son mari ne vaut guère mieux même s’il semble être animé d’un peu plus d’humanité (c’est lui qui insiste pour que Jack vienne habiter avec eux afin d’améliorer ses conditions de vie).

Ce trio vit donc ensemble dans une grande maison avec les deux petites filles du couple, personnages secondaires, y compris pour leurs parents.

Tout aurait pu se passer aussi bien que dans le meilleur des mondes (possible) si leur route n’avait pas croisé celle du si joli couple Anteil… et là, c’est le drame.

Je ne vous en dirai pas plus.

 

C’est frustrant, non ?

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 19:05

trésor des abbessesJ’avais envie de connaître l’offre de mon éditeur, c’est quand même la moindre des choses. J’avais le choix.

Finalement, j’ai décidé de prendre « Le trésor des abbesses » de Charlène Mauwls, dans la collection Aventures.

La quatrième de couverture m’avait parue intéressante :

 

Quel est le trésor dont parle un manuscrit du IXème siècle que Virgile, jeune antiquaire parisien, rapporte de Trèves ?

Pourquoi, la mafia russe, dirigée par Constantin Basilivitch, l’a-t-elle missionné pour lui procurer ce Livre des miracles, rédigé par les plus grands ecclésiastiques de tous les temps, depuis Macaire, premier évêque de Jérusalem, jusqu’au pape Pie XII ?

Quel est le secret contenu dans ces pages qui relatent la vie de Saint Hydulphe, chorévèque de Tréves, la ville où naquit l’empereur Constantin qui christianisa le monde romain ?

Quel est le lien entre le médaillon que porte toujours Tontine, la mère adoptive de Virgile, et le trésor des abbayes qui composèrent la croix monastique des Vosges dont parlent les archives de la bibliothèque d’Epinal ?

Plongés dans une affaire aux méandres diaboliques, Virgile et ses amis devront répondre à toutes ces questions pour découvrir le trésor des abbesses.

Suivons les au cœur des mystères du moyen-âge.

 

C’est un livre que j’ai lu d’une traite même si au départ j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, mais il faut bien dire, que mes précédentes lectures étaient assez éloignées de ce thème.

Très documentée, ce récit nous plonge dans l’histoire ecclésiastique des Vosges. Domaine dans lequel mes connaissances sont d’une rare indigence, je dois bien l’avouer.

C’est une histoire qui s’adresse aussi bien aux adultes (ma grand-mère de 90 automnes l’a lu et apprécié également) qu’aux adolescents. L’intrigue est assez linéaire et facilement compréhensible pour des jeunes collégiens.

J’ai particulièrement apprécié la qualité du vocabulaire (c’est assez rare pour ce type d’écrit pour être signalé).

J’ai eu un peu plus de mal avec la ponctuation. En effet, les points de suspensions sont nombreux, surtout au début du roman, et ce même en milieu de phrase. Cela m’a un peu agacé, heureusement, l’histoire m’a happée et j’ai fini par les oublier (surtout que, progressivement, ils se font plus discrets).

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 23:50

mort d'un heroine rougeJ’ai choisi de lire le livre de Xiaolong, au départ, parce qu’il me fallait un auteur dont l’initiale commence par un « X » (et oui, toujours le fameux challenge 2011, que je ne finirai pas, maintenant c’est sûr). Evidemment, j’ai été guidée aussi dans mon choix par Christophe-le-libraire et un peu par la quatrième de couverture :

Shanghai, 1990. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans un canal. Pour l’inspecteur Chen et son adjoint Yu, l’enquête se transforme en affaire politique lorsqu’ils découvrent que al morte était une jeune communiste exemplaire. Qui a pu l’assassiner ? Chen et Yu vont l’apprendre à leurs dépens, car, à Shanghai, on peut être un camarade respecté et dissimuler des mœurs déroutantes. 

 

Donc, me voilà devant la Chine d’aujourd’hui… enfin d’il y a 20 ans, parce que je ne crois que les choses ont aussi évoluées là bas.

L’essentiel de ce livre n’est pas l’enquête policière. On sait d’ailleurs assez rapidement qui est l’auteur du crime. Non, l’intérêt réside surtout, pour moi, dans la découverte de ce pays et de ses mœurs. Et les difficultés auxquelles se heurtent nos deux policiers sont révélatrices du système politique chinois. En Chine tout est politique.

C’est le portait d’un pays en plein changement après les évènements de Tienanmen, en 1989. Ici pas de prise de position de l’auteur ou du narrateur par rapport à la politique intérieure, mais le constat des évolutions entre un socialisme idéal et l’incursion « du mode de vie décadent sous l’influence de l’idéologie bourgeoise occidentale ». Pas de critique directe de la Révolution Culturelle, seulement la description de ce qui fût fait. Au lecteur d’adhérer ou pas. Pourtant a priori l’auteur n’a rien à craindre, habitant les USA depuis 1989… mais qui sait.

C’est un livre très intéressant à ce point de vue.

Par contre, notre inspecteur est un poète. Le récit est ponctué de vers chinois, heureusement, ou malheureusement, traduits. Je n’ai pas gouté le sel de cette poésie. Bon, en même temps, qui me connait sait que ce n’est pas ma tasse de thé (de Chine), alors de la poésie chinoise ! Pourtant, plusieurs digressions poétiques m’ont permis de faire connaissance avec quelques contes et légendes orientales qui éclairent la psychologie des protagonistes.

 

Je conseille donc vivement la lecture de ce roman à tous ceux qui désirent s’immerger dans la Chine contemporaine, plus qu’aux amateurs de thriller. Merci Christophe de me l’avoir fait découvrir !

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 22:09

les coucousVoici une courte nouvelle proposée par Babelio dans le cadre de sa masse critique.

Le résumé était alléchant, pour moi qui aime les plantes :

 

« Quand les plantes vénéneuses redonnent à une vieille dame toute sa dignité…Un herbier comme guide subtil pour éradiquer se don nid les petites crimes conjugaux. »

 

Et effectivement, le texte a été à la hauteur de mes espérances. Bon trop court, évidemment, mais c’est une nouvelle.

Impossible de résumer, mais c’est truculent à souhait. Parsemé de dessins, le texte est découpé en chapitres comme un roman. A chaque début de chapitre, un court résumé sur la plante utilisée dans les pages suivantes. C’est très instructif. Par exemple, je ne connaissais pas les propriétés toxiques de l’Ellébore (je regarde les miennes d’un nouvel œil maintenant…)

Un petit livre à emporter partout avec soi, dans sa poche, son sac… et à faire lire à son conjoint, surtout si on a un jardin. On n'est jamais trop prudente...

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:46

 

Voici le second opus de la trilogie d’Yves Grevet. J’avais eu l’occasion de le lire en 2008 quand son livre avait été sélectionné  pour le Prix des lecteurs du Club Mickey (ma fille aînée était membre du jury cette année là). J’avoue que le premier tome ne m’avait pas forcément enchanté : un univers clos, violent, avec des règles stupides… Mais bon.

Passant à la médiathèque, j’avise le second tome. Le premier finissant très abruptement, et comme je ne voudrais pas mourir idiote, j’ai emprunté « Méto, l’île ».

Voici la quatrième de couverture, pour vous faire une idée de l’ambiance : meto

 

« Méto et ses camarades ont enfin franchi les portes de la Maison, livrant un combat terrible pour leur liberté.

Méto est grièvement blessé lors de la bataille… Lorsqu’il se réveille, il se rend compte que ses paupières ont été cousues et qu’il est entravé à un lit. Où est-il ? Et ses amis, sont-ils encore en vie ?... »

 

Pas très joyeux à première vue. Tant pis, je me lance !

 

Et puis, finalement, je me suis prise au jeu.

Ici, Méto et ses amis sont recueillis par les « chevelus », anciens « prisonniers » de la Maison comme eux. Sauf que parmi eux se trouvent aussi d’anciens Césars ou Soldat.

On y découvre un monde tout aussi violent, tout aussi clos (ils sont dans une grotte) tout aussi concentrationnaire. Mais les choses évoluent insensiblement. Méto grandit, on le sent bien. Il acquiert des droits qu’il n’avait pas.

 

Il est inutile de vous raconter l’histoire car l’intérêt n’est pas là. 

Cette trilogie est un roman d’aventure certes, mais surtout, à mon sens, un parcours initiatique qui guide l’enfant vers son émancipation et donc l’état adulte.

Ici, la Maison et ses règles ineptes symbolisent la petite enfance et ses interdits qui ne sont pas forcément compris par le Petit (on retrouve cette notion de Petit dans l’histoire). Méto réussit à s’en enfuir en se rebellant, comme un adolescent qui se retourne contre ses parents quand il refuse leurs règles de vie. Et comme l’ado, Méto quitte un monde sécurisé (voir sécuritaire) pour l’univers de ses pairs (Méto retrouve dans la grotte bon nombre d’ancien pensionnaires de la Maison). Or le monde ado n’est pas le pays des Bisounours : cruel, violent et sans pitié (arrêtons de nous voiler la face, s’il vous plait, franchement, vous voudriez redevenir ado, vous ? Moi pas, c’est certain), bref pas si idyllique que ça.

L’adolescence c’est aussi l’âge des premiers émois. Pour Méto aussi. Mais je n’en  dirais pas plus. D’ailleurs, dans la Maison, toute féminité est bannie : pas de filles, pas de femmes, les enfants ne savent même pas que la gente féminine existe, sauf Méto évidemment qui a réussi à dérober un livre de science qui abordait le sujet.

Ne nous emballons pas non plus, il n’y a rien de sulfureux dans ce tome. Juste le trouble d’un parfum.

Les titres de deux premiers tomes sont La Maison et L’Île. Un cercle qui s’agrandit. Le dernier tome s’appelle Le Monde.

Logiquement on devrait y parler du stade suivant, celui de l’adulte. Celui qui prend son envol…

Ce que j’en ai lu sur différents blogs me laissent à penser qu’effectivement Méto évolue vers l’indépendance.

On y lit aussi souvent les qualificatifs « époustouflant », « formidable » pour parler de la trilogie en entier d’Yves Grevet.

Si, à la lecture du premier tome, je n’étais pas conquise, je dois avouer que maintenant j’ai hâte de découvrir le dernier. Au-delà d’un simple roman d’aventure jeunesse, cette trilogie est une parabole : les différentes étapes menant à l’indépendance, et à l’âge adulte.

 

Message personnel à la médiathèque Yves Coppens :

Emilie ! Mets moi le tome 3 de coté, j’arrive !!!

 

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 22:28

evangile selon j lucas

 

J’ai découvert cet auteur sur Facebook, par hasard. Avant de le lire, j’ai pris le temps de regarder les critiques déposées sur son mur. Elles étaient encourageantes et souvent, visiblement, de personnes qui ne le connaissaient pas intimement. C’était plu^tot de bonne augure, il faut toujours se méfier des louanges de ses amis, non qu’elles ne soient sincères mais souvent teintée de subjectivité… (bon, là, je viens de perdre les trois quart de mon lectorat, zut…)

Bref, j’ai donc commandé deux ouvrages à Cyrille Audebert : L’évangile selon Jacques Lucas, et, ce que je suppose en être la suite, Un temps de chien.

Livraison rapide et soignée avec dédicace de l’auteur et caramels au beurre salé (je vous les conseille, un régal !)

Et puis, j’ai posé les deux livres sur ma table de nuit et… c’était il y a déjà trois mois.

La semaine dernière, je me suis décidée, enfin, à prendre le premier, et j’ai découvert la quatrième de couverture :

« Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur : un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d’avoir été peintes, et Mélodie…

Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie…

Ouais, c’était sûrement ça le bonheur.

Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais c’était tellement loin d’ici, dans les es sombres…

Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez mi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface.

Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley… »

 

Alléchante entrée en matière, non ?

Pourtant j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, puis à la moitié je ne l’ai plus lâché.

Le personnage est attachant malgré ses zones d’ombres. L’histoire est bien menée, même si j’avais pressenti l’identité du coupable assez rapidement. Ceci dit, je me demande à quel point cela n’est pas fait exprès, car à peine avais-je formulé mon hypothèse qu’une piste nouvelle s’ouvrait et que je me suis mise à douter de mes facultés de déductions. C’est justement à partir de ce moment que l’histoire m’a vraiment accrochée.

Le hic, c’est qu’à la fin, tout n’est pas résolu. Evidemment, le coupable des meurtres en série est arrêté, mais beaucoup de questions restent en suspend : le passé de David ? Ses relations avec son père ?

La fin du livre laisse la porte ouverte à une suite possible, et justement la suite est Un temps de chien.

Un polar dans les règles de l’art, qui se lit facilement et qui ménage son suspens jusqu’au bout. Un bon moment à passer !

Et la suite ?

Dans un prochain numéro !

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 18:45

 

l'ecrivain de la famille 

J’avais entendu parler de ce livre. Je ne sais plus où, à la radio sans doute. Un enfant qui après un malheureux poème se voit investi de l’espoir littéraire familial. Le sujet était pour le moins intrigant. Paru chez JC Lattès, c’est le premier roman de Grégoire Delacourt.  Inconnu au bataillon. Enfin presque. Car Grégoire Delacourt est un publicitaire réputé. Vous savez : Cœur de Lion… ben, c’est lui.

J’ignore si ce roman est une autobiographie, elle en a le parfum mais pas l’officialisation. Une bonne question que n’ont certainement pas manqué de poser les journalistes lors de ses interviews que je n’ai ni lus, ni entendus. J’avoue ne pas avoir plus que ça cherché à savoir car après tout « cela ne nous regarde pas ».

La quatrième de couverture résume assez bien l’ensemble du roman :

 

« Je venais d’avoir le bac de justesse. Ma sœur avait quatorze ans, elle écoutait Sheila chanter Hôtel de la plage avec B. Devotion, allongée sur son lit. Il y avait des posters de Richard Gere et de Thierry Lhermitte sur les murs. Elle croyait au prince charmant. Elle avait peur de coucher avec un garçon, à moins qu’il ne fût le prince. Elle m’avait demandé si ça avait été bien ma première fois et j’avais répondu, d’une voix douce, oui, oui, je crois que c’était bien, et elle avait eu envie qu’on dise ça d’elle un jour, juste ça, oui, oui, c’était bien.

Et puis notre frère était entré dans la chambre, il nous avait couverts de ses ailes et nos enfances avaient disparues.

 

A sept ans, Edouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon…

Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple familiale, drôle et bouleversante. »

 

Le livre est divisé en trois parties : soixante-dix, quatre-vingt, quatre-vingt-dix. Les trois décennies sur lesquelles s’étale la vie de notre héros du jour.

Les chapitres sont courts. Ici, pas de phrases alambiquées de plusieurs lignes. On va droit au but. Habitude publicitaire sans doute.

C’est une histoire attachante. Une histoire de famille, une histoire de vie, une histoire initiatique ponctuée par des références sociales, des souvenirs générationnels (évidemment, il vaut mieux être de cette génération là pour comprendre toutes les subtilités du récit).

Si c’est autobiographie, le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur reste humble. Un homme comme tout le monde, ou presque. Evidemment il a fait fortune, mais il a tout perdu. Il jette un regard sans indulgence sur une vie certes bien remplie mais aussi pleine d’amertume. Et si la destinée de l’enfant qu’il fût se réalise bien tardivement, au moins elle se réalise. Avec ce roman, justement.

Dernière petite remarque : sur le bandeau promotionnel du livre, une citation de Jean-Louis Fournier : « L’Ecrivain de la famille m’a fait pleurer de rire, et rire aux larmes… »

J’avoue que cela me laisse perplexe. Franchement ce n’est pas un roman amusant. Intéressant oui, captivant tout autant. Amusant… Non.

Mais cela n’a aucune importance, on passe néanmoins un bon moment.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 21:20

manip olfac

 

J’ai rencontré Catherine Bouvet totalement par hasard au salon du livre alors que j’attendais une dédicace de Michel Cymes. Elle avait installé un diffuseur de parfum à coté d’elle. Charmante, souriante et pleine d’entrain, nous avons rapidement engagé la conversation, arrosées d’effluves acidulées. Et j’avoue ne pas avoir résisté longtemps pour acheter son livre. La principale raison étant que le thème m’intéressait, la seconde est qu’elle était vraiment sympa (ben, oui, je marche aussi à ça… mais chuuuuttttt sinon tous les auteurs vont le savoir et je serai ruinée en moins de deux)

Bref.

 

La quatrième de couv’, pour savoir de quoi on parle présentement ?

« Quoi de plus évocateur qu’une odeur ? A peine humée, elle vous transporte dans vos souvenirs les plus lointains : une émotion, une angoisse, du bien-être, un stress…

Parce que l’odorat est le sens le plus intime chez l’être humain avec un accès privilégié vers le cerveau, parce qu’on ne peut faire autrement que « sentir » à chacune de nos respirations et parce que chacun possède ses odeurs refuges et références qui lui sont propres, nous sommes « manipulables » par les odeurs de notre quotidien. Elles agiraient sur notre cerveau, nos émotions et notre comportement !

Ce livre est une enquête au cœur des odeurs, des effluves corporels et d’éventuelles phéromones, ce que nous en faisons et ce qu’on nous donne à sentir, entre séduction et manipulation.

De la maternité à la police scientifique en passant par la recherche fondamentale, la médecine légale, l’aromathérapie ou la cosmétique, les odeurs servent à grandir, soigner, apaiser… Mais elles peuvent aussi nous trahir, voire nous manipuler. »

 

Voilà.

 

Manipulations olfactives est donc un essai sur les odeurs, le nez et en général tout ce qui a trait au sens olfactif.

Très complet, on fait ici une immersion dans ce thème aussi bien au niveau scientifique, que sensitif. C’est une enquête minutieuse auprès d’experts français et étrangers des établissements à la pointe tels que le Monell Chemical Senses Center de Philadelphie entièrement dédié aux recherches sur l’odorat et le goût.

Les interviews ont été retranscrits tels qu’ils ont été proférés par leurs auteurs, ce qui m’a un peu gênée, mon coté littéraire sans doute. Mais au moins, on ne perd aucune information ! Il me faut préciser que Catherine Bouvet est journaliste à France 3 Bordeaux et qu’elle a travaillé pour de nombreux reportages magazines ce qui se sent forcément dans son écriture.

L’enquête s’articule en quatre parties : « Sensations et perceptions », « Odeurs et soins », « Une époque manipulatrice » et « L’odeur génétique ».

Je connaissais un certain nombre de choses (je vous avais bien dit que le sujet m’intéressait), j’ai néanmoins appris beaucoup. La partie sur la police scientifique notamment m’a particulièrement attirée, surtout « l’odorologie ».

J’avoue ne plus avoir le même regard,… heu…, nez, sur mon parfum quand mon doigt presse le bouton du diffuseur, le matin. Et, je me suis depuis posé souvent la question de savoir pourquoi j’avais choisi celui-là plutôt qu’un autre… peut-être à cause de sa base vanille ?

Et, si vous ne comprenez pas cette allusion, lisez donc « Manipulations Olfactives », la réponse y est !

Bravo pour cette enquête si bien menée !

 

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 18:28

 

guerrier Massai

 

 

« Avoir cinquante ans, ça change tout.

 

Quarante-neuf, passe encore, mais cinquante… A cet âge, la vie devient une chose étrange : on se souvient de ce que l’on aurait aimé accomplir, de celui qu’on aurait aimé devenir.

 

 

Gabriel Poussin, lui, a quarante-neuf ans, onze mois et trente jours. Entre fiasco professionnel, routine de couple et sentiment d’échec général, il décide du jour au lendemain de tout plaquer. Sa femme, son chalet en bord de Seine, ses bouteilles de vin et ses chats. Et c’est en compagnie du plus improbable des compagnons qu’il va prendre le chemin de ce qu’il s’imagine être la Liberté. »

 

  Quatrième de couverture du livre d'Eric Gilberh

 

 

 

 

J’ai lu ce livre dans le cadre d’un partenariat BoB avec les éditions Arhsens. Je ne me souviens plus de la raison pour laquelle j’avais opté pour ce livre. Peut-être le terme de Massaï qui me rappelait de bons souvenirs (voir le billet sur Urban Massaï, Andras, si tu me lis…).

Je suis entrée très rapidement dans l’histoire. La narration à la première personne du singulier m’y a d’ailleurs aidée. Cet homme de cinquante ans moins une, faisant le bilan de sa vie personnelle (il vit à coté de sa femme) et professionnelle (il est concepteur de jeux de société à l’ère des consoles DS et autres) ne peut pas laisser indifférent.

 

 

Le rythme est rapide, l’histoire se déroule sur deux jours. En 48 heures, la vie de Gabriel Poussin bascule. Et, nous avec lui.

C’est drôle sans être hilarant, il y a du suspense sans être un thriller, des sentiments et de l’émotion sans être un roman d’amour.  

Pourtant, je me suis assez vite lassée de ce personnage larmoyant. Les répétitions m’ont gêné. Je comprends bien que notre personnage soit perdu. Mais ses retours pleurnichards sur sa vie avec son « Henriette adorée » à n’en plus finir…

Heureusement, sa rencontre avec Titan a relancé mon intérêt. Surtout que fidèle à mon habitude, j’avais lu les dernières pages du livre, et je voulais savoir comment il avait réussi à ce mettre dans cette situation.

 

 

Je n’ai pas très bien compris la fin et la réplique d’Henriette « pour la mère de son enfant, oui » me laisse perplexe, je ne comprends absolument pas comment il en arrive à la conclusion qui est la sienne… Mystère…

Autre chose également qui me laisse un doute : Gabriel fait référence à des origines Antillaises puis Africaine, mais je n’ai pourtant pas eu d’indice m’indiquant qu’il fût homme de couleur… Le doute reste.

Bon à part ces petites interrogations, j’ai quand même passé un bon moment. Ce livre se lit rapidement et m’a donné envie de me replonger dans Kessel… mais, je ne vous dirai pas lequel de ses romans…

 

   

Petite réflexion à l’intention de l’éditeur cette fois : la couverture souple n’est pas pratique, elle a tendance à s’enrouler ce qui est très désagréable.

 

Je remercie

 logobob01 

et

arhsens editions

 

 

Et pour les curieux, voici ce qu'en ont pensé  Mélanie, Perséphone et Pyraustha

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 21:56

 

 

passagers de l'archipel

Les continents ne sont pas fixes, ils dérivent. Les continentaux sont des migrants qui s’ignorent, des passagers soumis à ce mouvement infime comme à l’écoulement insensible du temps. Des passagers en rupture de barre, en rupture d’avenir, incapables d’empoigner le gouvernail pour métamorphoser en destin leur errance misérable.

Les îles aussi dérivent avec leur équipage. Plus vite, plus loin, dans l’urgence et le péril, aspiré par le sillage néfaste des continents. Quand leur microcosme s’ouvre à l’envahisseur, les organismes, les âmes résistent mal au souffle de ses miasmes, au viol de ses rêves frelatés. Des passagers disparaissent, asphyxiés sous les clichés dans on les affuble. Quelques-uns se rebellent. D’autres s’adaptent.

Mais tous ont à dire, à faire. Comme les continentaux, les îliens vocifèrent, chuchotent, rient, ou bien se taisent et agissent. Comme eux, ils influencent, du geste et de la voix, la course aléatoire de notre nef des fous.

 

Voici un livre édité chez Ramsay littérature et en parcourant les premières pages, on comprend vite pourquoi. Bien loin des « romans de filles » ou des Musso, Levy et consort (ou plutôt qu’on ne sort plus), ici, on est face à de la vraie littérature, à une écriture riche, poétique, émotionnelle.

C’est un recueil de six nouvelles tahitiennes. Rien d’étonnant quand on apprend que l’auteur y a vécu plusieurs années. Ce sont des anecdotes, des tranches de vie. Les personnages sont introduits de façon très détaillée, ciselés, créant de véritables rencontres avec ces habitants des îles.

Certaines nouvelles sont dures (Poerava ou Raerae) d’autres plus légères (la dernière surtout qui donne une touche finale savoureuse). L’auteur nous guide dans l’intimité d’une culture en parsemant son texte de mots tahitiens (il y a un lexique tés bien fait en fin de recueil). On y apprend la tolérance traditionnelle d’un peuple que l’invasion de la civilisation a gangréné, comme une maladie honteuse.

C’est un très joli livre, sans pesanteur, dépaysant et loin des clichés des agences de voyages (il pleut souvent à Tahiti finalement). On découvre l’envers du décor, sans fioriture mais décrit dans une langue impeccable.

J’ai passé un très beau moment avec ces passagers de l’archipel.

Par contre, comme souvent, je n’ai pas trop vu le rapport entre le résumé de la quatrième de couverture et les textes, excepté la qualité littéraire…

 

Merci à logobob01 et aux éditions Ramsay 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:38

Les reconnaissez-vous? Certains évidemment sont connus d'autres pas encore, mais tous se sont prêtés au jeu. Un grand merci à tous!

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 Bon évidemment, pour ceux là c'est facile....

 

 

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Michel Cymes pour son livre Complétement malades!

où il nous raconte l'évolution de la médecine

 

 

 

 

                                                                                                                          IMGP1045   On ne le présente plus: Eric-Emmanuel Schmitt 

 

 

 

 

Yasmina Khadra, rayonnant !

 

 

 

 

 

 

 

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 Plus difficile : David Nicholls, l'auteur de l'excellent Un jour en provenance directe de Londres.

Difficile, surtout au niveau de la communication, car mon anglais est quelque peu.... oublié.

En l'attendant j'ai pu faire connaissance avec une dame charmante des Editions Belfond.

 

 

 

 

 

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 Jean-Guy Soumy qui nous présente son dernier livre : un roman historique, les mariés du purgatoire qui se passe dans les Ardennes... du XV ème siècle.

  Je ne suis pas fan des romans historique, mais bon, je me faire un devoir de le lire... juste pour vérifier que le décor a changé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Catherine Bouvet, journaliste à France 3 Bordeaux, à laquelle j'ai acheté Manipulations olfactives, je lis rarement des essais, mais celui-là, je vais me pencher dessus. Déjà le thème est intéressant mais en plus l'auteur est des plus sympathiques. J'ai mis le livre en seconde position dans ma PAL. Donc à bientôt pour cet ouvrage!

 En attendant voici son blog pour faire connaissance!

 

 

 

 

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 Et voici ma plus belle rencontre : Andras Fenris dont j'ai déjà chroniqué Urban Massaï. Coup de coeur pour cet auteur vraiment très sympa que j'espère faire venir dans mes Ardennes non natales.

Merci d'avoir consacré un article à cette rencontre!

 

 

 

 

 

 

 

J'ai aussi rencontré deux auteurs dont le livre était paru la veille. Je ne manquerai pas de revenir dessus prochainement.

Une journée qui s'est encore passée trop vite.... pfffff

Vivement l'année prochaine!

 

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 19:39

drôle de mariage

 

 

 

« A dix-huit ans, lors d’un été à Oxford, Milly se lie d’amitié avec Rupert et Allan, un couple gay. Quand Allan, l’Américain, lui demande de contracter un mariage blanc afin de pouvoir rester en Angleterre,  elle n’hésite pas une seconde. Dix ans plus tard, Milly est sur le point d’épouser un des plus beaux partis de l’Angleterre. Tout à son amour pour son bien-aimé, elle a occulté son premier mariage. Or le photographe engagé pour l’occasion va prendre un malin plaisir à lui rappeler sa folle jeunesse… »

 

Voici, encore, un roman de fille par excellence. En même temps, il est signé Madeleine Wickham alias Sophie Kinsella, de ce coté là, je ne pouvais pas vraiment m’attendre à autre chose.

 

Le début est exactement comme je m’y attendais. Une jeune fille superficielle tombe amoureuse d’un héritier de bonne famille, oui, je sais, ça ressemble à un roman arlequin. Mais la comparaison s’arrête là, car le jeune homme n’est pas aussi lisse qu’il le devrait, fils d’une liaison malheureuse, il se sent perpétuellement méprisé par son père, en souffre et parfois cela guide ses réactions.

La mère de la mariée est une véritable caricature : dictatoriale, elle décide de tout concernant le « Grand Mariage » de sa fille cadette, y perd le sommeil, s’isolant du reste de sa famille en s’enferrant dans son obsession.

 

J’ai eu un peu de mal au début à entrer dans l’histoire. Pourtant vers la fin du premier tiers du livre, j’ai été accrochée. Finalement, je suis allée jusqu’au bout et sans regret.

La relation qu’Allan entretient avec son père et leurs différents points de vue sont particulièrement intéressante. Ici, les relations père-fils ne sont pas simples, comme je l’ai déjà signalé. Pour autant, on ne peut prendre le parti ni de l’un ni de l’autre, car comme dans la vie, il n’est pas facile de déterminer qui a tort, qui a raison. Tous leurs actes s

 

’expliquent. On est loin des clichés manichéens qui sont trop souvent présents dans ce genre de roman.  

 

La psychologie des personnages s’est révélée plus intéressante que je ne l’avais craint au début. Le personnage de Rupert, notamment.  

Le thème de l’homosexualité, rare dans ce type de livre, est ici abordé pudiquement dans la société puritaine anglaise. On y suit les affres de Rupert dans un univers auquel il essaye d’appartenir sans y trouver le bonheur.  

Une vraie histoire de fille qui finit, évidemment, bien…même si le dernier paragraphe laisse un petit goût amer.

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 19:51

vierge-froide

 

Cap sur le Groenland avec Jorn Riel, écrivain baroudeur et conteur malicieux. De son long séjour en Arctique, il a rapporté des anecdotes, des récits, des « racontars ». En un mot, des histoires d’hommes seuls sur une terre glacée où me soleil, l’hiver, se couche très longtemps. Ces rudes chasseurs ont d’étranges faiblesses, des tendresses insoupçonnées, des pudeurs de jeunes filles et des rêves d’enfants. Les solitaires s’emplissent de mots tus et, ivres de silence forcé, ils quittent parfois leur refuge pour aller « se vider » chez un ami. Ces nouvelles de l’Arctique ont la rudesse et la beauté du climat qui les suscite. Souvent râpeuses, toujours virils, parfois brutales, saupoudrées de magie et de mystère, elles nous racontent un monde où la littérature ne se lit pas mais se dit, où l’épopée se confond avec le quotidien, où la parole a encore le pouvoir d’abolir le présent et de faire naître des légendes. »

  

Comme je poursuis, l’air de rien, le challenge de l’année qui consiste, je le rappelle, à lire 26 livres entre juin 2010 et juin 2011 (un auteur par lettre). Or, je n’avais pas encore de R.  D’aucun me dirons, « mais voyons et Ruiz Zafon, alors ? », ben oui, mais déjà lu, l’année dernière.

Alors… je suis tombée par hasard sur ce petit recueil de nouvelles. Les pays nordiques étant à l’honneur au salon du livre de Paris, je me suis dis que c’était peut être une bonne occasion. En plus, j’avais bien aimé Icelander dont l’action se situe en partie en Islande.

Mais parlons plutôt de ce petit livre (158 pages) !

C’est donc un recueil de nouvelles dont le thème commun est l’hivernage des chasseurs au Groenland. Bon, évidemment, dit comme ça…

Chaque nouvelle est une tranche de vie de deux de ces valeureux chasseurs, venus du continent, il y a bien longtemps, et qui se sont habitués à la longue nuit polaire. Pour cela, ils se racontent des histoires, tellement belles, qu’elles en deviennent réelle (la vierge froide), ou alors se prennent d’amitié pour un animal, pour meubler la solitude (Alexandre) ou quelque fois délaissant leur compagnon habituel (le roi Oscar). Certains nouveaux venus apportent un peu de civilisation dans ce monde de brute au cœur tendre (une condition absolue – la plus drôle – le tatoueur)…

Le recueil est bien construit : la première nouvelle nous met dans l’ambiance, puis progressivement, on passe, d’hiver en hiver, vers des histoires de plus en plus rocambolesques, finissant en apothéose sur une situation tragicomique (bon, certes, il faut avoir l’esprit caustique pour y voir un dénouement heureux…).

Bref, j’ai passé un vrai bon moment au Groenland avec cette bande d’homme que je n’aimerais pourtant pas rencontrer au coin d’un bois !

Je sens que ce livre va faire une visite au salon du livre 2011, car j’ai vu que Jorn Riel y était invité ! Il ne me reste plus qu’à réviser mon danois : se dig snart !

 

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 20:28

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« Le domaine de la croix haute, au cœur des Ardennes, s’étend sur des hectares et des hectares de chênes et de pins sylvestres. Héritier d’une longue lignée de bûcherons et de chasseur, Clément Descharmes appartient depuis toujours à cette âpres et mystérieuse terre forestière. Mais cette forêt, qui semblait diriger sa vie, va aussi changer son destin. Quand il rencontre la sauvage et rebelle Eloïse, fille des bois élevée par un vieil anarchiste, il rompt ses fiançailles avec Julia, dont les parents possèdent une saboterie dans la région. Les amants se heurtent alors à de lourds secrets de famille qui les séparent malgré eux.

 

Monde fermé et solitaire, les Ardennes sont aussi le théâtre de tous les conflits de l’Europe. Les drames de la guerre de 1870 ont séparé Eloïse et Clément.

Les bouleversements de 14-18 peuvent les rapprocher de nouveau… »

 

Auteur : Françoise Bourdon

 

 

Ce livre m’avait été conseillé par un des membres du club de lecture.

L’auteur est ardennaise et elle aime sa région. Ça, c’est le premier bon point. Dans cette histoire, transpire l’âme de ce département méconnu (hélas).

L’histoire n’est pas inintéressante : on suit, comme l’indique bien la quatrième de couverture, les amours contrariées de Clément et Eloïse.

Mais il y a un relent de déjà vu, une recette un peu trop répandue (surtout chez Harlequin) :

Prenez la différence de classe sociale comme toile de fond, ajoutez y un secret de famille (qu’on devine très rapidement) saupoudrez de culture afin d’assaisonner le lecteur de mots anciens et professionnels. Attention, n’ayez pas la main trop lourde…. Oups trop tard, c’est devenu indigeste…

Parce que c’est bien là que cela m’a posé problème : les allusions aux vieux métiers, les énumérations d'outils, les juxtapositions de vocabulaires professionnels (termes de bûcheronnage ou de la saboterie).

Cela m'a rappelé la phrase "la culture c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale".

Ne vouant pas un culte aux métiers disparus (je sais, je vais en décevoir certains), j’avoue que je n’ai pas pu terminer ce roman.

J’ai pourtant tout tenté, jusqu’à la lecture en diagonale pour que cela passe plus vite. Je voulais, vraiment le finir, ne serais ce que par respect pour celui qui me l’avais recommandé. Je l’ai définitivement posé à la page 178 (sur 328 quand même) en ayant pris la précaution de survoler les dernières pages, juste au cas où…

Mais non, sans remord.

Je n’ai pas l’âge des regrets, sans doute…

Désolée Alain, je ferai mieux la prochaine fois…

 

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 17:26

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« Epique, douce-amère, poignante, superbement construite, une sublime histoire d’amour sur prés de vingt ans, un roman drôle et subtilement lucide sur l’amitié, le passage à l’âge adulte, les illusions perdues. Traduit dans plus de vingt-cinq langues, le livre qui a fait chavirer l’Europe tout entière.

1988. Après la fête de fin d’année, Emma et Dexter passent une nuit ensemble. Lui, issu d’un milieu aisé, séduisant, sûr de lui, insouciant, frivole, dilettante ; elle, d’origine modeste, charmante qui s’ignore, bourrée de complexes, de principes et de convictions politiques.

Commence alors une amitié improbable, une drôle d’histoire d’amour : Dexter voyage et collectionne les aventures ; Emma travaille dans un mauvais tex-mex ; il devient animateur télé et se perd dans les soirées branchées ; elle renonce à ses ambitions artistiques et enseigne l’anglais et le théâtre dans un collège difficile ; il se marie avec Sylvie, beauté froide et ambitieuse, et lui fait un enfant ; elle finit par vivre avec Ian, aspirant humoriste qui ne fait rire personne…

Dexter et Emma mènent des vies séparée alors que tout les ramène l’un à l’autre.

A moins que le destin, encore une fois, ne se  joue d’eux… »

 

Voilà tout est dit… Pour une fois la quatrième de couverture reflète exactement l’histoire racontée dans le livre. C’est suffisamment rare pour être signalé.

J’avais lu ce résumé sur B-o-B qui proposait un partenariat avec les Editions Belfond. J’avais été immédiatement séduite. Cette histoire de deux personnages aux vies si différentes qui se déroule sur prés d’une vingtaine d’année, m’intéressait.

Et bien, je dois dire que je n’ai pas été déçue !

L’histoire est une suite d’instantanés pris tous les 15 juillet, date anniversaire de leur rencontre. On déroule ainsi leur vie depuis 1988 jusque 2007, les voyant évoluer dans leur relation mais aussi dans leur vie professionnelle et affective.

Les personnages sont extrêmement attachants, même Dexter le « dépravé parvenu » dont on suit avec inquiétude les pérégrinations nocturnes. Il n’y a pas d’explication sur leur choix, pas de flash back poussiéreux sur leur enfance qui aurait pu éclairer leur trajectoire. Non, juste un état des lieux, si je puis dire, tous les 15 juillet.

L’écriture est fluide, et pour un format d’épreuve non corrigée, j’ai été très agréablement surprise, très peu de fautes alors que je m’attendais à être gênée par ça (souvenez-vous d’Harold).

Cela faisait longtemps que je ne m’étais autant attachée à un livre. Je l’ai refermé sur la dernière page, tout à l’heure, avec le regret de savoir que je passerai ma soirée sans eux…

J’ai vu que David Nicholls serait présent sur le salon du livre de Paris justement le jour où j’y vais, pas de doute que cette année je ferai un arrêt chez Belfond !

Ce qu’en pensent les autres blogueurs : patacaisse

 

Je remercie

logobob01  et  logo belfond.

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 19:18

lydia millet

« Trois semaines avant Hiroshima. Les Etats-Unis testent à Los Alamos, Nouveau-Mexique, la tristement célèbre bombe atomique. Lors de la déflagration, Oppenheimer, Szilard et Fermi trois des pères fondateurs du projet, sont mystérieusement « télé-transporté » en 2006, à Santa Fe. Recueillis pas Ann, une bibliothécaire, ils y découvrent l’horreur de leur création et, pris d’un éclair de conscience, entament une croisade pacifiste entre l’Amérique et le Japon. Le but final : désarmer l’ensemble du globe. Sophistiqué et réjouissant, un savant mélange de faits historiques, d’évocations scientifiques et de vertiges existentiels, portés par une plume aussi alerte que DeLillo ou Twain. »

 

 

 

 

 

Entre la couverture, particulièrement réussie, et le résumé de la quatrième ô combien alléchante, j’ai été tentée par ce partenariat BoB. Eh bien, j’aurai dû m’abstenir. Voilà ce que c’est de se laisser prendre par les mirages de l’image. J’aurai dû me douter : ces champignons multicolores, si appétissants, furent décevant : fades tout au plus légèrement hallucinogènes… et encore !

Ne voulant pas réitérer l’échec de « il est parmi nous », je me suis forcée à lire les 150 premières pages (pas de chance, le pavé en avait 600). L’histoire a un peu de mal à démarrer (c’est le moins qu’on puisse dire). Dés le début, pourtant, des indices auraient dû me mettre en éveil : les courts paragraphes pseudo philosophiques où le personnage (Ann ou son mari, ou un des savants, en fait peu importe) se fait des apartés existentiels. J’avoue avoir zappé des phrases entières, du type : en parlant de l’agencement d’un jardin « des champs clos juxtaposés, des formes qui s’imbriquaient, ces choses alliaient la finitude déchirante et l’infinitude triomphante. »… ça me laisse sans voix.

Bref, passé la première partie qui pourrait s’apparenter à la mise en place, les personnages s’étant rencontrés, on a droit à une seconde partie où, là, par contre, on se retrouve accroché par on ne sait quel miracle, à l’histoire.

Un frémissement dans l’intrigue, on change de lieu, partant en voyage sur les traces de la « bombe ». Direction le désert du Nouveau-Mexique puis le Japon. Cela devient intéressant. Une intrigue se noue : ils se sentent suivi, épié…

Et puis… et puis…. Ben, pas grand-chose.

Bien sûr il y a de l’action : une croisade à travers les Etats-Unis pour la paix, la récupération par les religieux, l’opposition de l’administration Bush (ça se passe en 2004) devenue le grand méchant de l’histoire (qui l’eût crû ?)…

Je suis allée jusqu’au bout. Sans trop de mal finalement. Mais je me demande encore où voulait en venir l’auteur. Si son but était de nous persuader que l’administration américaine avait développé d’une manière irresponsable son arsenal nucléaire et qu’il était grand temps de désarmer tout ça, pas la peine de nous pondre 600 pages là-dessus, cela fait un sacré bout de temps que nous en sommes convaincus.

Bref, un roman qui se voudrait dénonciateur du complexe militaro industriel américain (glissant quelques chiffres sur l’arsenal nucléaire américain et sa progression sur les 50 dernières années) mais qui ne fait que reprendre des données connues de tous (enfin ceux qui s’y intéresse du moins). Et je ne vous parle même pas de la fin qui n’a strictement aucun intérêt, même pas symbolique malgré l’intention évidente de l’auteur.

En résumé, pas grand-chose à se mettre sous la dent et une déception de plus pour moi. A oublier très vite.

 

Je remercie néanmoins BoB et les éditions 10/18.

Sans rancune, j’espère…

 

Mais pour avoir un autre avis visitez donc Sylvain qui a su percevoir la symbolique de ce roman (moi toujours pas)

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 19:07

 

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Il est arrivé, et en version papier cette fois.

 

N’hésitez pas à me contacter surtout si vous voulez une dédicace ou directement l’éditeur  Ex-Aequo et si cela vous plaît n’hésitez pas à en parlez autour de vous !

 

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Published by vhs
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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 17:06

 

l'olympe des infortunes« C’est une bande de terre délaissée, un terrain vague. Entre le chaos de la ville et le silence de la mer. C’est un havre et une remise – le royaume des laissés-pour-compte.

Là règnent les oubliés volontaires, ceux dont on ne veut plus, ceux qui fuient et chantent le bonheur d’être hors du monde : ivrognes, sans grades, clochards célestes… Ach le Borgne est leur Poète, leur philosophe, leur musicien. Ses histoires ravissent les oreilles du petit peuple venu l’écouter. Il s’est créé ici une communauté de fortune, une famille. Ni anges, ni démons, ces réprouvés ont eu leur part de mensonges et de vices, leur de crime Et les tentations, trop humaines, sont partout Ici comme ailleurs, la vie suit son cours, chaotiques, drôle et surprenant… »

Voilà la quatrième de couverture qui m’a tentée lors d’un des partenariats de janvier avec B-o-B. En plus, je n’avais encore jamais abordé l’île Khadra qui me faisait de l’œil depuis un bon moment déjà. Mais vous savez ce que c’est : on repousse sans cesse les voyages vers ses terres lointaines de la littérature, pensant y trouver des rives escarpées par une langue trop ardue, ou peuplées d’indigènes aux psychologies trop complexes.

Et, nous avons bien tort.

Mon séjour dans l’Olympe des infortunes fut des plus doux. Bien que trop bref (188 pages en édition Pocket), cette histoire me donne des envies d’aller plus loin avec ce curieux guide qui prit comme nom de plume celui d’une femme (Yasmina) alors qu’il fut gradé dans l’armé Algérienne.

Effectivement, le décor n’est pas celui de palaces méditerranéens, nous sommes dans un terrain vague, à la limite d’une décharge, et d’une mer inconnue. Au loin, la ville et ses secrets, la ville et ses maléfices. Les habitants de ce périmètre de désolation sont de pauvres bougres apparemment. Mais des bougres qui ont la fierté de leur état, des Horrs : des clodos qui se respectent et marchent la tête haute, clodos par choix uniquement… dixit Ach. Par choix… cela laisse perplexe sur le coup, mais après tout pourquoi pas ? On fait connaissance de Junior, le protégé d’Ach.

Alors que le thème de l’homosexualité est abordé dans un autre groupe vivant sur la plage, aucune allusion à cela entre Ach et Junior. D’ailleurs au fil du récit, c’est bien un rapport filial qui est de plus en plus présent. Ach se veut paternel, protecteur avec Junior, trop… comme souvent, il en devient étouffant.

C’est aussi un récit initiatique. Le chemin difficile de la liberté arpenté par l’un comme par l’autre, est aussi bien souvent celui de la solitude.

Une magnifique histoire au pays des marginaux qui malgré leur carapace ont le cœur aussi tendre que n’importe quel homme.

 

Et pour ceux qui voudraient aller plus loin avec Yasmina Khadra, n’hésitez pas à visiter son site.

 

Merci BoB et les éditions Pocket pour ce beau voyage.

 

Lu dans le cadre du partenariat   logobob01

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 14:21

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La collection Grands Détectives, chez 10/18, est spécialisée dans les histoires policières historiques. Mystère rue des Saints-Pères dont l’action se situe au moment de l’exposition universelle de Paris de 1889, met en scène pour la première fois le libraire-enquêteur Victor Legris.

J’avoue ne pas adorer les romans historiques, mais là, je dois lire pour le challenge 2010-2011 l’œuvre d’un auteur dont le nom commence par un « I ». Claude Izner fait mon affaire.

D’autant que la quatrième de couverture n’est pas pour me déplaire :

 

« Comme nombre de visiteurs du monde entier, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, se rend à l’exposition universelle où la tour Eiffel, qui vient d’être achevée, trône en véritable vedette. En ce début d’été 1889, les chemins dans la foule qui se presse entre les kiosques multicolores, dans les allées envahies de pousse-pousse et d’âniers égyptiens… Au premier étage de la tour, Victor doit retrouver Kenji Mori, son associé, et son ami Marius Bonnet, qui vient de lancer in nouveau journal, Le Passe-partout. Mais leur rendez-vous est vite interrompu : une femme vient de s’écrouler sous le coup d’une étrange piqûre. S’ensuit une série de morts inexpliquées qui vont marquer les débuts d’enquêteur de Victor Legris… Ces nouveaux mystères de Paris nous plongent dans la capitale des impressionnistes, ses « villages » et ses quartiers populaires. »

 

J’ai donc commencé la lecture de ce roman avec un œil plutôt bienveillant.

Alors, comment dire… il serait exagéré de dire que cela m’a déplut. Non. Mais en même temps, je n’avais pas cette impatience quand vient le soir, d’aller me coucher pour me retrouver entre les pages avec mes héros de papiers. J’avoue même avoir consacré une soirée entière au Dr House (saison 4)… Donc ce n’est pas avec tristesse que j’ai tourné hier la dernière page de cette histoire.

Pourtant, objectivement, je n’ai rien à lui reprocher : écriture fluide, histoire qui tient debout, péripéties nombreuses, fausses pistes à répétition, décors de rêve (pensez une exposition universelle avec moult pays représentés, autant d’atmosphères différentes…)

Mais je ne suis un peu perdue entre les différents personnages (il y en a un certain nombre et dont les noms à consonances exotiques ont eu un peu de mal à se faufiler jusqu’à mon disque dur cervical).

Bref, je suis passée à coté. C’est certainement dommage, mais cela ne doit pas vous décourager si le roman historique ne vous fait pas peur.

 

Pour info, la suite des aventures de Victor Legris est disponible  chez 10/18

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:00

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Voici un livre d’Exbrayat que je n’avais pas encore lu. Et pourtant j’en ai lu beaucoup. Maintenant un peu oublié, plusieurs de ses livres ne se trouvent plus que d’occasion, Exbrayat a enchanté ma jeune vie d’adulte.

Sans conteste, sa vision de la Grande Guerre à travers Jules Matra m’a laissé une marque indélébile. Mais là n’est pas mon propos du jour.

Sur ce livre, éditions Rombaldi (c’était une prime La redoute  de 1968, déjà), point de quatrième de couverture. Vous vous contenterez du premier paragraphe :

 

« Au début, ils n’y prêtèrent pas particulièrement attention. Il ressemblait à tous ces  vagabonds riches de leur cheval et de leurs seules armes que l’on voyait parfois et que le shérif Ed Olinda se hâtait de faire déguerpir. On n’aimait guère les étrangers à Beechupland et le shérif n’entendait pas que qui que ce fût se permît de troubler la quiétude de ce village l’ayant choisi pour chef. »

 

Le décor est planté : nous sommes 1859, au Kansas. Beechupland est une ville nouvelle, dont le fondateur n’est d’autre que le shérif Ed Olinda. Homme à poigne dont la survit de sa ville est la chose la plus importante à ses yeux, plus importante que son propre fils, le voyou Ed.

Il faut prés de la moitié du livre pour installer l’intrigue. Le meurtre n’ayant lieu qu’à la page 112 (sur les 236 que comptent le livre).

Lentement, l’angoisse est distillée. Dés le départ on sait qu’il y aura un meurtre (forcément, c’est un policier, quand même), page à page, on voit le danger se dessiner, les assassins s’approcher de leur victime, les témoins se mettre en place.

Puis, après le forfait accompli, comment s’installe encore le doute sur l’identité véritable du meurtrier. Comme je lis les dernières pages des romans (oui, je sais ce n’est pas bien, mais chacun ses manies), je n’ignorais pas les noms de ceux qui disparaissent au cours du récit, mais encore fallait-il deviner comment et par qui ils seraient tués. Et là, j’avoue, la plupart de mes hypothèses se sont avérées fausses… pour mon plus grand plaisir.

Mais loin d’être anxiogènes, les romans d’Exbrayat sont de véritables récréations. Son thème favori, l’amour, est encore ici bien présent. Les sentiments humains sont décrits avec justesse, même si parfois, ils me semblent un peu étonnants.

Bref, je ne vous étonnerai pas en disant que j’ai dévoré cette histoire, bien ficelée avec des personnages aux caractères fouillés, ambiguës parfois, mais toujours attachant.

 

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A découvrir !

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hantise

  lemouroir[1]

Edité chez Ex-Aequo , en format numérique aussi !


1ere-couverture-Nannig-copie-1.jpg

Réédité chez Chloé des Lys

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