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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 21:49

 

Amours, Léonor de Récondo, Sabine Wespieser Editeur, 276 pages, 21 euros.

 

 

Quatrième de couverture

Nous sommes en 1908, Léonor de Récondo choisit  le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination  se montre pourtant sa faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.

Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches. Céleste, mue par un son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas al conduisent vers la chambre sous les combes…

Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.

 

 

J’avais entendu parler de ce roman à la radio, mais je ne me doutais pas qu’il aurait un tel impact sur moi. L’écriture captivante de l’auteur happe le lecteur pour l’entraîner dans les alcôves d’une maison bourgeoise au début du siècle dernier. Guindée dans ses principes cette société provinciale s’ennuie. Rien d’étonnant donc à ce que monsieur le notaire aille taquiner en cachette la jeune et naïve soubrette de 17 ans pendant que son épouse s’essaye à devenir une dame de son rang. Dans cette bourgeoisie de la triste province, l’épouse du meilleur ami de Monsieur, une cocotte parisienne, devient un modèle pour Victoire qui commence à étouffer dans son rôle de mère bien peu convaincant. Tentant d’échapper à leur condition, l’espace d’un voyage à la capitale, les deux jeunes femmes s’offrent une parenthèse enchantée.

Court mais dense, ce roman est une tragédie. Les personnages sont enfermés dans leurs rôles et ne peuvent échapper au destin de leur caste. Leurs patronymes eux même reflètent leur nature profonde. Leur histoire s’inscrit dans celle de leur famille mais aussi dans un sens plus large à la société de la Belle Epoque (mais belle pour qui ?). Sous les secrets de familles, les destinées se répètent. Fatalement.

 

Bref, un roman émouvant (j’y suis même allée de ma petite larme) dont je ne peux que recommander la lecture.

 

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