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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 16:08

vNTPaulus 

Voici un roman édité chez Noires terres, éditeur Ardennais. Un autochtone donc. Je suis tombée dessus au salon du livre. J’ignorais alors que cet éditeur se diversifiait dans la littérature car il est plutôt orienté document du terroir. Un roman policier dont l’intrigue se situe sur nos vieilles terres ardennaises ne pouvait que me séduire.

Je n’avais pas lu avant de l’acheter la quatrième de couverture :

« Depuis un mois, la commune ardennaise de Chantecourt est le théâtre d’actes de malveillance. Lorsqu’un garçon de cinq ans décède dans l’incendie criminel d’une grange, le commissaire Paulus, surnommé  « le sanglier », prend l’affaire an mains. En compagnie de l’in de ses adjoints, l’inspecteur Bouchon, il se rend sur les lieux di drame où les deux policiers vont peu à peu découvrir des habitants à la vie écorchée. Pas de bonheur dans le village, ou très peu. Règne donc la méchanceté ? Rancoeurs, haines et jalousies rôdent partout comme des fantômes. Une descente aux Enfers dans ce que l’homme a de plus sombre.

Dans ce roman, Fabrice Paulus nous force à regarder au plus profond de nous-mêmes. Est-on capable d’amour ? Y aurait-il encore des guerres, de la misère, de la solitude, s’il existait ne serait-ce qu’un petit peu d’amour entre les hommes ? Chaque page nous rappelle à ce qui pourtant devrait être une évidence : sans les autres nous ne sommes rien. »

Le décor est planté. On sait déjà que l’atmosphère n’est pas à la rigolade.

Heureusement, ça se lit vite. 189 pages. C’est largement suffisant.

Je suis désolée de ne pas avoir adhérée à ce roman. Sincèrement. Mais le tableau dressé par l’auteur n’est pas à la gloire du département (impardonnable) : on navigue dans les eaux troubles des haines, jalousies dans une campagne austère où on vit replié sur soi. Beaucoup d’introspection dans ce récit lourd, étouffant. Le commissaire lui-même porte son fardeau et jette un regard sans complaisance sur ses concitoyens.

Dans les premières pages j’ai retrouvé l’atmosphère des Maigret. Un commissaire d’un âge avancé qui fume la pipe et boit de la bière, dans un paysage suranné. La comparaison s’arrête là. A force de vouloir imiter le maître Simenon, l’histoire s’embourbe, la psychologie des personnages est certes très fouillée mais l’enquête inexistante. D’ailleurs, l’auteur l’avoue, page 187 : « l’affaire s’est résolue d’elle-même ».

Bref, vous l’avez compris, je suis déçue. Je ne pense pas que je suivrai Paulus dans ses pérégrinations ultérieures, à moins que son regard ne s’adoucisse…

 

Complément : J’ai rencontré aujourd’hui, 12 juin 2011, l’auteur Fabrice Paulus. Et il m’a donné quelques éclaircissements concernant son roman.

Concernant la noirceur du récit : c’est normal, c’est un roman noir. Je ne connaissais pas vraiment ce genre, butinant plutôt le policier (le bon vieux polar) éventuellement le thriller, mais pas au-delà. Alors évidemment, il y avait peu de chance que le noir (c’est noir, il n’y a plus d’espoir) me séduise.

Concernant l’intrigue : effectivement le but n’est pas la résolution de l’enquête (ouf, ça au moins je l’avais vu) mais plutôt les profondeurs d’âmes.

A l’objection : mais pourquoi avoir pris votre nom pour en affubler votre commissaire ? Réponse simple et cohérente : « c’est mon nom et je trouvais ça rigolo, en plus le coté taciturne du commissaire Paulus correspond à mon caractère ». Bon, moi, j’ai rencontré un Fabrice Paulus charmant et pas renfermé pour un sou, mais il se connait forcément mieux que moi, d’autant que son épouse, charmante elle aussi, n’a pas démenti, donc…

A l’objection : franchement, vous vous êtes inspiré de Simenon… La réponse fût non. En fait, comme Maigret, Fabrice Paulus aime fumer la pipe, tranquillement installé à la chaleur de son foyer…

Alors que penser ?

Peut-être n’ai-je pas lu « la ferme isolée » au bon moment (et ça je peux affirmer que non, ce n’était pas du tout le bon moment pour moi d’aborder le roman noir en janvier 2010).

Cela me rappelle une autre anecdote : j’avais lu un livre d’un auteur dans le cadre d’une lecture commune. J’avais trouvé le roman absolument détestable, jurant, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendrait plus. Puis, j’avais rencontré l’auteur, pas personnellement, non, il était venu faire une lecture de quelques passages de ses autres œuvres. J’avais alors été éblouie par la finesse du texte, l’humour acerbe des mots et j’avais alors remisé mes promesses illusoires de ne plus le lire. Depuis, j’ai toujours un livre de Franz Bartelt à porté de main. Le Grand Bercail n’était pas le livre avec lequel il me fallait entrer dans son univers. Gageons qu’avec Fabrice Paulus il est sera de même…

 

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commentaires

Aileean 12/06/2011 19:21



Ah ben, ça c'est sûr que quand c'est pas le bon moment, on ne ressent pas un livre de la même façon.


M'enfin, Franz Bartelt, quand même.... ;-)
Concernant Paulus, le roman noir, ça m'intéresse un peu... je peux mettre une option dessus?



vhs 12/06/2011 19:33



Pas de soucis ma belle, je te l'ammène jeudi !



Aileean 12/01/2011 18:07


Dommage pour cet auteur de "terroir", mais bon, ne s'improvise pas auteurs de policiers qui veut...


A découvrir !

Visitez le site www.virginielauby.com

Cliquez sur les images pour en découvrir les premières pages... 

hantise

  lemouroir[1]

Edité chez Ex-Aequo , en format numérique aussi !


1ere-couverture-Nannig-copie-1.jpg

Réédité chez Chloé des Lys

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