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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 21:56

 

 

passagers de l'archipel

Les continents ne sont pas fixes, ils dérivent. Les continentaux sont des migrants qui s’ignorent, des passagers soumis à ce mouvement infime comme à l’écoulement insensible du temps. Des passagers en rupture de barre, en rupture d’avenir, incapables d’empoigner le gouvernail pour métamorphoser en destin leur errance misérable.

Les îles aussi dérivent avec leur équipage. Plus vite, plus loin, dans l’urgence et le péril, aspiré par le sillage néfaste des continents. Quand leur microcosme s’ouvre à l’envahisseur, les organismes, les âmes résistent mal au souffle de ses miasmes, au viol de ses rêves frelatés. Des passagers disparaissent, asphyxiés sous les clichés dans on les affuble. Quelques-uns se rebellent. D’autres s’adaptent.

Mais tous ont à dire, à faire. Comme les continentaux, les îliens vocifèrent, chuchotent, rient, ou bien se taisent et agissent. Comme eux, ils influencent, du geste et de la voix, la course aléatoire de notre nef des fous.

 

Voici un livre édité chez Ramsay littérature et en parcourant les premières pages, on comprend vite pourquoi. Bien loin des « romans de filles » ou des Musso, Levy et consort (ou plutôt qu’on ne sort plus), ici, on est face à de la vraie littérature, à une écriture riche, poétique, émotionnelle.

C’est un recueil de six nouvelles tahitiennes. Rien d’étonnant quand on apprend que l’auteur y a vécu plusieurs années. Ce sont des anecdotes, des tranches de vie. Les personnages sont introduits de façon très détaillée, ciselés, créant de véritables rencontres avec ces habitants des îles.

Certaines nouvelles sont dures (Poerava ou Raerae) d’autres plus légères (la dernière surtout qui donne une touche finale savoureuse). L’auteur nous guide dans l’intimité d’une culture en parsemant son texte de mots tahitiens (il y a un lexique tés bien fait en fin de recueil). On y apprend la tolérance traditionnelle d’un peuple que l’invasion de la civilisation a gangréné, comme une maladie honteuse.

C’est un très joli livre, sans pesanteur, dépaysant et loin des clichés des agences de voyages (il pleut souvent à Tahiti finalement). On découvre l’envers du décor, sans fioriture mais décrit dans une langue impeccable.

J’ai passé un très beau moment avec ces passagers de l’archipel.

Par contre, comme souvent, je n’ai pas trop vu le rapport entre le résumé de la quatrième de couverture et les textes, excepté la qualité littéraire…

 

Merci à logobob01 et aux éditions Ramsay 

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Published by vhs - dans Nouvelles
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Visitez le site www.virginielauby.com

Cliquez sur les images pour en découvrir les premières pages... 

hantise

  lemouroir[1]

Edité chez Ex-Aequo , en format numérique aussi !


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Réédité chez Chloé des Lys

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