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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 17:34
Dans le monde impitoyable des prépa....

Un hiver à Paris, Jean-Philippe Blondel, Buchet Chastel, 268 pages, 15 euros

 

Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour y faire ses années de classe préparatoire. Il y découvre une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable…

Confusion des sentiments, attirance pour la mort et pour la vie, succès gagné sur un malentendu, amertume et plaisir… On retrouve dans un Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel.

Ce roman nous plonge dans le quotidien des élèves de prépa des années soixante-dix (je ne suis pas certaine que les choses aient beaucoup changées). Le narrateur saisit l’occasion qui lui est donnée par la réception d’une lettre pour revenir sur ses années difficiles. Il décrit avec justesse ce milieu particulier des sections hypokhâgneuses et khâgneuses. La compétition y est rude et la solitude constante. Le narrateur rappelle sa première année, ses doutes, son isolement mais aussi sa force qu’il puisait dans la certitude d’avoir fait le bon choix. On est presque aussi surpris que lui par son admission en seconde année. Et puis, c’est le drame. L’unique personne avec laquelle il a une pseudo vie sociale se jette par la fenêtre faisant éclater ses certitudes sur le macadam de la cour.

C’est un roman incroyablement fort et touchant. L’auteur décrit le tournant d’une vie à travers la lente déliquescence des espoirs du jeune étudiant et ses décisions qui vont faire de lui un homme libre de ses choix. C’est un récit initiatique où le narrateur jeune homme trouve un guide, non pas en la personne d’un de ses professeurs (qui sont assez détestables il est vrai) mais du père de celui qui a peut-être (car finalement qu’en sait-on ?) failli devenir son ami. C’est le récit d’un fils qui ne se reconnait pas dans sa famille et qui a cette impression d’avoir un destin différent des autres de son entourage, en cela corroboré par ses voisins d’études si éloignés, semblent-ils de son univers. Mais qui n’a pas connu ce sentiment pendant, parfois, un court instant durant son adolescence ? Cette impression fugace ou tenace de ne pas être à sa place, ne pas être né là où on aurait dû… C’est peut-être pour cela que ce roman fonctionne : nul besoin d’être passé par les grandes écoles pour ressentir la profondeur des sentiments de solitude et d’isolement si symptomatiques de l’entrée dans la vie d’adulte.

Ecrit par le même auteur du 6h41, on retrouve ici aussi la richesse de vocabulaire, la syntaxe appliquée (le narrateur est quand même à Khâgne). Présenté comme un récit autobiographique, je me demande quelle y est la part de fiction et celle de la réalité. Je pense que je ne manquerai pas de poser la question à l’auteur dès que possible. Peut-être sur un prochain salon… ?

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