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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 22:15

pas de 2 avec la mortPas de deux avec la mort, Alain Germain, Ed du masque, 318 pages, 16.50€

 

Quatrième de couverture

 

Paris, 1969. Le rideau s’ouvre sur les Ballets de la Tour Eiffel qui triomphent au Théâtre des Champs Elysées dans une nouvelle production du Lac des cygnes. Sur le plateau règnent jalousie et envie, des sentiments que Madame Olga, ancienne élève du Bolchoï et professeur émérite, exacerbe chaque matin lors de son célèbre cours de danse classique.

La haine gagne du terrain à chaque représentation. Aux mutilations annoncées par d’étranges lettres anonymes succèdent agressions et disparitions. Menacées, les étoiles Tatiana et Boris sont les premières victimes d’une monstrueuse machination que le jeune docteur Douala et l’inspecteur Legrand vont tenter de déjouer.

Le lecteur devient alors spectateur d’une chorégraphie meurtrière où les interprètes, prisonniers de leur rôle, se perdent dans le destin tragique des personnages qu’ils incarnent.

 

 

Je ne connais pas le monde de la danse classique, n’en n’ayant jamais fait (qui a dit « ça se voit ? »).Je dois dire que c’est un milieu que ne m’a jamais attiré, mais quand il sert de décor à un polar, pourquoi pas ?

Mais après cette immersion de plus de 300 pages je ne pense pas que je côtoierai les danseurs des Ballets de la Tour Eiffel. Le monde que nous décrit Alain Germain est terrifiant : des individus égocentriques bouffé d’orgueil et prêt à tout pour réussir et qui en cas d’échec deviennent des monstres de méchanceté…

Je suis d’accord, ils ne sont pas tous comme ça. Merci à l’auteur d’avoir permis à Dimitri et Astrid d’éclairer de leur amour cette scène sinistre. Pour trouver les autres personnages positifs, il faut quitter les justaucorps et les tutus pour enfiler la blouse de médecin et d’infirmière : le docteur Douala et sa fidèle Mathilde.

Vous l’avez compris, ce roman est surtout un thriller psychologique. Les personnages s’entredéchirent entre haine et amour passionné ou intéressé. Des lettres anonymes terrorisent, des scalpels inconnus mutilent, sans qu’il y ait d’assassinat (ou presque) ni finalement de justice…

C’est un roman passionnant qui fait découvrir une facette moins glamour et paillette de ce monde tyrannique. Il faut dire que l’auteur s’y connait. Si vous voulez le connaitre un peu mieux je vous conseille de découvrir sa compagnie de ballet théâtre musical de France sur son site www.alaingermain.com.

Merci à Thierry pour son judicieux (comme toujours) conseil de lecture.

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:06

JoylandJoyland, Stephen King, Albin Michel, 324 pages

 

 


Quatrième de couverture :

 

Les clowns vous ont toujours fait un peu peur?

L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?

Alors, un petit conseil ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’avais abandonné Stephen King et mon adolescence dans les années quatre-vingt-dix. Le battage médiatique autour de Dôme, m’avais donné envie de le relire sans que pour autant je concrétise cette impulsion. J’ai dans ma PAL (ma pile à lire si vous préférez) son roman 22/11/63, mais je ne l’ai pas encore ouvert… Aussi quand ma fille aînée et aimée m’offrit Joyland, je n’étais pas forcément avide de passer mes nuits en compagnie du maître de l’épouvante, mais comme je suis une mère formidable… ok, je retire formidable… bref, me voilà avec Joyland entre les mains, un soir de pleine Lune, ou presque…

Je m’attendais donc à trembler de terreur sous mes couvertures (c’était l’état dans lequel je me trouvais quand je lisais Simetierre, il est vrai que je n’avais alors que 16 ou 17 ans). J’ai commencé à lire, 10, 20 trente pages… arrivée à la centième j’ai eu comme un doute, à la 300ème c’était une certitude : j’étais devant un polar. Certes avec une petite dose de surnaturel, juste ce qu’il faut, un soupçon de spectre, histoire de… mais un polar, en bonne et due forme, avec son assassinat, son meurtrier, son enquête et évidemment son dénouement. Rien de très horrible en somme (enfin sauf pour cette pauvre fille égorgée dans le train fantôme).

Déçue ? Certainement pas ! J’ai passée l’âge de me faire peur sous les couvertures ! Par contre je n’ai rien contre une bonne histoire qui me plonge dans un milieu que je ne connais pas (là en l’occurrence celui des forains), qui me garde en haleine tout du long (franchement l’identité du meurtrier je ne l’ai pas vu arriver), avec une petite dose d’émotion (oui, j’avoue, j’ai versé ma petite larme) tout ça écrit d’une façon magistrale (à la King : efficace, limpide).

Je remercie donc chaleureusement ma chère fille pour ce cadeau de fête des mères. Vivement l’année prochaine !

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 21:50

même pas morteMême pas morte !, Anouk Langaney, Albiana, 135pages, 15 euros.

 

Quatrième de couverture :

« Ils ne m’auront pas ! Ni moi, ni mon pognon. Qu’est-ce qu’ils croient ? Je ne suis pas encore morte ! Ce fric, c’est tout ce qui me reste de la grande époque. Et de mon homme. Alors j’ai beau commencer à sucrer les fraises, ce ne sont pas des morveux de cette espèce, sournois et lâches, qui vont plumer Minette Galandeau, même pas en rêve ! D’accord, je bats la campagne, parfois. Ça fait un bail que je m’en rends compte. Mais même diminuée, j’en vaux dix comme eux !

Ils me croient déjà liquide, comme ce crétin de docteur ? Qu’ils viennent. Je les attends. Le premier qui fait un pas de travers, je le bute. »

 

 

 

C’est un petit roman que j’ai découvert grâce à Facebook. Un de mes « amis » me l’avait conseillé vivement et les critiques que j’ai pu lire çà et là sur différents blogs ont fini de me convaincre.

L’histoire commence avec la sortie de l’hôpital de Minette Galandeau à qui on a découvert un début de maladie d’Alzheimer. Le médecin lui a conseillé d’écrire au jour le jour ses activités. Cela donne au récit un format de journal presqu’intime. Minette y relate ses faits et gestes mais surtout se souvient de sa vie tumultueuse, elle, l’ancienne femme de truand. Elle se rappelle aussi son enfance, sa famille, sa bande… Et puis, elle y consigne aussi ses réflexions sur ses voisins, son infirmière et son neveu tout frais débarqué d’outre-Atlantique et trop gentil pour être totalement honnête…

Parce que si Minette a Alzheimer, elle est loin d’être une imbécile, et pas question qu’un godelureau pas encore sec derrière les oreilles lui mette à l’envers…

 

Mais voilà que je m’emporte… comme ce roman à l’écriture directe proche de l’oralité m’a emporté en troussant un portait de vieille dame assez peu respectable mais tellement attachante sous sa couverture de mamie gâteau (sans doute empoisonné !). 

Bref une petite pépite qu’il serait dommage de laisser croupir au fond d’une bibliothéque…

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 22:20

le jour avant le lendemainLe jour du lendemain, Jorn Riel, 10/18, 142 pages

 

Quatrième de couv’ :

« Dans le nord-est du Groenland, la tribu de Katingak est sur le point de rejoindre le camp d’été. Pour Ninioq, le temps sera venu de faire ses adieux au monde des vivants. Mais Tornarssuk, le maître de tout en a décidé autrement. Comme après chaque saison de chasse, il faut aller faire sécher le poisson et la viande sur la petite île de Neqe. Et c’est à elle, la doyenne de la tribu, et à son petit-fils Manik qu’échoit cette mission. Sur cette terre hostile et malgré son grand âge, Ninioq doit prendre soin de l’enfant. Jour après jour, elle apprend au fils de son fils les gestes de la vie et lui transmet les traditions et les légendes de la tribu. Mais quelque chose s’est passé Ninioq le sent. Depuis quelques semaines déjà, ils auraient dû revenir les chercher. Un malheur est-il arrivé, Il faut qu’elle sache, qu’elle aille à leur rencontre, qu’elle retrouve les siens… »

 

Quelle claque ! Ce petit roman est bouleversant. Cela faisait longtemps que je n’avais été autant secouée par une lecture.

Ninioq, matriarche du clan, a de sombres pensées. Les choses changent autour d’elle. Les clans disparaissent. Lentement, son peuple s’éteint. Elle passe en revue son passé à travers ce dernier été. Les coutumes ancestrales, les lieux de villégiatures, les êtres chers disparus… et la permanence des paysages.

C’est un peuple qu’on découvre au fil des pages, auquel on s’attache malgré les différences dont certaines peuvent heurter nos sensibilités européennes de notre siècle (il faut avouer qu’en matière de séduction je préfère encore l’approche lourdingue de certains mâles en pleine poussée hormonale).

C’est la description, sans pathos, de la disparition inexorable d’un peuple. La famille de Ninioq acquiert ici une dimension universelle. Son extinction a valeur de modèle pour toutes les autres ethnies minoritaires. Mais la civilisation occidentale n’est pas la seule responsable. Les temps ont changés. L’arrivée des hommes sur leurs navires n’est qu’un accélérateur. L’histoire Ninioq a un côté inexorable, tragique.

Un magnifique hommage rendu ici par Jorn Riel, que je connaissais pour ses « racontars » si comiques. Mais de la comédie, surtout humaine, à la tragédie, il n’y a qu’un pas.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 12:06

nuit de noce a ikonosNuit de noces à Ikonos, Sophie Kinsella, Belfond, 489 pages

 

Extrait de la quatrième de couv’ :

« En apprenant l’énième rupture amoureuse de sa petite sœur Lottie, Fliss se met en mode action.

Etape 1 : mettre à l’abri les vases en cristal le temps que Lottie donne libre court à sa colère

Etape 2 : la freiner dans ses envies de tout envoyer valser/s’exiler sur une île déserte/entrer dans une secte

Etape 3 : prévoir quelques soirées pyjama en attendant qu’elle trouve un nouveau fiancé.

Un plan bien rodé qui a fait ses preuves. Sauf cette fois…

Coup de fil de Lottie : surprise, elle vient de trouver un mari ! Un vague flirt d’autrefois ! Et tous deux sont en route pour une lune de miel dans un sublime hôtel en Grèce !

Catastrophe, Fliss en est sûre, Lottie a fait le pire des choix. Une seule solution : empêcher à tout prix que les deux tourtereaux consomment leur union express et faire annuler le mariage. Et pour saboter la nuit de noce, Fliss a plus d’un stratagème en réserve… »

 


Après des lectures estivales sérieuses, j’ai décidé de me plonger dans une des valeurs sûres de la comédie : un Sophie Kinsella, rien que ça. Je ne risquais guère de mauvaise surprise et avec la rentrée, j‘avais bien besoin de quelque chose qui me garde encore un peu l’esprit en vacances. Bingo !

Tous les ingrédients sont là : une histoire d’amour, un décor de rêve (hôtel grand luxe à Ikonos), des péripéties en tous genres… Restait à savoir si la mayonnaise allait prendre…

Je ne pense pas qu’on soit là devant le meilleur de Kinsella mais ça se lit volontiers.

 

Le récit est à deux voix : Lottie et sa sœur Fliss. Les personnages passent leur temps à se mettre dans des situations particulièrement cocasses pour le plus grand plaisir du lecteur. Evidemment, on les voit arriver de loin, et on ne s’écarte pas des schémas traditionnels de la comédie romantique (un homme une femme, ils se quittent, bla bla bla, ils se retrouvent, tout finit bien). Qu’importe, après tout c’est bien pour cela que je l’ai lu, non ? 

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 19:53

et qui va promener le chienEt qui va promener le chien ? Stephen Mc Cauley, 10/18, 399 pages

 

Quatrième de couv’ :

« A trente-cinq ans, incapable de se remettre du départ de son ex-petite ami, Clyde a l’impression d’être au point mort. Et ce n’est ni son colocataire immature ni Otis un pauvre chien déboussolé, qui le convaincront du contraire. Au prix de folles tribulations, ils tentent vaille que vaille de s’adapter à un monde hostile, absurde et prodigieusement familier. »

 

Le roman débute avec l’arrivée d’une lettre. Celle de Louise Morris, écrivain de son état et ex-petite amie du colocataire de Clyde. Elle annonce son arrivée prochaine en ville. Elle ne sera pas seule, son fils l’accompagne et avec lui un chien récemment trouvé sur le bord de la route qui ne les quitte plus. Louise est aussi en colocation mais les chiens y sont interdits. Ce sera donc Clyde, vieil ami fidèle qui hébergera le chien Otis et recevra la visite quotidienne du fiston. Voilà pour le cadre.

Au fil des pages, on en apprend plus sur la vie de Clyde (c’est lui le narrateur) mais aussi de sa famille  et ses amis : sa sœur prisonnière consentante des caprices de leur père, sa nièce rebelle, son voisin bizarre et son colocataire éternel étudiant immature, sans compter son ami amoureux désespéré et ses élèves complètement déjantés. Malgré cette galerie de portrait assez atypique, ce roman n’est pas drôle. Il porte un regard désabusé sur une vie monotone, et finalement presque ratée. Ici, il n’y a que des échecs : un prof qui n’a pas les étudiants prestigieux qu’il aurait pu avoir, deux fils à la recherche de l’amour de pères égoïstes, des amours mortes sur lesquelles il est impossible de refermer le cercueil de l’oubli…

Le retour de Louise est un tournant dans la vie de Clyde. Pendant son séjour de quelques mois, il prend conscience de ses erreurs et prend, enfin des décisions d’homme adulte. Le roman se referme sur une lettre de Louise qui explique les raisons de son départ. La boucle est bouclée…

 

Et le chien me direz-vous ? Son rôle est primordial mais ne vous attachez pas trop à lui… Ce n’est un chien errant, finalement.

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 18:22

aristote mon pereAristote mon Père, Annabel Lyon, éditions la table ronde, paru le 28/08/2014

 

Quatrième de couverture :

 

Pythias, la fille d’Aristote, a été élevée à l’égale des hommes. Elle fait figure d’exception à Athènes, puis en Macédoine où elle est contrainte de s’exiler : c’est elle et non son frère cadet, qui assiste Aristote sans ses travaux, provoque les collègues de son père par ses remarques pointues, et se rêve en philosophe, scientifique ou sage-femme. La mort d’Aristote disperse ses biens et sa famille à travers la Macédoine, laissant Pythias seule, en décalage avec cette société qui nie l’existence d’une conscience féminine, et l’oblige ) se confronter à la réalité d’un monde dont elle s’était toujours tenu écartée.

 

Avis de la page 100 :

 

Pythias fille d'Aristote raconte la vie qu'elle mène dans cette Athènes conquise par les Macédoniens d'Alexandre le Grand. Les personnages sont attachants et on vit au rythme de la maisonnée, partageant rites et mœurs antiques. La page 100 semble marquer un tournant dans le récit :Aristote annonce à sa fille qu'elle va épouser Nicanor de 20 ans son aîné. Comment va réagir cette jeune fille élevée librement mais dont le monde s'écroule brusquement à la mort du roi Alexandre? J'ai hâte de voir sa décision et la réaction de son philosophe de père !

 

Chronique :

Ne cherchez pas la biographie d’Aristote dans ce roman, il n’en n’est pas l’objet. Pythias, fille d’Aristote, a été élevée à l’égal des hommes, ou presque. Elle jouit d’une grande liberté, nage, lit, se livre à la dissection animale et collectionne les squelettes. Elle grandit sans réussir à étancher sa soif d’apprendre et quand sa famille doit fuir Athènes à la mort du roi Alexandre, elle s’adapte à sa nouvelle vie et découvre d’autres facettes de ce monde où les femmes ne jouent qu’un rôle subalterne. A la mort de son père, elle doit faire face à la cruauté de ses contemporains mais aussi se résigner aux dernières volontés de ce père tant aimé.

Roman initiatique dans un monde antique où la mythologie fait partie de la vie courante, le lecteur découvre la vie quotidienne des femmes au côté de Pythias. Utilisant un vocabulaire simple mais efficace, l’auteur sait recréer une atmosphère authentique. Comme sur une scène de théâtre, les décors apparaissent et disparaissent laissant derrière eux une impression onirique : l’apparition de la maison de Chalcis en est un exemple frappant.

La Grèce antique est restituée de manière réaliste. Et on peut y entrevoir des mœurs qui aujourd’hui même sont encore, hélas, en vigueur dans quelques endroits.

Voilà un beau roman, un coup de cœur de cette rentrée littéraire.

Aristote mon père: 19/20

 

 

Pour aller plus loin…

 

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 18:04

la vie révée de rachel waringLa vie rêvée de Rachel Waring, Stephen Benatar, Le Tripode, paru le 28/08/2014

 

Quatrième de couverture :

Rachel Waring est folle de joie. De manière inattendue, une grand-tante lui a légué un petit hôtel particulier à Bristol. Sans plus réfléchir, elle décide de laisser derrière elle son ancienne vie. C’en est fini du travail d’employée de bureau, de sa pauvre garde-robe de sa colocataire qui fume comme un pompier et jure comme un charretier. Elle ca mener une vie entièrement consacrée aux plaisirs, à la beauté, l’art et l’amour. Une fois installée dans ses nouveaux quartiers, Rachel se paie les services d’un jardinier, se met à l’écriture, et impressionne ou déconcerte tout le monde par son optimisme. Mais alors que le temps s’écoule au rythme de vieilles chansons qu’elle fredonne à longueur de journée et des amours qu’elle s’invente, son entourage commence à s’interroger sur sa santé mentale.

 

Avis de la page 100 :

 

Une longue introduction nous décortique la folie de Rachel Waring, ce qui est un peu dommage. Rachel est certes fantasque, originale, naïve aussi surement (du moins le regard qu'elle pose sur le monde) malgré ses 50 ans passés, mais pour le moment elle ne m'a pas paru si folle que ça (enfin à la page 99, on sent qu'il y a comme un problème quand même). Ecrit à la première personne, l'identification avec Rachel est rapide (c'est peut-être la raison pour laquelle je ne la trouve pas folle...) et le personnage est vraiment sympathique, voir attendrissant.

Juste un bémol pour moi : les notes bas-de-page que je n'apprécie pas car elles coupent la lecture pour finalement ne pas apporter de grande explication supplémentaire... En tout cas je suis impatiente de suivre les aventures de Rachel !

 

Chronique :

Après une longue introduction de John Carey qui explique en détail le roman (ce qui est à mon sens superflu), l’histoire débute avec la mort de la tante de Rachel Waring. Cette disparition va permettre à Rachel de prendre un nouveau départ. Elle plaque tout et s’installe dans la maison de sa tante. Mais progressivement, la raison de Rachel semble vaciller, comme celle de sa tante des années auparavant. Est-ce que Rachel devient folle, ou est-elle possédée par cette maison et son défunt habitant ?

Le roman écrit à la première personne du singulier oblige le lecteur à s’identifier à Rachel. Avec elle, on bascule doucement dans un monde équivoque. Rachel vit-elle vraiment ces situations ou hallucine-t-elle ? Qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui est fantasmé ? Le lecteur finit lui-même par s’y perdre, pour son plus grand plaisir.

Si on essaye de prendre du recul et d’analyser la situation de Rachel Waring, il faut se rendre à l’évidence : la carence affective dont elle souffre, l’indigence de ses relations sociales quand elle est à Londres (pas d’ami, seulement une colocataire) sont propices au développement de névroses. Cette absence d’amour s’accentue au fur et à mesure du récit jusqu’à devenir une telle souffrance que Rachel n’a d’autre choix que de la nier. Elle devient alors un objet d’amour, un être focalisant toutes les attentions et l’admiration. Est-ce folie ? Ou une forme de désespoir ? En tout cas, Rachel parvient à son but : le lecteur ne peut qu’aimer un tel personnage si profondément humain.

Petite critique, la seule, il faut bien avouer, et qui, en plus, ne fait pas totalement partie du roman : j’ai été gênée, surtout au début, par les notes bas-de-pages qui n’apportent rien de réellement intéressant au récit. Trop ou pas assez détaillées, elles ne font que ralentir la lecture. Heureusement rien n’oblige à les lire et on s’en passe très bien.

Note : 17/20

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 00:26

l histoire d'un amourL’histoire d’un amour, Catherine Locandro, EHO, parution le 21/08/2014

Quatrième de couverture :

Luca marcha jusqu’à la rambarde et tourna le dos à la Chanteuse. Il contempla un long moment la Piazza des Popolo, étrangement silencieuse, qui s’éveillait à peine. Il était mal à l’aise, honteux du désir qu’il éprouvait. Il n’avait jamais rencontré de femme comme elle, et il en avait encore moins fréquenté. Que voulait-elle de lui ? Il n’était qu’un gamin mal dégrossi du Trastevere, qui rêvait en lisant les grands auteurs mais gagnait à peine de quoi aider sa famille en livrant de la tripaille puante.

 

Avis de la page 50 :

Après plusieurs années, alors que Lucas est installé dans une vie routinière, son passé resurgit entre les pages du journal le frappant de plein fouet. un début prometteur. Et même si dès le début on connait la fin de l'histoire entre Lucas et sa Chanteuse, j'ai hâte de savoir quel bouleversement cet article va engendrer dans sa vie d'aujourd'hui. Quel chemin va-t-il prendre?

Chronique :

Court roman, à peine 125 pages, où on découvre une histoire d’amour intense, aussi brève que son récit.

Luca, enseignant en philosophie, marié et père d’une jeune fille, se retrouve plongé dans son passé secret à l’occasion d’un article de journal, lu au petit matin. Sa liaison avec une célèbre Chanteuse lui saute à la mémoire. Luca erre alors dans ses souvenirs, sa ville et sa vie d’aujourd’hui. Pas vraiment de regret, mais des questions qui restent en suspens et qui le hantent depuis leur rupture en 1968. A-t-il compté pour elle autant qu’elle a compté pour lui ? Quelles conséquences va avoir cette révélation tardive pour sa famille qui ignore tout ?

Sous forme de flash-back, l’histoire d’amour entre Luca et la Chanteuse s’épanouit comme une fleur vénéneuse. Chanteuse qui n’est jamais nommée mais dont on devine l’identité et en cas de doute, il n’y a qu’à lire la bibliographie à la fin du roman.

C’est l’histoire d’un amour fécond et obscur qui ne peut survivre dans le monde de lumière du vedettariat des années soixante. C’est l’histoire d’une délivrance après des années de souffrances muettes. L’histoire d’un homme et d’une femme que tout sépare mais dont l’amour a su rester intact au-delà du temps et de la mort.

C’est une histoire très belle, profonde et douloureuse.

Un coup de cœur de cette rentrée.

 

Note : 18/20

 

 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 23:55

avis à mon executeurAvis à mon exécuteur, Romain Slocombe, Robert Laffont, 485 pages.

Quatrième de couverture :

Lundi 10 février 1941, Washington, hôtel Bellevue. Un client de passage est retrouvé mort d’une balle dans la tête, une arme près de lui. La police conclure au suicide. Nul ne sait encore que l’inconnu a été l’un des plus importants agents du renseignement de l’URSS…

En 1936, Victor Krebnistsky poursuit son rêve de révolution mondiale quand il découvre l’emprise stalinienne sur la guerre d’Espagne. Malgré lui, il participe à l’élimination d’un transfuge soviétique, mais il est trop tard pour quitter les rangs ; l’époque est au soupçon général. Tandis qu’à Moscou les fonctionnaires du NKVD se défenestrent pour échapper aux purges, Victor doit gagner Paris et honorer une effroyable mission visant son meilleur ami. EN dépit des menaces qui pèsent sur sa propre famille, il refuse de commettre l’impensable. Condamné dès lors à une exécution officieuse, contraint à une éternelle fuite ne avant, il ne peut plus compter que sur sa ruse et… sur une arme au pouvoir dévastateur : le document secret prouvant la trahison et le « grand mensonge » de Staline. S’en servir signifie la mort. Ou la dernière chance qu’aura Victor de souver la femme qu’il aime et leur petit garçon.

 

Avis de la page 100 :

Alors qu'on pouvait s'attendre à un policier, c'est la confession d'un des hommes de main du pouvoir Stalinien que l'on découvre. J'ai du mal à rentrer totalement dans le roman (car s'en est un même si on pourrait parfois se croire dans un essai tant les références historico-politiques sont nombreuses) peut-être parce qu'écrit à la première personne, il y a peu de dialogue et que l'écriture est essentiellement descriptive. Une lecture un peu rébarbative mais qui me permet de replonger dans les sombres années d'avant-guerre. J'ai bien du mal à savoir si j'aimerai ou pas ce livre au final. Affaire à suivre donc...

Chronique :

Voici un roman qu’on devrait retrouver dans les listes de prix littéraires de cet automne. Romain Slocombe signe ici une histoire qui retrace les années sombres du stalinisme. Sous forme d’un récit apocryphe, on pénètre au cœur du système d’espionnage soviétique.

Le roman commence par un prologue relatant un fait divers : un homme a été retrouvé mort dans une chambre d’hôtel à Washington. L’enquête conclue à un suicide. Cet homme n’est autre que Krebnitsky, transfuge de l’Est, traqués par ses anciens collègues. Puis, le narrateur passe en revue rapidement les différents protagonistes de l’affaire et informe le lecteur d’un courrier en provenance de Lausanne. Un ami libraire lui envoie un manuscrit et des lettres personnelles attribuées à Krebnitsky. Le cadre est posé.

Le roman est principalement constitué des mémoires de Krebnitsky, un espion comme un autre, ni meilleur, ni plus mauvais. Un homme avec sa foi dans le Communisme idéalisé, ses doutes dans l’appareil du Parti mais aussi ses lâchetés face aux choix tragiques que ses supérieurs lui imposent.

C’est l’histoire d’une vie dans l’histoire du Monde. Un roman qui humanise l’inhumain. Mais aussi un roman qui se mérite. J’ai dû me forcer à entrer dans cet univers. Le nombre de personnages, les abréviations désignant les différents services de sécurité soviétiques, la forme même du récit, au début, qui s’apparente plus à un témoignage qu’à un roman, m’ont rebutés au début. Mais tout cela concourt à donner à cette histoire un réalisme parfois à la limite du soutenable et un accent de vérité indéniable. Finalement, il est difficile de quitter Victor Krebnitsky, et son souvenir se prolonge bien après avoir refermé le livre.

 

Note :  19/20

 

 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 23:49

rouge ou mortRouge ou mort, David Peace, Payot-Rivages, prix 24 euros.

Quatrième de couverture :

« Pour une fois, je voulais écrire sur un type bien. » Voilà comment david Peace s’est pris d’amour pour Bill Shankly : un joueur moyen, mais un entraîneur hors pair, qui forgea la légende du Liverpool Football Club entre 1960 et 1974. Un homme du peuple aux ambitions folles.

En 90 chapitres hypnotiques, Rouge ou mort est une ode à ce qui peut être accompli quena tout semble perdu. Une ode aux utopies et à la valeur du collectif contre l’individualisme.

Célèbre pour ses romans noirs, David Peace poursuit son histoire de l’Angleterre. Le football devient une métaphore pour raconter un pays dont les valeurs fondamentales - dignité, partage, solidarité - ont irrémédiablement disparu. Au-delà des exploits sportifs, Rouge ou mort est un chef-d’œuvre, une magistrale chanson de geste sur un homme hors du commun élevé au rang de mythe.

 

Avis de la page 100 : Il m'a été très douloureux d'en arriver là et quand je vois tous ce qu'il me reste à lire j'en ai le vertige. L'écriture est répétitive, un style qui n'apporte rien à l'histoire pour le moment. Si on ajoute à cela que je n'aime pas le foot... Si encore c'était intéressant... Mais franchement pour le moment, il me tombe des mains. Dommage car je suis sûre que dans un style d'écriture plus conventionnel ce serait presque acceptable.

Chronique

Roman très étrange dans sa construction, Rouge ou mort est difficile à lire. Des répétitions de mots ou de phrases émaillent le récit en permanence. L’histoire est ralentie. C’est dommage car le sujet, bien que je ne sois pas une adepte du football aurait pu être intéressant : comment un homme, Bill Shankly a su faire d’un club anglais, le Liverpool Football Club, un des premiers clubs de football du pays,  ses relations avec les joueurs, les dirigeants, le Kop… Tout cela dans les années soixante, à une époque où les joueurs gagnaient 35 £ par semaine (du moins au début).

Malheureusement je n’ai pas réussi à aller au-delà de la page 233 (sur un pavé qui en compte près de 800 !). Le style trop répétitif rend la lecture très difficile. Des phrases entières sont répétées à quelques lignes d’intervalle, et visiblement l’usage des pronoms a été prohibé. Ainsi on peut trouver, page 152, jusqu’à 3 fois le prénom de Bill dans la même ligne, et ce sur 35 lignes ! Et tout ça pour décrire la façon dont le personnage fait le ménage ! Et il n’y a pas que là, je pourrais en citer des dizaines d’autres. Je ne doute pas que cette façon d’écrire ait un sens, mais personnellement il m’échappe totalement.

Même en survolant le texte, l’écriture tourne en rond, le texte se répète autant que les entraînements. Ces obstacles à la lecture représente peut-être symboliquement les difficultés qu’ont dû surmonter le Liverpool Football Club pour parvenir au somment… Peut- être, mais cela n’a d’autre effet que rebuter.

J’ai feuilleté jusqu’au bout ce roman, piochant de ci de là quelques paragraphes, mais à aucun moment je n’ai eu envie de poursuive. Le style n’évolue pas. Je pense que sans ses répétitions le roman aurait été moitié moins long et bien plus plaisant à lire !

Pourtant, dans l’histoire en elle-même il y a un potentiel dramatique, hélas mal exploité. J’aurai aimé pouvoir m’attacher à ce club, suivre jusqu’au bout l’aventure mais quand la lecture devient aussi pénible il faut savoir s’arrêter. Lire doit rester un plaisir.

 

Note : 1/20


Pour aller plus loin :


Retrouvez les autres critiques sur lecteurs.com 

 

Et une vidéo de l’auteur…

 

 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 12:31

En début d’été j’ai eu la joie d’être sélectionnée par le site lecteur.com pour faire partie des « Explorateurs de la rentrée littéraire ».

50 lecteurs ont reçu 5 livres que nous devions lire, faire un point d’étape à la page 100 et chroniquer. 

 

J’ai reçu :  

Avis à mon exécuteur de Romain Slocombe paru chez Robert Laffont,

L’histoire d’un amour de Catherine Locandro chez Eloïse d’Ormeson

Rouge ou mort de David Peace chez Rivages

La vie rêvée de Rachel Waring de Stephen Benatar chez le Tripode

Aristote, mon père d’Annabel Lyon chez Les éditions de la Table Ronde

Aujourd’hui ces livres sont parus, certains plus confidentiellement que d’autres.

Vous trouverez toutes les critiques des explorateurs concernant ces romans sur le site lecteur.com.

Vous pourrez aussi y retrouver les autres romans sélectionnés pour cette rentrée sur la page des explorateurs.

 

Ce fut une expérience riche en émotion : celle de découvrir de nouveaux romans en primeur (certains sont des épreuves non corrigées), mais aussi celle de répondre à un exercice imposé. J’avoue qu’en voyant le paquet de livre, j’ai eu une joie inquiète devant les presque 2000 pages à ingurgiter en un mois. J’ai craint, un instant, l’indigestion. Heureusement des congés salutaires sont venus me sortir des affres de ce challenge et j’ai réussi finalement sans trop de mal à relever le défi. Et le pire, c’est que je suis prête à recommencer !

 

Les cinq prochaines chroniques seront donc consacrées à ces romans de la rentrée, outre l’habituelle présentation de la quatrième de couverture, on y retrouvera le point sur la page 100 (ou 50 pour le court histoire d’un amour) et la note sur 20 que je leur ai attribué.

 

aristote mon pereavis à mon executeurl histoire d'un amourla vie révée de rachel waringrouge ou mort 

 

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 19:53

expo 58Expo 58, Jonathan COE, Gallimard, 326 pages, 22 euros

 

 

Londres 1858, Thomas Foley dispose d’une certaine ancienneté au ministère de l’Information quand on vient lui proposer de participer à un évènement historique, l’Exposition Universelle, qui doit se tenir cette année-là à Bruxelles. Il devra y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d’un pub, Le Britannia, censé incarner la culture de son pays. Le jeune Foley, alors qu’il vient de devenir père, est séduit par cette proposition exotique et Sylvia, son épouse, ne voit pas son départ d’un très bon œil. Elle fera toutefois bonne figure et la correspondance qu’ils échangeront viendra entrecouper le récit des nombreuses péripéties qui attendent notre héros au pays du roi Baudouin, où il est très vite rejoint par de savoureux personnages : Chersky, un journaliste russe qui pose des questions à la manière du KGB, Tony, le scientifique anglais responsable d’un machine, la ZETA, qui pourrait faire avancer la technologie du nucléaire, Anneke, enfin, l’hôtesse belge qui va devenir sa garde rapprochée…

Coe embarque le lecteur dans une histoire pleine de rebondissement, sans que jamais la tension ne retombe ou que le ridicule ne l’emporte. Sous la forme d’une parodie de roman d’espionnage, il médite sur le sens de nos existences et dresse le portrait d’un monde disparu, l’Angleterre des années 1950, une société tiraillée entre une certaine attirance pour la liberté que semble offrir la modernité et un attachement viscéral aux convenances et aux traditions en place.

 

 

Dès la sortie de ce roman, par sa couverture extrêmement attirante j’ai eu envie de le lire. Il faut dire que j’ai aussi une attirance particulière pour les expositions universelles, lieux et moments uniques (je regrette toujours de ne pas avoir été à celle de Séville en 1992). J’ai pourtant dû patienter un peu, juste de quoi faire monter d’un cran ma curiosité. Mais aujourd’hui me voilà rassasiée. Je l’ai lu. Enfin.

Oui, et ?

Et… Je suis mitigée. Pas déçue, non. Mais pas enthousiaste non plus.

Il y a sans conteste de grande qualité d’écriture (on est chez Gallimard, quand même) : une fluidité mais avec un petit soupçon d’humour en trop. De l’humour voyant, plaqué trop rapidement peut-être. Un humour qui voudrait alléger le propos et qui tombe à plat car trop prévisible. Trop prévisible aussi l’histoire qui bien que faite de plusieurs rebondissements ne surprend pas vraiment (le coup du voisin, ou du KGB…). Evidemment, la quatrième de couverture nous la présente comme une pseudo caricature de roman d’espionnage. C’est vrai qu’il en a les ingrédients (les personnages, le contexte historique…), mais il et manque un peu de sel.

Ça c’était pour le côté décevant. J’ai eu néanmoins beaucoup de plaisir à lire ce roman. L’auteur a su recréer cette atmosphère particulière d’après-guerre, où Est et Ouest rivalisaient d’ingéniosité pour se faire une guerre sans merci loin de la presse à coup d’espions et d’inventions variées. On plonge dans la société des années 50, faite de conventions et de non-dits mais aussi d’insouciance. Or c’est bien l’insouciance que recherche Thomas Foley dans ses quelques semaines passées loin de ses obligations de mari et de père. Une frivolité qui n’appartient qu’à la jeunesse et donc au passé. Le temps d’avant la guerre…

C’est un roman profond, mais que j’aurais préféré sans cette contrefaçon d’histoire d’espionnage, même si la lecture en reste plaisante. Un mélange des genres malheureux en quelque sorte. Dommage…

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 22:36

double meutre à borodi lane    

Double meurtre à Borodi Lane, Jonathan Kellerman, Ed Points, 450 pages, 7.90€

 

 

Un couple est surpris sans une position non équivoque dans une villa huppée de Borodi Lane. Oui, mais… la femme a été étranglée, l’homme a une balle dans la tête. Puis la demeure est incendiée. L’enquête s’enlise jusqu’à ce que Milo Strugis découvre que l’insaisissable propriétaire est un sultan indonésien, roi du pétrole. Quel est cet homme prêt à sacrifier son bien pour effacer tout indice ?

 

 

 

Je n’avais jamais lu de Jonathan Kellerman, et je ne suis pas certaine d’avoir envie d’en lire un autre. Le sous-titre du roman est « enquête de Milo Strugis et Alex Delaware ». Ce second personnage est le narrateur de l’histoire. Là d’ailleurs s’arrête son rôle car dans l’enquête en question il n’intervient quasiment pas. A ce demander ce qu’il fait là !

La quatrième de couverture était pourtant intéressante et j’avoue qu’on me l’avait assez bien vendu au club de lecture (au fait qui en est le propriétaire ?). Dommage. Ceci dit, elle n’était pas mensongère : l’enquête s’enlise bel et bien. Le lecteur aussi… L’enquête se complique, perd le lecteur avec des personnages sommes toutes bien peu sympathiques. Il y a plusieurs passages qui n’ont aucun intérêt pour l’intrigue. Je n’ai toujours pas vu la plus-value des paragraphes concernant la vie personnelle d’Alex ; Ok il a une femme et un chat, et… ? Et rien. Rien qui ne fasse avancer le Schmilblick.

Je vous entends déjà vous récrier. Alors, peut-être, que je ne suis pas tombée sur le meilleur roman de la série, quoique sa sélection 2013 pour le prix polar des lecteurs du Points me laisse à penser que ce ne doit pas être le plus mauvais. En tout cas je n’en garderai pas un souvenir bouleversant.

Tant pis, je me rattraperai avec le prochain… ou pas.

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 20:00

double identitéDOUBLE IDENTITE, Didier Van Cauwelaert, éd. Le livre de poche, 206 pages, 6.60 euros

 

 

Martin Harris avait deux passions : sa femme et une plante. Je suis seul aujourd’hui à pouvoir les sauver. Mais comment protéger une femme lorsqu’on est traqué sans relâche par les services secrets ? Et comment libérer une plante médicinale volée aux Indiens d’Amazonie par le numéro un mon dial des cosmétiques ? Une plante qui pourrait guérir des milliers de malades et qui, victime d’un brevet exclusif, ne sert qu’à fabriquer la plus chère des crèmes antirides.

 

 

J’ai reçu ce roman pour la fête des mères (encore merci Julie). Ma fille aînée avait bien choisi puisque j’avais lu, il y a quelques temps déjà le roman dont Double Identité se trouve être la suite (Hors de moi). J’avoue avoir un peu oublié l’histoire mais je ne pense pas qu’il soit obligatoire de lire Hors de moi pour comprendre Double identité. L’auteur fait une petite piqûre de rappel sur le contexte qui me semble suffisante (d’ailleurs même avec ces indications, je n’ai pas réussi à me souvenir de je me souvenir de l’histoire précédente, j’ai la mémoire qui flanche sans doute…) pour se laisser embarquer dans l’aventure.

Le roman commence par la phrase : « A force de se croire un autre, on finit par le devenir ».  C’est le choix de Steven Lutz, son choix conscient, d’endosser l’identité d’un ami d’enfance de Martin Harris (souvenez-vous, le Martin Harris de Hors de moi…) pour échapper à un cauchemar récurrent. Evidemment dit comme ça, ce n’est pas très clair. A l’image de l’histoire, je dois dire. On apprend au début du roman ce que Steven Lutz, alias Martin Harris, alias Glenn Willman, alias Robert Elmett… est un ancien agent secret, pas si ancien que ça puisqu’il est traqué par des inconnus qui rêvent de le descendre. Vous me suivez ? Jusque-là, ça va. On est encore plus ou moins dans le logique, le plausible. Mais là où ça dérape c’est quand la plante (la kimani) commence à communiquer avec notre agent. J’avoue avoir été un tantinet perplexe face à la théorie avancée par les personnages. Mais bon, après tout c’est un roman, alors pourquoi pas ? Si on excepte ce point, cela reste un bon petit bouquin où le rythme est soutenu et finalement l’histoire bien construite. Une petite surprise à la fin qui laisse le lecteur sur une note plutôt agréable. Je ne pense pas, cependant, en garder un grand souvenir.

 

 

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 22:44

imagesRainbow Warriors, Ayerdhal, Au diable Vauvert, 523 pages, 20 €

 

Mis à la retraite sur requête du Bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposer par l’ancien secrétaire général des Nations Unies de prendre la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences.

Objectif : renverser le dictateur d’un état africain et permettre le tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation. Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail. Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT . Lesbian, Gay, Bi, Trans.

 

 

 

Décidément, j’ai pris un abonnement au Diable Vauvert ! La faute à Thierry qui m’a fait découvrir ce roman sur sa page FB. Mais je l’en remercie.

Pourtant ce n’était pas gagné. S’il y a un genre que je n’apprécie pas, avec les romances et les « bit lit », c’est bien le livre de guerre. Ce qui est assez paradoxal puisqu’un de mes romans préféré est Jules Matrat d’Exbrayat (je ne vous en ai encore jamais parlé ? Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous conseille de vous rendre sur le blog Bulle de Manou)

Bref…

 

Mais cette histoire ci n’est pas banale. Dans un pays inventé de toute pièce par l’auteur (inventé vraiment ?), un dictateur persécute les homosexuels. Jusque-là, je dirais, hélas, rien de plus banal. Sauf qu’ici, un groupe de personnes fortunées (on se plaira à y reconnaître certains de nos contemporains) avec à leur tête l’ancien secrétaire général de l’ONU (oui, celui-là, tout à fait) décide de mettre le haut-là.

Le roman peut se diviser en plusieurs parties, comme une véritable campagne de guerre. Au début, il y a le recrutement des troupes, son entrainement, puis les tactiques militaires… Mais très vite les choses se complexifient. Les services secrets de tous bords entrent en jeu. Et là, c’est une autre histoire…

Les opérations militaires sont décrites avec précision, mais sans détails superflus. Le récit reste haletant, digne d’un bon blockbuster.

Ni uchronie, ni anticipation, ce roman est tout simplement une réalité possible. Les petits arrangements entre politiques, l’utilisation de leur hommes de main, qu’ils soient agents secrets ou mercenaires, le pouvoir de l’argent… y sont décrits avec force et une précision terrifiante.

Un roman qui peut paraître pessimiste, mais qui laisse une lueur d’espoir dans les dernières pages… A moins que cet espoir ne se pervertisse avec les hommes. En tout cas un récit qui reste en mémoire longtemps.

  

Merci Thierry de m’avoir fait découvrir cet auteur, je vais de ce pas m’intéresser de plus près à ses écrits…

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 16:11

AnansiBoys France Paperback 1258016600Anansi Boys, Neil Gaiman, Edt Le diable vauvert, 488 pages, 22 euros

 

Le père de Gros Charlie n’était pas ordinaire : il était Anansi, le Dieu Araignée, l’esprit de rébellion, n dieu filou capable de renverser d’ordre social, de créer une fortune à partir de rien et de  défier le diable… un héritage bien encombrant !

Une mythologie moderne où l’on trouve une sombre prophétie, des désordres familiaux, des déceptions mystiques, et des oiseaux tueurs. Sans oublier un citron vert.

 

 

 

 


Voici un roman pour le moins farfelu, mais attendrait-on autre chose de Neil Gaiman ?

Gros Charlie mène une vie tranquille à Londres entre son bureau à l’Agence de gestion de fonds Grahame Coats et Rosie sa fiancée vierge. Jusqu’au jour où son père détesté meurt. S’en suit un long périple tant physique que psychologique qui guidera Charlie vers un monde insoupçonné mais aussi vers l’amour et finalement l’acceptation de soi.

Récit initiatique autant que fantastique, Anansi Boys parle aussi de la fratrie, des relations entre un fils et son père, des trahisons et de l’amour.

Gros Charlie dans la peur de ressembler quelque peu à son géniteur, est sans relief, insignifiant. Il est même étonnant qu’il ait une fiancée (ceci dit, ladite fiancée ne sait pas non plus très bien pourquoi elle fréquente Gros Charlie, auquel elle refuse toute privauté… Pas avant le mariage ! Non mais !). Jusqu’au jour où débarque son frère, digne fils de son père : sans gêne, expansif, bref son exact contraire. Mais n’était-ce justement cette fantaisie qui lui manquait ? A moins que ce ne soit pour combler le grand vide après la mort de ses ascendants et l’immense solitude de celui qui reste l’unique survivant de sa lignée ?

Peut-être à cause du côté irréel de certaines scènes, ou de la dimension initiatique du roman, j’ai à plusieurs reprises pensé à Murakami en le lisant (j’entends déjà les puristes s’offusquer… désolée).

L’incursion de détails aussi inopinés que déconcertants (mais que vient donc faire cette histoire de citron là-dedans ?) permet d’alléger la tonalité du récit qui sous un faux air burlesque n’en est pas moins grave.

 

Petit conseil de dernière minute : relisez donc les deux premiers chapitres après avoir terminé le roman cela éclaire sur certains personnages (notamment la description de Oats). Tout se tient et le roman se referme comme un cercle. 

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 13:58

trois grands fauvesTrois grands fauves, Hugo Boris, Edt Belfond, 199 pages, 18 euros,

 

 

 

 

 

Le portrait de trois prédateurs : Danton, Hugo et Churchill. Trois héros qui ont en commun d’avoir été confronté très tôt à la mort, d’avoir survécu et d’y avoir puisé une force dévorante. Trois survivants qui ont opposé leur monstruosité à la faucheuse.

Trois grands fauves, ou comment défier la mort en trois leçons.

Trois portraits fragmentés et subjectifs, raccourcis saisissants d’une vérité qui échappe aux historiens. Une filiation imaginaire se tisse entre les personnages, dessinant une figure nouvelle. Qu’est-ce qu’un grand homme. Où est son exception ?

 

 

J’ai eu l’occasion de rencontrer Hugo Boris à son passage à Rethel à l’automne. Il participait au festival littéraire « de l’écrit à l’écran », manifestation organisée par Interbibly. J’avais entendu parler de son roman à la radio et le sujet de son intervention, l’adaptation cinématographique d’œuvres romanesque, m’intéressait. Sa présentation fut en tout point conforme à mes attentes, claire, concise, argumentée et non dénuée d’humour.

Bref, le garçon est brillant et charmant, ce qui ne gâche rien. Son écriture lui ressemble.

Les trois grands fauves présente trois biographies de trois personnages politiques unis par une résistance presque extraordinaire à la mort, physique mais aussi psychique puisque leurs destins émaillés de drames ne parvient pas à les mettre à terre. Danton, Hugo et Churchill. Trois personnalités différentes qui ont regardé très tôt la mort en face, l’ont affrontée, et même vaincue plusieurs fois. Trois prédateurs mais aussi trois hommes avec leurs faiblesses, leurs erreurs et leurs grandeurs.

On accompagne avec émotion Danton dans son dernier périple, sur la charrette des condamnés, vers l’échafaud, qui, jusqu’au dernier moment, veut croire en sa bonne étoile et à un retournement de situation… en vain

On accompagne le désespoir de Hugo après la mort prématurée de sa fille chérie et ses efforts irrationnels pour la retrouver au-delà de la réalité, phagocytant son fils au profit de cet amour exclusif oubliant les autres… jusqu’à la rédemption tardive.

On vit les déceptions du petit Winston relégué, oublié, dans son pensionnat, cherchant de légitimes affections parentales, ses échecs, son alcoolisme… et une dernière ovation, au crépuscule de sa vie, dans un restaurant de Monte Carlo.

Trois fauves politiques, trois féroces défenseurs de leur conviction, acceptant la mort ou l’exil plutôt que de plier.

Hugo Boris a su faire revivre à travers ses pages l’essence même de ces personnages historique. Il leur a rendu une âme que l’Histoire leur avait spoliée. Au travers de son texte, il a su tisser des liens entre ces trois grands désespérés si profondément humains.

Merci de nous rappeler que la grandeur est fragile, et que tous les héros ont des pieds d’argile. 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 17:30

julienne david

 

 

Moi, Julienne David, corsaire nantaise jamais soumise, Thérèse Andre-Abdelaziz,  Editions Ex-Aequo, 126 pages, 14 euros, ISBN 978-2-35962-275-1

 

 

 

 

 

 

 


Ni biographie, ni roman de cape et d’épée ce récit ne prétend aucunement raconter l’histoire véridique de Julienne David mais, m’appuyant sur des faits relatés, dates historiques, actes de naissance, de décès, extrait du bordereau du recensement du 3eme canton de la ville de Nantes en 1841, j’ai réinventé l’existence tumultueuse de cette corsaire nantaise. Ce récit s’articule autour des manques, des silences et des interrogations, mêlant histoire et fiction. L’écriture est née de tout cela. Au plus serré.

 

 

 

 

Voilà un roman des plus étranges où la biographie de cette incroyable rouquine des  tourbières bretonnes est contée à deux voix : un narrateur qui semble tout droit sorti du dix-huitième siècle et la maison où vécu Julienne de nombreuses années. Le vocabulaire est en grande partie celui de l’époque, avec des mots locaux mais dont le sens est évident dans le contexte. Cela donne parfois un sentiment étrange, une immersion dans ce monde brutal où les croyances villageoises font des ravages, où la cruauté banale est retranscrite avec un réalisme perturbant.  J’ai eu mal pour cette petite fille de onze ans, souffert avec cette jeune femme dans les prisons républicaines, eu froid et faim avec cette femme dans les hulks anglais, mais aussi espéré, comme elle, le retour de Guillaume…

Ecrit sur le fil du rasoir, ce texte remue les tripes parfois jusqu’à la nausée (mais je suis une petite nature, tout le monde vous le dira).

 

Il y a des livres qui ne laissent pas intact, pour moi, celui-ci en fait partie. L’histoire ne retient des corsaires que des hommes, pourtant quelques femmes se sont travesties pour pouvoir embarquer et se battre sur ces navires. On les a oubliées. Merci à Thérèse Andre-Abdelaziz d’avoir ressuscité avec brio, la mémoire de Julienne/Jacquot.

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 17:42

une vivier 3Le vivier, Armand Gautron, éditions AG, 271 pages, 17 euros.


Une nuit, deux corps surgissent sans la nuit Vitryate. Deux d’un coup, dont un congelé. Deux corps de femmes disparues depuis une dizaine d’années….

A la lecture de l’article paru dans l’Union, Antoine repense à cette pauvre madame Douisele venue lui parler de sa fille Lorraine, disparue elle aussi depuis 10 ans… Et si… ?

La juge d’instruction nomme Soraya Legoff pour mener cette enquête. La ville de Vitry-le-François est trop petite pour que Soraya et Antoine mènent leur enquête chacun de leur côté, la rencontre est inévitable.

Une course contre le temps dans les rues de Vitry-le-François, voilà ce qui les attend…

 

 

Je ne suis pas familière de la ville de Vitry-le-François et j’avoue que ce roman m’a donné envie de visiter cette ville. C’est déjà un premier bon point.

Le second est que j’ai trouvé ici un bon polar comme je les aime. Les personnages ont de la profondeur : Antoine Landrini, le privé, ex-policier, au caractère bien trempé, personnage récurrent d’Armand Gautron dont la vie est dévoilé petit à petit. Mais contre toute attente, Antoine Landrini n’est pas le personnage central du récit qui met en parallèle les enquêtes de la police et celle d’Antoine Landrini ainsi que les activités du tueur.

Le troisième est le style : simple au service de l’histoire, en un mot efficace. Le narrateur est omniscient, il sait tout, voit tout et pourtant laisse le lecteur dans l’expectative : quel est le mobile de Pierre ? Quel est le rôle de Boris ? La solution n’apparait qu’au terme d’une enquête haletante.

 

Un indice ? Regardez donc un plan de la ville et cherchez…

Pour en savoir plus, visitez le site de l'auteur : http://www.ag-creations.com

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 10:39

pip-et-la-libertePip et la liberté, Ludovic Massé, TDO éditions,  16 euros

 

Pip est un jeune coq destiné, comme ses congénères, à la vie de basse-cour. Cependant, son ardent désir de liberté, galvanisé par les conseils avisés du Commandant, le coq dominant le pousse à organiser avec les animaux de la ferme une spectaculaire évasion.

Confrontés à la folie des Hommes et à un monde en plein bouleversement, Pip, Byron le cheval, Carême l’âne et leurs compagnons de fortune découvriront que la liberté peut-être tantôt enivrante, tantôt déroutante et parfois destructrice…

 

 


Ecrit à la veille de la seconde guerre mondiale, l’aventure de Pip est une allégorie de la tragédie qui se joue alors sur l’échiquier politique mondial. Les pérégrinations de Pip et ses congénères sont à l’image de l’état d’esprit de l’époque, oscillant entre exaltation et désespoir.


Plusieurs fois remanié après-guerre, j’aurai aimé lire les différentes versions de ce conte philosophique. Je pense qu’il aurait été intéressant de voir les évolutions du texte.


Les personnages animaliers sont atemporels et la recherche de la Liberté, thème philosophique par excellence, donnent à ce texte une dimension universelle (mais n’est-ce pas aussi la fonction du conte ?)


C’est également un conte initiatique. Le jeune Pip dans sa quête de la Liberté commence par s’éloigner du poulailler, en un va-et-vient aux limites de la ferme. Dans ses explorations il rencontre d’autres animaux domestiques ou d’autres comme le rossignol ou le lapin de garenne. Ces entretiens avec la gente sauvage le déçoivent, les animaux ne font que de se plaindre. Pourtant, l’appel de la Liberté est le plus fort et en secret, il se prépare minutieusement à la fuite de cet univers où chaque jour peut être le dernier. On retrouve, ici, les différents stades de développement de l’enfant et son accession à l’âge adulte par le départ du cocon familial et ce malgré les dangers du monde extérieur et les mises en garde des vieux sages (si on se place dans cette perspective presque psychanalytique, le personnage de la mère de Pip est édifiant). Mais Pip ne part pas seul. Il a su convaincre d’autres animaux de son entourage à le suivre dans son aventure. Pip est un leader (là, il faut certainement replacer l’histoire dans son contexte de la guerre civile espagnole, nulle victoire s’acquière seul)


A tous ceux qui aiment lire aussi pour réfléchir, je recommande Pip et la liberté. C’est un texte qui laisse des traces…


Pour m’avoir fait découvrir ce conte de Ludovic Massé, merci à 

masse critiquetdo-editions


 

 

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 19:01

guide de l'incendiaire des maisons d'écrivain 

Guide de l’incendiaire  des maisons d’écrivains en Nouvelle-Angleterre, Brock Clarke, Albin Michel, 429 pages, 22 euros.

 

 

« Moi, Sam Pulsifer, je suis l’homme qui a accidentellement réduit en cendres la maison d’Emily Dickinson à Amherst, et qui ce faisant, a tué deux personnes, crime pour lequel j’ai passé dix ans en prison ? Il suffira sans doute de dire qu’au panthéon des grandes et sinistres tragédies qui ont frappé le Massachusetts il y a les Kennedy, les sorcières de Salem, et puis il y a moi. »

 

 

 

 

La couverture agressive de ce roman m’a séduite. Objectivement, elle n’est pas belle, mais assurément elle attire l’œil de lecteur désœuvré. Pourtant, désœuvrée, je ne peux pas dire que je le sois mais bon, disons que cette typographie irrégulière, noire sur ce fond blanc, et inversement, encadrant cette maison d’où sortent des flammes rouges et oranges, ne m’a pas laissée de marbre. Et que voilà un titre étrange ! Et long ! Bref, je l’ai lu.

Et…

Il m’a fallu le temps de rentrer dans l’histoire malgré la narration à la première personne qui d’habitude aide beaucoup. J’avoue que là j’ai eu du mal. L’écriture sans doute. Je la qualifie volontiers « d’américaine » avec ses descriptions détaillées des vêtements des différents personnages. Si cela peut parfois éclairer sur la nature cachée d’un ou l’autre protagoniste, c’est malheureusement le plus souvent totalement inutile et ne fait que ralentir la lecture. De même les interrogations multiples du narrateur sur telle ou telle possibilité m’ont lassée.

C’est dommage car au fond l’histoire n’est pas si mal. Sam Pulsifer raconte sous forme d’un récit chronologique sa vie depuis sa sortie de prison. Comment à son retour ses parents ont préférés qu’il parte étudier ailleurs, sa rencontre avec sa femme, sa vie sans relief et mensongère dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, et comment cette vie somme toute paisible bascule avec l’irruption du fils de ses victimes, comment il s’enfonce dans le mensonge et découvre petit à petit que sa vie repose sur une vaste mascarade depuis son enfance… Seulement, le style de l’auteur dessert son sujet et les bonnes idées comme la mise en abîme progressive (Sam projette d’écrire un guide de l’incendiaire) ou les introspections du personnage quand elles ne sont pas trop longues ne suffisent pas à faire oublier la lourdeur du texte.

Sur la quatrième de couverture, le New York Times invoque « l’humour absurde », l’éditeur a préféré le qualifier de « jubilatoire », je ne pense pas que cela soit le cas. Quant aux auteurs américains auxquels il est fait référence, à moins d’être féru en littérature américaine, je ne pense pas que beaucoup les connaisse (qui connait : Emily Dickinson, Edith Wharton, Henry Wadsworth Longfellow - ha si, celui-là il était dans Le cercle de Dante -, Nathaniel Hawthorne, Henry David Thoreau, Edward Bellamy ?), mais au moins cela aura eu le mérite de me les faire découvrir 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 21:29

de-bons-presages.jpgDe bons présages, Terry Pratchet – Neil Gaiman, SF, j’ai lu, 440 pages.

 

L’Apocalypse ! Depuis le temps qu’on en parle… Eh bien, c’est pour demain. Enfin, dans onze ans, très exactement.

Depuis qui Dieu créa le monde et Satan l’enfer, chacun des deux cherche à tirer la couette à lui. Pour défendre leurs intérêts respectifs, ils ont leurs envoyés spéciaux sur terre. Côté Bien : Aziraphale (ange de son état, bibliophile et libraire à mi-temps). Côté Mal : Rampa (démon, lunettes noires et boots en peau de serpent, propriétaire d’une Bentley).

Et l’Apocalypse, ça ne les arrange pas du tout. Parce que, vous savez ce que c’est, quand on lit quelque part depuis des siècles, on a ses petites habitudes. Alors ange et démon vont doubler leurs patrons et tout mettre en œuvre peur faire capoter l’Apocalypse.

Hilarant, iconoclaste, un vrai feu d’artifice !

 

Avec de bons présages, j’ai fait un tour dans l’univers de mes premiers amours littéraires, la SF. Petite j’étais tombé dedans avec Philippe Ebly (rien à voir avec le blé), je m’en étais extirpée avec difficulté à l’âge adulte, mais de temps en temps, j’y replonge… avec délectation, d’autant plus quand elle s’allie à l’humour. Et de l’humour, il y en a dans ces présages !

Je passerai sur l’histoire, tout est dit dans la quatrième de couverture : l’Apocalypse tant attendue est là mais évidemment cela n’arrange personne, comme on aurait pu s’en douter. Il faut donc se débrouiller pour qu’elle n’ait pas lieu, tout ça en évitant, bien sûr, de dévoiler sa vraie identité, parce que si cela fonctionne, il faudra encore vivre sous couverture pendant des siècles et des siècles…

Et quand le Bien s’allie au Mal, cela donne une sacrée équipe !

Le comique s’apparente à l’absurde dans plusieurs situations comme, par exemple, quand l’enfant, antéchrist venu au monde uniquement pour le réduire en miette, doit choisir un nom au chien des enfers et par ce nom lui conférer les pouvoirs maléfiques et destructeurs qui doivent lui permettre d’anéantir le monde, il choisit de l’appeler… Toutou ! Maintenant dites-moi un peu quelles peuvent être les pouvoirs destructeurs d’un toutou ? Hummm ?

Tous les éléments de la fin du monde sont présents : les cavaliers de l’Apocalypse et leur armée de comptoir, des prédictions absconses (décidément j’adore ce mot) sans oublier des chasseurs de sorcières commandé par un personnage particulièrement haut en couleur.

 

Comme vous l’avez certainement, j’ai passé un très bon moment, et je suis pleinement rassurée sur l’avenir de notre monde, avec des gardiens comme ça, l’Apocalypse n’est pas pour demain, ni pour dans onze ans !!!

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 23:03

privé en montagneUn privé en montagne, Dominique Edler, Le Pythagore, 174 pages, 19 euros

 

 

Les pas du privé Didier Rouque vont le mener dans la ville champenoise de Chaumont. Chez les Grangier, une famille accueillant des enfants en difficulté, l’argent tombe du ciel sans qu’on puisse l’expliquer.

Son enquête va se poursuivre dans les Vosges au bord d’un lac du côté de la Schulcht, où il va rencontrer un vieux pêcheur… mort depuis trois ans.

 

 

 

Depuis le temps que j’avais ce roman dans ma PAL ! Il fallait bien que je m’y attelle, d’autant plus que j’avais vraiment apprécié le premier livre de l’auteur (Un privé en champagne).

J’y ai donc retrouvé, avec un certain plaisir, l’ancien flic devenu privé. Cette fois, l’enquête le mène aux confins du massif des Vosges, à côté de Bourbonne les bains. Il y retrouve une vieille copine… et les ennuis commencent.

L’histoire est bien ficelée. L’auteur a su tisser une intrigue à plusieurs niveaux. Ce qu’on pourrait prendre au départ pour une simple enquête familiale se révèle progressivement une affaire de bien plus ample envergure, avec meurtre et gros sous à la clef. Les histoires finissent par se recouper, mais le plus fort c’est qu’on ne voit rien venir.

Le personnage principal qu’on a déjà vu évoluer dans le précédent roman a pris de la profondeur. L’arrivée de son amie de fac lui donne une consistance plus humaine.

J’ai aussi aimé les traits d’humour de l’auteur qui n’hésite pas, par exemple, à citer son éditeur dans son roman, comme ça l’air de rien, un petit clin d’œil au passage…

Bref, un polar bien sympathique, avec une bonne intrigue qui n’a nul besoin de renfort d’hémoglobine et de torture perverse pour captiver son lectorat, voilà ce qui me plait !

 

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 18:58

pataponPatapon le Traîne-Bidon,  Andras Fenris et Gaëlle Vervelle-Berthelet, Oboo édition, 13 euros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est très rare que je me penche sur un album jeunesse, mais devant l’enthousiasme de ma fille de neuf ans, je me suis fait un devoir de le lire.

Les illustrations ont des couleurs vives : orange, vert, jaune… ce qui attire le regard et donne la tonalité du récit.

Patapon est une joyeuse chenille orange.  Et comme beaucoup de chenille de son âge, il aime grignoter, s’amuser…  plutôt que d’aller aux cours de Maître Gédéon apprendre des choses totalement inutiles comme tricoter un fil de soie. Mais le jour où il se rend compte que ses camarades se sont transformés en de magnifiques papillons, il comprend qu’il a peut-être raté quelque chose…

Le style est poétique. La récurrence du son « on » rend le texte musical (il y a d’ailleurs une chanson à la fin de l’album) ce qui plait beaucoup aux enfants. L’histoire leur parle et l’aspect moralisateur (ou plutôt édifiant) ne peut que récolter l’agrément des adultes. 

Mais finalement, ce sont encore les enfants qui en parlent le mieux : « J’ai adorée votre livre ! Ces rimes me font rêver ! Ce Patapon qui adorait manger les bourgeons et jouer à saute-champignon. Avec le maître Gédéon, il était sûr de perdre son temps car c’est toujours la même leçon. Mais, ce qu’il détestait par-dessus tout c’était le tricoton et il adore le trampolinon. Bref un livre à qui, je pense, va toucher certains enfants qui voudraient devenir un traîne- bidon. » (Extrait du mail envoyé par Agathe (9 ans) aux auteurs)

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