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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 19:53

expo 58Expo 58, Jonathan COE, Gallimard, 326 pages, 22 euros

 

 

Londres 1858, Thomas Foley dispose d’une certaine ancienneté au ministère de l’Information quand on vient lui proposer de participer à un évènement historique, l’Exposition Universelle, qui doit se tenir cette année-là à Bruxelles. Il devra y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d’un pub, Le Britannia, censé incarner la culture de son pays. Le jeune Foley, alors qu’il vient de devenir père, est séduit par cette proposition exotique et Sylvia, son épouse, ne voit pas son départ d’un très bon œil. Elle fera toutefois bonne figure et la correspondance qu’ils échangeront viendra entrecouper le récit des nombreuses péripéties qui attendent notre héros au pays du roi Baudouin, où il est très vite rejoint par de savoureux personnages : Chersky, un journaliste russe qui pose des questions à la manière du KGB, Tony, le scientifique anglais responsable d’un machine, la ZETA, qui pourrait faire avancer la technologie du nucléaire, Anneke, enfin, l’hôtesse belge qui va devenir sa garde rapprochée…

Coe embarque le lecteur dans une histoire pleine de rebondissement, sans que jamais la tension ne retombe ou que le ridicule ne l’emporte. Sous la forme d’une parodie de roman d’espionnage, il médite sur le sens de nos existences et dresse le portrait d’un monde disparu, l’Angleterre des années 1950, une société tiraillée entre une certaine attirance pour la liberté que semble offrir la modernité et un attachement viscéral aux convenances et aux traditions en place.

 

 

Dès la sortie de ce roman, par sa couverture extrêmement attirante j’ai eu envie de le lire. Il faut dire que j’ai aussi une attirance particulière pour les expositions universelles, lieux et moments uniques (je regrette toujours de ne pas avoir été à celle de Séville en 1992). J’ai pourtant dû patienter un peu, juste de quoi faire monter d’un cran ma curiosité. Mais aujourd’hui me voilà rassasiée. Je l’ai lu. Enfin.

Oui, et ?

Et… Je suis mitigée. Pas déçue, non. Mais pas enthousiaste non plus.

Il y a sans conteste de grande qualité d’écriture (on est chez Gallimard, quand même) : une fluidité mais avec un petit soupçon d’humour en trop. De l’humour voyant, plaqué trop rapidement peut-être. Un humour qui voudrait alléger le propos et qui tombe à plat car trop prévisible. Trop prévisible aussi l’histoire qui bien que faite de plusieurs rebondissements ne surprend pas vraiment (le coup du voisin, ou du KGB…). Evidemment, la quatrième de couverture nous la présente comme une pseudo caricature de roman d’espionnage. C’est vrai qu’il en a les ingrédients (les personnages, le contexte historique…), mais il et manque un peu de sel.

Ça c’était pour le côté décevant. J’ai eu néanmoins beaucoup de plaisir à lire ce roman. L’auteur a su recréer cette atmosphère particulière d’après-guerre, où Est et Ouest rivalisaient d’ingéniosité pour se faire une guerre sans merci loin de la presse à coup d’espions et d’inventions variées. On plonge dans la société des années 50, faite de conventions et de non-dits mais aussi d’insouciance. Or c’est bien l’insouciance que recherche Thomas Foley dans ses quelques semaines passées loin de ses obligations de mari et de père. Une frivolité qui n’appartient qu’à la jeunesse et donc au passé. Le temps d’avant la guerre…

C’est un roman profond, mais que j’aurais préféré sans cette contrefaçon d’histoire d’espionnage, même si la lecture en reste plaisante. Un mélange des genres malheureux en quelque sorte. Dommage…

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Published by vhs
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commentaires

Page 86 24/07/2014 11:07


Le bouquin a l'air effectivement sympa, il ferait peut-être une bonne lecture de vacances même si tu as l'air un peu déçue.

vhs 24/07/2014 20:25



Je pense que j'avais trop d'attente du coup j'avais mis la barre trop haut sans doute. Cela reste un bouquin sympa, facile à lire.



A découvrir !

Visitez le site www.virginielauby.com

Cliquez sur les images pour en découvrir les premières pages... 

hantise

  lemouroir[1]

Edité chez Ex-Aequo , en format numérique aussi !


1ere-couverture-Nannig-copie-1.jpg

Réédité chez Chloé des Lys

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