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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 22:20

le jour avant le lendemainLe jour du lendemain, Jorn Riel, 10/18, 142 pages

 

Quatrième de couv’ :

« Dans le nord-est du Groenland, la tribu de Katingak est sur le point de rejoindre le camp d’été. Pour Ninioq, le temps sera venu de faire ses adieux au monde des vivants. Mais Tornarssuk, le maître de tout en a décidé autrement. Comme après chaque saison de chasse, il faut aller faire sécher le poisson et la viande sur la petite île de Neqe. Et c’est à elle, la doyenne de la tribu, et à son petit-fils Manik qu’échoit cette mission. Sur cette terre hostile et malgré son grand âge, Ninioq doit prendre soin de l’enfant. Jour après jour, elle apprend au fils de son fils les gestes de la vie et lui transmet les traditions et les légendes de la tribu. Mais quelque chose s’est passé Ninioq le sent. Depuis quelques semaines déjà, ils auraient dû revenir les chercher. Un malheur est-il arrivé, Il faut qu’elle sache, qu’elle aille à leur rencontre, qu’elle retrouve les siens… »

 

Quelle claque ! Ce petit roman est bouleversant. Cela faisait longtemps que je n’avais été autant secouée par une lecture.

Ninioq, matriarche du clan, a de sombres pensées. Les choses changent autour d’elle. Les clans disparaissent. Lentement, son peuple s’éteint. Elle passe en revue son passé à travers ce dernier été. Les coutumes ancestrales, les lieux de villégiatures, les êtres chers disparus… et la permanence des paysages.

C’est un peuple qu’on découvre au fil des pages, auquel on s’attache malgré les différences dont certaines peuvent heurter nos sensibilités européennes de notre siècle (il faut avouer qu’en matière de séduction je préfère encore l’approche lourdingue de certains mâles en pleine poussée hormonale).

C’est la description, sans pathos, de la disparition inexorable d’un peuple. La famille de Ninioq acquiert ici une dimension universelle. Son extinction a valeur de modèle pour toutes les autres ethnies minoritaires. Mais la civilisation occidentale n’est pas la seule responsable. Les temps ont changés. L’arrivée des hommes sur leurs navires n’est qu’un accélérateur. L’histoire Ninioq a un côté inexorable, tragique.

Un magnifique hommage rendu ici par Jorn Riel, que je connaissais pour ses « racontars » si comiques. Mais de la comédie, surtout humaine, à la tragédie, il n’y a qu’un pas.

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