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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 18:36

    99 francsQuatrième de couverture : En ce temps-là, on mettait des photographies géantes de produits sur les murs, les arrêts d'autobus, les maisons, le sol, les taxis, les camions, la façade des immeubles en cours de ravalement, les meubles, les ascenseurs, les distributeurs de billets, dans toutes les rues et même à la campagne. La vie était envahie par des soutiens-gorge, des surgelés, des shampoings antipelliculaires et des rasoirs triple-lame. L'œil humain n'avait jamais été autant sollicité de toute son histoire : on avait calculé qu'entre la naissance et l'âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350000 publicités. Même à l'orée des forêts, au bout des petits villages, en bas des vallées isolées et au sommet des montagnes blanches, sur les cabines de téléphériques, on devait affronter des logos "Castorama", "Bricodécor", "Champion Midas" et "la Halle aux Vêtements". Il avait fallu deux mille ans pour en arriver là.

C’est Andras Fenris qui m’a prêté ce livre de Beigbéder en février. Je voulais découvrir l’univers de cet auteur si controversé, mais je ne m’étais pas encore résolue à investir.

Je m’attendais peu ou prou au début du roman : une écriture incisive décrivant l’univers de la publicité et à travers lui, le monde dans lequel nous vivons avec un rare cynisme. Le personnage principal (l’auteur lui-même ?) est créatif dans une agence de pub renommée. Il a un comparse aussi déjanté que lui, une femme qui vient de le quitter, un boss qui se tape sa femme, une régulière prostituée de son état mais néanmoins pourvue d’un grand avenir et un regard sans aucune compassion pour ses collègues.

C’est grinçant, choquant, mais surtout dérangeant. C’est avec nos petites manies de consommateurs lambda, si prévisibles, si manipulés, au fond, que Beigbéder tisse son roman. Il y dénonce notre société de consommation, mais aussi ce milieu très bling-bling (même si ce mot n’a été à la mode que plusieurs années plus tard) où l’argent coule à flot et où les réalités du quotidien sont pour ainsi dire absentes. Une histoire sur laquelle on s’arrête pour réfléchir quelques instants en se disant « mais c’est vrai ce qu’il raconte là ! » sans pour autant réussir quitter le jeu, se remettre en question sans pour autant changer…

Malheureusement, le livre ne tient pas la longueur. Les deux trois derniers chapitres sont de trop. L’histoire aurait pu avoir une valeur symbolique, mais cette fin sans saveur, qui n’apporte rien, qui aurait pu se vouloir poétique mais qui finalement tombe à plat gâche un peu ce roman pourtant bien épicé. Je ne peux m’empêcher de me demander si se sabordage n’était pas voulu ? Une fin décevante pour une œuvre flamboyante comme pour notre société finalement à bout de course elle aussi ?

Dommage.

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