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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 19:53

adieu à toledeIl fait bon vivre à Recas, petit village d’Espagne écrasé de soleil. Les volets s’ouvrent avec la fraîcheur de la nuit… Les hommes se retrouvent au café, après les pénibles travaux des champs, et regardent les jolies filles passer…

Antonia se l’est juré : elle épousera José, le plus bel homme de la province de Tolède ! Et ce n’est pas cette pimbêche de Marie-Luz qui va l’en empêcher ! Après tout, elle est une Maura, on ne peut rien lui refuser…

José ne l’a pas refusée, la tendre Antonia. Mais après dix ans d’un bonheur sans faille, la guerre civile éclate. L’Espagne est coupée en deux. Républicains et franquistes ne se font pas de cadeaux. Les amis d’hier sont devenus les ennemis d’aujourd’hui… à Recas comme ailleurs. José se bat pour la République.

Antonia se réfugie à Madrid puis à Barcelone.

Ces deux êtres dévorés par la passion, emportés par l’Histoire, résisteront-ils à la tourmente ?

 

J’avais depuis très longtemps ce livre dans ma PAL. Je connais l’auteur comme beaucoup à travers ses émissions de télé ou de radio. Je m’attendais donc à un certain style plutôt relevé, une histoire plutôt légère et ce malgré la quatrième de couverture qui de ce côté ne conduit pas le lecteur sur de fausse pistes, bref quelque chose qui soit dans la lignée de la représentation que je me faisais Christine Bravo.

Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux apparences…

J’ai trouvé ici, un roman profond. Une ode à ceux qui, chassés par la guerre civile à laquelle pourtant ils ont participés activement, ne peuvent penser à leur pays sans nostalgie ni regret. J’ai trouvé aussi une romancière talentueuse qui utilise des procédés littéraires intéressants (comme lorsqu’elle utilise une pirouette en faisant intervenir le récit d’un personnage pour se sortir de l’enchainement des batailles de l’Ebre, qui résume par : « Il y en a eu cinquante des batailles de l’Ebre ! [… ]il se passait toujours la même chose… comme en France en 14-18… il n’y avait que le climat qui changeait ») avec une mise en abîme de sa propre histoire (ce roman est librement inspiré de la vie de ses grands-parents) puisque la narratrice, romancière écrit la biographie de ses grands-parents et à travers elle l’histoire de la guerre civile d’Espagne ou comment l’Histoire n’est que le fruit de nos petites histoires. C’est le récit d’un basculement qui est ici rapporté car la vie des réfugiés en France après leur passage de la frontière n’est pas mentionnée.

Les personnages sont nombreux et on les suit sur plusieurs années, depuis l’époque sereine de leurs rencontres, de leurs amours, jusqu’au chaos et aux déchirements de leurs destins. Chacun est attachant et bien malin qui pourra dire qui sont les bons qui sont les méchants. Il voit comment les amis d’hier deviennent des ennemis pour une cause, comment leurs points de vue se modifient au fil des évènements. Seul le personnage de la Grand-Mère Antonia ne varie pas : son unique préoccupation est depuis le départ de séduire puis de garder le beau José et ce malgré leur différences sociales. Elle traversera le siècle avec cette seule obsession et, à l’automne de sa vie, elle reste aussi jalouse qu’au premier jour de leur rencontre, redoutant toujours sa rivale Maria-Luz. J’avoue que je n’ai pas trouvé le personnage d’Antonia des plus sympathiques et qu’il m’a énervé souvent (je me demande d’ailleurs quelle est sa part de réalité, l’auteur y règle-t-il un compte avec sa propre famille ou est-ce de la pure fiction ?).

Je ne connais que très mal cette période de l’histoire espagnole (bon d’accord, l’Histoire de l’Espagne dans son ensemble) mais ce roman m’a donné envie de m’y intéresser de plus près. Voilà qui me promet encore de longues heures de lectures !

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