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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 12:22

9782915746570

 

Sa réputation, c’est à la force de ses poings qu’il l’avait gagnée, le jeune Salgado. Même la bande de la cité des fleurs avait renoncé à s’y frotter. Son secret ? Le karaté ! Ce petit plus qui lui permettra de passer des banlieues sombres au Paris chic en devenant garde du corps. Nouveau monde, nouvelle vie, mais rien n’est aussi simple !

Confronté à une violence bien plus grande que celle des rues, Sam va comprendre que ses poings ne suffiront pas à tout résoudre…

 

Voici le second roman d’Andras Fenris. J’avais déjà apprécié son premier (Urban Massaï) aussi c’est sans hésitation aucune que j’ai ouvert celui-ci surtout qu’il était annoncé comme en étant la suite. Je m’attendais donc à y retrouver Franck, le personnage central du précédent ouvrage, mais, surprise, cette fois, c’est de l’histoire de Samir, le sage ami de Franck, dont il s’agit.

Bonne surprise.

Le récit est à la première personne (décidément, voir billet précédent) ce qui permet de découvrir la sensibilité et les contradictions du personnage, mais aussi une vision de la banlieue différente de celle servie habituellement par les média.

D’autres thèmes, plus psychologiques comme la difficulté de rester soi tout en quittant son milieu, ou de conserver ses valeurs malgré tout. Ainsi Samir va se voir confronter au problème des consonances trop typées de son nom. Doit-il accepter un diminutif, Sam, qui l’ampute aussi d’une partie de sa vie, renonçant à ses amis d’enfance ? Ou, comme Driss, rester sur le chemin qui lui a été tracé et dans l’indifférence se hisser à la première place ?

C’est l’itinéraire, non pas d’un enfant gâté, mais d’un jeune de ces banlieues qui affolent le bon peuple qui n’y a jamais mis les pieds. Un jeune presque ordinaire. Comme il en existe des milliers.

Un vrai roman social.

Pourtant, ici, pas de leçon moraliste. Les choses sont écrites simplement, sans rajout superflus. Comme à la page 56, discussion entre Driss et Samir après le retour de ce dernier dans son quartier, c’est Driss qui parle :

 

         « L’autre jour j’ai failli m’emporter contre un jeune de la cité. Tu me connais, je ne suis pas du genre à m’énerver. Mais là, j’ai bien failli lui mettre une claque. Grâce à Dieu, je me suis retenu. Ce petit voyou disait que tu te faisais appeler Sam et que tu ne laissais pas entrer les Arabes et les Noirs dans la boîte de nuit où tu travailles. Je l’ai collé au mur devant ses petits copains ? Il a ravalé ses paroles, crois-moi. Mais bon, voilà. Je voulais juste te faire savoir qu’on raconte des saloperies sur toi et dans ton dos.

Je fais de mon mieux pour ne pas détourner les yeux, mais je crois qu’ils ont déviés un court instant, involontairement. Driss fronce les sourcils.

- C’est vrai en partie, je me fais appeler Sam dans le boulot. [...] C’est juste pour le boulot. Et pour la sélection à l’entrée de la boîte, c’est aps comme ça que ça se passe. On a des critères… On veut pas laisser enter trop de mecs seuls. Et puis, il y a la merde. Y a un tas de critères. C’est pas si simple. »

Rien n’est blanc, rien n’est noir. Rien n’est simple.

Pourtant on aurait pu se croire dans un monde manichéen : d’un coté la bande à Larbi de l’autre le club de karaté de Sam. Là où tout commence.

Le karaté, autre personnage du roman. Omniprésent, l’art du combat est apparemment aussi maîtrisé par l’auteur que par ses personnages. Les termes utilisés sont traduits, expliqués en finesse. Je devenue incollable sur les coups de pieds directs (mae geri), de coté (yoko geri) ou le fameux coup de pied circulaire cher à Popeye des Bronzés (mawashi geri). Bon, je reconnais, mes connaissances restent essentiellement théoriques…

 

L’écriture est efficace. Le lecteur se retrouve sans cesse au cœur de l’action, et il y en a beaucoup, grâce aussi à l’utilisation du présent comme temps de conjugaison. Impossible de deviner la suite des événements. Bon évidemment j’avais lu la fin avant, pour m’éviter les mauvaises surprises, désolée…

 

Un roman que je n’ai pu lâcher qu’à la dernière page, à regret.

 

 

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