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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 21:23

Le cycle de Cybione : Cybione ; Polytan ; Keelsom, Jahnaïc ; L’œil du Spad, Yal Ayerdhal, Le diable Vauvert, 762 pages, 25 euros (seulement)

 

Elle s’appelle Elyia et elle est parfaite, éternellement jeune. Elle est le dernier recours de son employeur, l’assureur Ender qui protège les constitutions de mille mondes, pour les missions suicide : elle renait après chaque mort, identique mais privée d’une partie de sa mémoire. C’est un être unique et une arme de guerre, une cybione qui déjoue les machinations politiques interstellaires, mais qui sans cesse doit choisir entre son asservissement programmé et son goût pour la liberté.

 

Renouant avec mes premières amours j’ai profité de la réédition en un seul volume de quatre romans de Yal Ayerdhal pour découvrir Elyia la Cybione. J’avais déjà lu avec délectation Rainbow Warrior il y a quelques mois aussi j’ai retrouvé avec plaisir le style direct de l’auteur.

Cybione met en place les personnages à travers un polar extraterrestre où se mêlent politique et espionnage. Dans la préface Ayerdhal informe ses aimables lecteurs que Cybione était un canular écrit en 1992. Voulant répondre à une commande de son instructeur, comme il dit, Cybione est née pour mettre en œuvre les 3S : sang, sexe et sueur. Tel est pris qui croyait prendre, Cybione plait. Je n’ai pas trouvé pour ma part que la belle Elya ressemble à un personnage de OSS117, son histoire est beaucoup plus intéressante, sa personnalité plus attachante… Et on est vraiment très loin des scènes habituelles du genre, même si dans ce premier opus l’accent a été mis, effectivement, sur quelques descriptions sanguinolentes.

On entre très facilement dans l’univers de la Cybione. Aussi extraterrestres soient-ils les mondes parcourus par Elyia sont assez semblables au notre. Les personnages ne sont pas physiquement très éloignés de nous, d’ailleurs les descriptions de « monstres » sont peu nombreuses et on oublie très vite les apparences pour les caractères. Les « inventions » sont faciles à comprendre (un holo ou un id-proc parlent d’eux même, ou presque, d’autres ont besoin d’un contexte comme l’agrave – non ce n’est pas un fruit), certaines sont presque classiques (j’ai retrouvé des tridis dans des Pratchett).

Le cycle de Cybione déroule en 4 volumes les aventures de la belle Elyia qui sitôt sa mission achevée se voit tuée par un « spad », sorte de chasseur dont elle est l’unique proie. Elle renaît sans souvenir de sa précédente aventure dans la cuve Pheonix. Dans Polytan, on la retrouve ainsi dans une aventure totalement nouvelle. Second tome qui n’est pas vraiment la suite du premier : une planète, Cinq-Tanat, est au bord de la guerre civile. Ce qui évidemment est un problème pour l’assureur de Constitution qu’est Ender, le patron d’Elyia. Elle est donc dépêchée sur place pour ramener tout ce petit monde dans le droit giron de la « démocratie made in Ender » et faire oublier cette utopie dictatoriale du Polytan. Quelque chose me rappelle étrangement les mirages du communisme dans cette histoire…

Dans Keelsom, Jahnaïc, ce sont les moiteurs caribéennes qui semblent planer au-dessus des groupuscules révolutionnaires. Et « l’œil du spad » qui termine cette tétralogie rebondit sur l’aventure précédente en y mêlant un personnage du premier tome, donnant une unité au recueil.

Les 762 pages sont passées à une vitesse folle (lu d’une traite, et heureusement que j’étais en congés, j’aurais eu du mal à le poser toute une journée pour aller au boulot !) je n’ai eu qu’un regret : lire le point final.

Il y aurait tant à dire sur ces romans (je ne vous ai même pas parlé de la qualité de l’écriture)… mais le plus simple est encore de se laisser porter par les mots vers ces horizons lointains…

 

 

Je profite de ce billet pour souhaiter de tout cœur un bon rétablissement à l’auteur qui se bat courageusement contre un crabe qui n’a rien de sympathique. Je regrette qu’il n’existe pas de cuve Pheonix pour l’y plonger… A bientôt Yal !

 

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 20:42

Les amateurs, Chantal Charrier, Editions La Fontaine, Théâtre, 86 pages 10 euros

 

Ils ont joué dans les granges, réfectoires, salles des fêtes, boulodromes… théâtre aussi.

Ils ont consacrés leurs soirées, leurs week-ends à répéter.

Ils ont participé à des festivals, ils ont confronté leurs doutes et leurs joies.

La pratique du théâtre amateur est une passion envahissante, mais toutes les passions ne le sont-elles pas ?

La venue de l’auteur dans la troupe, imaginée par Chantal Charrier, révèle la personnalité de chacun à la faveur de questions pertinentes, drôles, touchantes.

Une comédie dans la comédie.

 

Cette pièce de théâtre est arrivée par hasard et ma fille sur ma table de salle à manger et entre mes mains hier soir. Lue en deux heures. C’est assez rare chez moi pour être souligné. Habituellement je suis moins goulue, j’aime prendre mon temps, retrouver les personnages plusieurs soirs de suite, m’attarder sur leurs problèmes, leurs histoires, leurs vies… Mais il est vrai que la narration au théâtre n’obéit pas à la même temporalité. Même si on est de nos jours bien loin des trois unités classiques, cette pièce y répond parfaitement : tout se passe sur une soirée, on est en temps réel ; une seule action, l’attente de l’auteur dans un unique décor : la terrasse de la maison d’Irène.

Pièce en huit scènes à cinq personnages plus déjantés les uns que les autres. Cela se lit vite, surtout qu’il y a peu de monologue. On est dans une atmosphère conviviale où les conversations s’enchaînent à bâtons rompus, donnant à la pièce un rythme soutenu. Cela donne une impression de désordre et de vivacité qui correspond assez bien aux personnages tous plus cinglés les uns que les autres. Les dérapages incongrus introduisent des doses d’absurde dans cet univers déjà un peu secoué (comme Irène et ses rêves prémonitoires et Charlotte hypersensible qui piou-pioute à tout va qui se retrouvent toutes deux attachées à un épouvantail…). Des dialogues qui ne mènent nul part, des situations étonnantes (mais apparemment dans cet univers, se retrouver attaché à un épouvantail par ses amis, ne semble pas être source de ressentiment, un acte normal somme toute…) et une question qui reste en suspens…

Reste à voir en réel ce que cela donnerait sur scène, dans une grange ou sur un boulodrome…  Avis aux amis metteurs en scène !

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 16:55

La perle de l’empereur, Robert Van Gulik, 10/18 grands détectives, 184 pages

 

Faute de résumé en quatrième de couverture c’est en me référant à ma découverte des aventures du juge Ti à travers le récit d’Eric Lenormand, l’année dernière que j’ai lu cet opus de Van Gulik.

Le juge Ti est en poste dans le district de Pou-Yang. Une grande fête, dite des bateaux dragons se prépare. Mais à l’occasion de la course navale, point phare de cette fête traditionnelle, un timbalier d’une embarcation concurrente trouve la mort. Le contrôleur des décès conclue à un empoisonnement. Voilà en résumé les 21 premières pages. Une première affaire est posée. Dans le même temps, le juge Ti qui faisait une partie de dominos avec ses épouses, s’aperçoit de la disparition du double blanc, domino qui lui manque pour gagner la partie. Seconde affaire : le domino disparu. Suite à cela le juge Ti part incognito dans la ville pour son enquête. Il rencontre une jeune femme seule qui doit se rendre dans une propriété abandonnée à l’écart des habitations. Elle lui demande de lui servir de garde du corps pour effectuer le chemin, peu sûr à cette heure tardive. Le juge Ti sans dévoiler son identité accepte et laisse la jeune inconnue entrer seule dans la demeure délabrée. Mais quelques instants plus tard, la jeune femme est poignardée à mort presque sous les yeux du juge. Troisième affaire.

J’ajouterai que le début du roman commence par un court chapitre énigmatique décrivant un homme qui visiblement souffre de problème du comportement et qui entretient une relation des plus curieuses avec la Déesse du Fleuve, divinité plutôt maléfique.

Voilà en quelques mots le théâtre des opérations. Evidemment toutes ces intrigues se rejoignent pour former un roman à suspens plutôt intéressant.

Comme dans les romans de Lenormand, chaque chapitre possède un titre assez long qui le résume (mais souvent il faut avoir lu le chapitre pour donner un sens à ce texte). C’est un roman dépaysant géographiquement et historiquement dont l’intrigue bien menée laisse le suspens intact jusqu’à la fin.

Dévoré en quelques heures (il est vrai que j’étais en vacances) je reprendrai certainement du juge Ti dans l’avenir. 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 13:11

Il est de retour, Timur Vermes, Belfond, 393 pages, 19.33 euros

Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Il n’est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ?

Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et sa remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une.

La machine médiatique s’emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise…

Hitler est ravi, qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste à porter l’estocade qui lui permettra d’achever enfin ce qu’il avait commencé…

 

J’avais été tentée par ce roman car une bibliothécaire malicieuse avait apposé sur la couverture un post-it avec « emmenez-moi en vacances ». L’idée m’a séduite. La quatrième de couverture aussi.

Ce que je ne savais pas alors, c’est que la quatrième résumait totalement l’histoire. Pendant la lecture je suis restée dans l’attente d’un rebondissement. En vain.

Malgré cette petite déception, le roman reste intéressant. L’audace de son auteur d’abord : il était risqué de travailler sur ce thème, d’autant plus en se mettant à la place même du dictateur. Tout le récit est écrit à la première personne du singulier donnant une vision peu objective et cynique de la société allemande et du monde actuel. Mais c’est ce qui participe aussi à la qualité de ce roman. Les allusions permanentes aux acteurs du IIIème Reich démontrent les solides connaissances de l’auteur sur cette période historique. Connaissances qui peuvent manquer au lecteur mais grâce à un glossaire en fin de livre le néophyte peut suivre facilement le récit sans se perdre.

Et l’histoire alors ?

C’est le récit de ce qu’aurait pu être l’ascension aujourd’hui de celui qui mit à feu et à sang l’Europe dans le milieu du siècle passé. C’est la description glaçante de l’utilisation des moyens médiatiques au service d’une cause ouvertement déclarée, à laquelle on feint de ne pas croire. C’est l’analyse d’une société manipulable où un fantoche ridicule peut être porté au sommet du pouvoir par des spectateurs avides de sensationnel et d’horreur… C’est surtout très réaliste et horriblement cohérent.

Bref, pas du tout un livre de vacances, mais une bonne idée de livre de rentrée !

A mettre entre toutes les mains pour qu’aucun autre ne vienne prendre sa place…

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 13:02

L’homme qui ment, Marc Lavoine, Fayard, 17 euros, 190 pages

 

Communiste et charmeur, cégétiste et volage : tel était Lulu, mon père. Menteur aussi, un peu, beaucoup, passionnément, pour couvrir ses frasques, mais aussi pour rendre la vie plus belle et inattendue.

Lulu avait toujours une grève à organiser ou des affiches à placarder. La nuit venue, il nous embrigadait, ma mère, mon frère et moi, et nous l’aurions suivi au bout du monde en trimballant nos seaux de colle et nos pinceaux. Il nous faisait partager ses rêves, nous étions unis, nous étions heureux.

Evidemment, un jour, les lendemains qui chantent sont réduits à l’achat d’une nouvelle voiture, et Che Guevarra a fin imprimé sur un tee-shirt.

Le clan allait-il survivre à l’érosion de son idéal et aux aventures amoureuses que Lulu avait de plus en plus de mal à cacher ?  Collègues, voisines, amie ; brunes, blondes, rousses : ses goûts étaient éclectiques. Lulu était très ouvert d’esprit.

Sans nous en rendre compte, nous avions dansé sur un volcan. L’éruption était inévitable. 

Cri d’amour pour un père disparu, voilà ce qu’est ce récit, car il ne s’agit ni d’un roman, ni d’une autobiographie. Au fil des pages, l’auteur égraine des morceaux de vie qui éclairent progressivement les différentes facettes de sa famille. Des parents qui s’aiment malgré un père particulièrement volage. Ses incartades s’apparentent presque à une pathologie : il est dans l’incapacité de résister à un jupon qui passe d’autant plus qu’on est en plein dans l’époque reine de la mini-jupe ! Pourtant Lulu est attachant. Il n’a rien d’un pervers. Il faut dire qu’il est décrit à travers le prisme de l’amour filial. De l’amour il y en a dans cette famille. Ça transpire à chaque page. C’est ce qui la sauve en quelque sorte, même quand tout vole en éclat…

C’est le récit d’un fils qui fait revivre son père disparu le temps de quelques pages. La mort est présente. Le texte organisé en chapitres très courts, ramassés, s’articule autour du décès de ce père atypique. Il commence et se termine dans le cimetière de Wissous, une structure cyclique qui donne l’effet d’une tombe qu’on referme, une parenthèse qui se clôt.

 

L’éditeur a salué la naissance d’un écrivain. Je n’irai pas jusque-là. Même si Marc Lavoine a incontestablement un style, mais son écriture sur une histoire très intime vient de ses tripes. Qui sait ce qu’il donnerait sur un autre sujet, plus distancié de sa propre histoire ? Ça, l’avenir nous le dira… ou pas. 

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 20:18

Micro, Michael Crichton et Richard Preston, Pocket,

532 pages,

 

Vin Drake, puissant directeur de la société high-tech Nanigen, fabricante de robots miniaturisés, attire à Hawaï sept brillants étudiants venus de Harvard. Mais il leur a caché la véritable raison pour laquelle il a besoin d’eux, et la rencontre tourne vite à l’affrontement.

Miniaturisés, abandonnés dans une forêt tropicale où le moindre insecte représente un danger mortel, les étudiants n’ont pour se défendre que leurs connaissances de biologistes.

Commence alors une folle lutte pour survivre à une nature aussi cruelle que fascinante et à un Vin Drake prêt à tout pour se débarrasser de témoins gênants…

 

Dernier roman de Michael Crichton, et pour cause, il est mort avant d’avoir fini de l’écrire. Richard Preston, fervent admirateur de l’auteur défunt (ce n’est pas moi qui le dit, c’est écrit à la première page) en achève l’écriture. Malheureusement cela se sent. Non pas que l’on change fondamentalement de style, mais il m’a semblé que le début est un peu plus brouillon, avec des répétitions, des approximations… J’ai eu l’impression d’un premier jet de roman, non relu. Peut-être que Preston n’a pas voulu reprendre le texte initial, en hommage à l’auteur révéré, peut-être pas… toujours est-il que la suite est plus cohérente que les premiers chapitres.

Ceci dit à part ce léger décalage de départ, l’histoire démarre sur les chapeaux de roues : des morts étranges, dont l’explication ne vient qu’à la fin, des étudiants jeunes et talentueux, promis à un bel avenir qu’on doute calme et radieux (sinon y aurait-il une histoire ?) et un intrigant staff d’une entreprise de haute technologie spécialisée dans les robots miniatures sont les premiers ingrédients. Ajoutez-y un dépaysement sous les vents chauds d’Hawaï et vous avez la recette d’un bestseller.

Classique dans son architecture : des gentils (les étudiants évidemment, quoique…) sont poursuivis par des méchants (surtout un), ils rencontrent en cours de route des monstres sanguinaires (ce qui provoque quelques dommages collatéraux)… Tout est bien qui finit bien (enfin pas pour tout le monde) parce que, quand même, on est dans un roman d’aventure américain.

Voilà de quoi se divertir le temps d’un été sur une plage surbondée…

 

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 21:36

Nous ne sommes pas nous-mêmes, Matthew Thomas, Belfond, 785 pages, 23 euros.

 

Une révélation littéraire comme on en voit rarement. Epique, tendre, cruelle, traversant toute la seconde moitié du XXe siècle, une œuvre bouleversante qui, à travers le désir d’ascension d’une femme, interroge l’American Dream et rappelle les plus belles heures du grand roman américain.

De son enfance dans un minuscule appartement du Quenns d’après-guerre, fille unique d’un père camionneur idole du quartier, et d’une mère qui noyait sa mélancolie à grands coups de scotch, Eileen Tumulty a tiré un principe : toujours viser plus haut, ne jamais renoncer à sortir de sa condition.

Faire des études, décrocher un diplôme d’infirmière : Eileen s’accroche, s’endurcit. Tomber amoureuse, épouser Ed : Eileen s’envole, elle a de l’ambition pour deux. Donner naissance à un fils, trouver la maison de ses rêves, former une vraie famille : Eileen veut encore plus, encore mieux.

Et pourtant..

Les rêves ne sont-ils jamais que des rêves.

Sentir la menace, redouter le pire, se révéler dans l’épreuve.

Et puis choisir de continuer à vivre, malgré tout.

 

 

L’histoire d’Eileen Tumulty qui n’a de tumultueux que son nom, commence en 1951 à l’âge de neuf ans. En admiration devant son père elle rêve de construire une vie conforme à l’American Dream de l’époque : une maison, un mari et une opulence financière suffisante.

Jusque-là rien de très innovant. La quatrième de couverture promettait une histoire « épique »… Je rappelle la définition du mot épique : « Mémorable par son caractère mouvementé, extraordinaire, grandiose ».  Je n’ai vu ni action mouvementée, encore moins extraordinaire ou grandiose dans ce récit narrant la vie d’une famille moyenne dans la seconde partie du vingtième siècle.

Eileen rêvait donc d’une vie réussie : un mari qui gagnerait bien sa vie dans une belle maison. Elle épouse par amour Ed, jeune étudiant promis à un bel avenir mais qui préfère consacrer sa vie à enseigner dans une obscure université où il se sent utile aux étudiants que d’être grassement payé par un grand laboratoire de recherche. Quand, enfin, elle acquiert sa maison, il lui faut la partager avec ses anciens propriétaires qui deviennent ses locataires dans un quartier qui se paupérise au fil du temps. Et cerise sur le gâteau, Ed développe un Alzheimer précoce qui le contraint à quitter son emploi, remettant une fois encore en cause les beaux projets d’Eileen qui ne peut pas compter sur son fils, sommes toute assez médiocre, pour la seconder. Une lente et longue descente aux enfers commence…

C’est un roman sur les rêves avortés, mais aussi sur une société qui évolue sur cinquante ans… Mais c’est long. Trop long. Et si peu optimiste. Mais il faut avouer qu’il y a une grande qualité littéraire dans ce livre malheureusement cela n’a pas suffi à me faire oublier cet ennui que j’ai ressenti au fil des pages. Et pourtant, je ne pense pas que je vais l’oublier de sitôt. 

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 21:49

 

Amours, Léonor de Récondo, Sabine Wespieser Editeur, 276 pages, 21 euros.

 

 

Quatrième de couverture

Nous sommes en 1908, Léonor de Récondo choisit  le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination  se montre pourtant sa faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.

Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches. Céleste, mue par un son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas al conduisent vers la chambre sous les combes…

Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.

 

 

J’avais entendu parler de ce roman à la radio, mais je ne me doutais pas qu’il aurait un tel impact sur moi. L’écriture captivante de l’auteur happe le lecteur pour l’entraîner dans les alcôves d’une maison bourgeoise au début du siècle dernier. Guindée dans ses principes cette société provinciale s’ennuie. Rien d’étonnant donc à ce que monsieur le notaire aille taquiner en cachette la jeune et naïve soubrette de 17 ans pendant que son épouse s’essaye à devenir une dame de son rang. Dans cette bourgeoisie de la triste province, l’épouse du meilleur ami de Monsieur, une cocotte parisienne, devient un modèle pour Victoire qui commence à étouffer dans son rôle de mère bien peu convaincant. Tentant d’échapper à leur condition, l’espace d’un voyage à la capitale, les deux jeunes femmes s’offrent une parenthèse enchantée.

Court mais dense, ce roman est une tragédie. Les personnages sont enfermés dans leurs rôles et ne peuvent échapper au destin de leur caste. Leurs patronymes eux même reflètent leur nature profonde. Leur histoire s’inscrit dans celle de leur famille mais aussi dans un sens plus large à la société de la Belle Epoque (mais belle pour qui ?). Sous les secrets de familles, les destinées se répètent. Fatalement.

 

Bref, un roman émouvant (j’y suis même allée de ma petite larme) dont je ne peux que recommander la lecture.

 

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 18:49

  

 

 

Carnaval, Ray Celestin, Cherche midi, 492 pages  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cœur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la bille. Et pourtant…

Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarots, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

 

 

Avec Carnaval on effectue une plongée en apnée dans les profondeurs de la Nouvelle-Orléans des années folles. La lointaine première Guerre Mondiale a laissée quelques traces vite effacées par un quotidien violent. Entre la mafia qui s’infiltre jusque dans les rangs de la police, le vaudou qui rôde dans les marécages environnants et la ségrégation raciale omniprésente, il y a de quoi être inquiet, alors quand de tranquilles commerçants commencent à perdre la tête à coup de hache, La Nouvelle-Orléans tremble.

A l’origine de ce roman, une véritable série de meurtres jamais élucidés. L’auteur donne ici sa vision romanesque, sans affirmer de vérité. Un possible parmi d’autres.

Trois enquêteurs, un policier, un ancien policier mafieux et une jeune apprenti détective, vont chercher à démasquer le tueur. Trois enquêtes différentes qui mènent à la solution.

Mais au-delà de la simple intrigue policière, ce sont aussi trois mondes bien différents que nous fait explorer l’auteur : la communauté noire du Sud, aux prises avec une ségrégation encore plus ou moins acceptée, entre misère et musique, vaudou et guérisseur, où Noirs et Blancs se mélangent en secret. La mafia et ses origines, des familles issues d’une même région en Italie, qui ont mis en place une organisation criminelle dans ce nouveau monde où tout est possible. Enfin, garant, normalement, de l’ordre, à la frontière du bien et du mal, glissant dans l’un ou l’autre au rythme des faux pas, la police de la ville, gangrénée par la mafia mais d’où émerge un homme particulièrement attachant et intègre.

L’auteur a su restituer l’ambiance de ces années folles entre la guerre et la prohibition, où tout, ou presque, était permis, avec en fond la musique noire, le jazz et ses trompettes fabuleuses, et un clin d’œil au grand Louis Armstrong !

J’ai aimé me retrouver aux confins de ce monde aux multiples facettes, entraînée tantôt par l’un puis par l’autre enquêteur, suivre des pistes qui a priori ne partent pas dans la même direction. J’ai aimé aussi l’audace de l’auteur à reprendre ce fait divers du début du siècle dernier pour en faire un roman haletant et profond, jouant avec les couleurs et les sentiments (ne vous fiez pas à la blancheur des corps, c’est souvent là que se retrouvent les âmes les plus sombres, et « vice »et versa). Et surtout j’ai beaucoup apprécié la fin du roman : le dénouement est parfaitement plausible et les personnages évoluent comme je l’espérais. En résumé : un bon moment de lecture.

 

Ce roman a été lu dans le cadre du club des Explorateurs.

Je remercie le site Lecteurs.com pour m’avoir fait découvrir ce roman. 

 

 

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 17:34
Dans le monde impitoyable des prépa....

Un hiver à Paris, Jean-Philippe Blondel, Buchet Chastel, 268 pages, 15 euros

 

Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour y faire ses années de classe préparatoire. Il y découvre une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable…

Confusion des sentiments, attirance pour la mort et pour la vie, succès gagné sur un malentendu, amertume et plaisir… On retrouve dans un Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel.

Ce roman nous plonge dans le quotidien des élèves de prépa des années soixante-dix (je ne suis pas certaine que les choses aient beaucoup changées). Le narrateur saisit l’occasion qui lui est donnée par la réception d’une lettre pour revenir sur ses années difficiles. Il décrit avec justesse ce milieu particulier des sections hypokhâgneuses et khâgneuses. La compétition y est rude et la solitude constante. Le narrateur rappelle sa première année, ses doutes, son isolement mais aussi sa force qu’il puisait dans la certitude d’avoir fait le bon choix. On est presque aussi surpris que lui par son admission en seconde année. Et puis, c’est le drame. L’unique personne avec laquelle il a une pseudo vie sociale se jette par la fenêtre faisant éclater ses certitudes sur le macadam de la cour.

C’est un roman incroyablement fort et touchant. L’auteur décrit le tournant d’une vie à travers la lente déliquescence des espoirs du jeune étudiant et ses décisions qui vont faire de lui un homme libre de ses choix. C’est un récit initiatique où le narrateur jeune homme trouve un guide, non pas en la personne d’un de ses professeurs (qui sont assez détestables il est vrai) mais du père de celui qui a peut-être (car finalement qu’en sait-on ?) failli devenir son ami. C’est le récit d’un fils qui ne se reconnait pas dans sa famille et qui a cette impression d’avoir un destin différent des autres de son entourage, en cela corroboré par ses voisins d’études si éloignés, semblent-ils de son univers. Mais qui n’a pas connu ce sentiment pendant, parfois, un court instant durant son adolescence ? Cette impression fugace ou tenace de ne pas être à sa place, ne pas être né là où on aurait dû… C’est peut-être pour cela que ce roman fonctionne : nul besoin d’être passé par les grandes écoles pour ressentir la profondeur des sentiments de solitude et d’isolement si symptomatiques de l’entrée dans la vie d’adulte.

Ecrit par le même auteur du 6h41, on retrouve ici aussi la richesse de vocabulaire, la syntaxe appliquée (le narrateur est quand même à Khâgne). Présenté comme un récit autobiographique, je me demande quelle y est la part de fiction et celle de la réalité. Je pense que je ne manquerai pas de poser la question à l’auteur dès que possible. Peut-être sur un prochain salon… ?

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 23:20
L'embuscade n'est pas forcément là où la croit...

La violence en embuscade, Dror Mishani, Policiers Seuil, 306 pages, 21 euros

Quatrième de couv' :

Encore traumatisé par son affaire précédente (une disparition inquiétante), Avraham Avraham enquête sur la présence d’une valise contenant une fausse bombe près d’une crèche de Holon, banlieue de Tel-Aviv.

Un suspect est vite appréhendé, mais il a un alibi en béton. Avraham repère alors Haïm, modeste traiteur qui livre chaque matin ses sandwichs faits maison avant d’accompagner ses fils, le cadet à la crèche, l’aîné à l’école. Haïm a eu une altercation avec la directrice de la crèche, et son comportement est bizarre. Pourquoi s’occupe-t-il seul de ses enfants ? où est donc passée son épouse philippine ? En visite chez les siens, comme il le prétend ?

Au moment où l’on craint qu’Avraham se trompe de nouveau, le policier, cramponné à son intuition contre l’avis de sa hiérarchie, va faire preuve d’audace pour démêler une intrigue tout en fausses pistes, dans une atmosphère crispée et déroutante ?

Confirmation de la singularité de Dror Mishani dans le paysage polar, et de l’épaisseur psychologique de son personnage, Avraham Avraham : la subtilité du récit se double d’une diabolique manipulation du lecteur.

Venant de lire deux romans très réussis juste avant, j’avoue avoir été un tantinet déçue par celui-ci. J’ai tardé à faire mon billet, espérant que le temps saurait dépoussiérer mon avis et le rendre plus étincelant, mais ce n’est pas le cas.

J’ai trouvé ici un roman policier avec une intrigue assez plate, sans rebondissement, où l’action n’est franchement pas au centre du récit. L’auteur a mis l’accent sur la psychologie des personnages. Soit. Mais pour un polar, cela manque de sel. Très rapidement on sait ce que cache le principal suspect et finalement la seule question en suspens est de savoir si Avraham va réussir à le coincer ou pas. Les intrigues secondaires (sa relation avec son supérieur par exemple) n’apportent rien de plus au récit, tout juste un éclairage un peu différent sur le personnage.

Pour information, ce roman fait suite à un précédent ouvrage, policier également. On retrouve d’ailleurs beaucoup de références à l’enquête précédente (une sombre histoire d’infanticide à coté de laquelle Avraham est passé). Peut-être que ce roman est la pièce centrale d’une trilogie inachevée. Il en a les ingrédients mais la recette est encore un peu fade. Affaire à suivre, au cas où…

 

Ce roman a été lu dans le cadre des explorateurs du polar.

Je remercie le site Lecteurs.com pour m’avoir fait découvrir ce roman.

 

 

 

Ce roman a été lu dans le cadre des explorateurs du polar.

Je remercie le site lecteurs.com pour m’avoir fait découvrir ce roman. 

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 00:26
Révélée, pour aller plus loin que les apparences...

Révélée, Renee Knight, Fleuve noir, 349 pages

Le livre a simplement été déposé dans sa boîte aux lettres. Sans cachet de la poste, sans aucun message.

Depuis qu’elle l’a commencé, Catherine ne dort plus. C’est sa vie qu’elle lit révélée sur le papier par un inconnu. Un certain E.J. Preston qui sait tout d’elle. Même son secret le mieux enfoui…

Voici un thriller psychologique à ne pas manquer d’une construction remarquable. Pour un premier roman, c’est un coup de maître. Et pourtant, ça n’était pas forcément bien parti : une lecture difficile au début avec un rythme assez lent malgré un suspens bien installé. Les descriptions un peu trop détaillées à mon goût ralentissent la lecture. Mais peut-être faut-il cela pour pouvoir bien installer les personnages et surtout leur donner une profondeur psychologique. J’avoue avoir eu un peu de mal à m’identifier au personnage féminin dont les réactions m’exaspéraient, pour finalement me demander si je n’aurais pas agi de la même façon.

Mais la manière dont l’auteur a distillé le suspense capte l’attention. Dès le début on est averti de l’existence d’un secret. Les flash-back lèvent le voile progressivement d’une histoire somme toute bien banale… jusqu’à ce que la vérité éclate, comme une bombe, éclairant d’un jour nouveau toute l’intrigue.

L’histoire est racontée à deux voix : Catherine, mère de famille, réalisatrice de documentaire pour la télévision (et détentrice d’un secret, comme par hasard), et Stephen Brigstocke, veuf, qui après avoir trouvé des écrits de sa défunte femme, décide de les publier. Deux versions d’une même histoire. L’une est vraie, l’autre est fausse. Mais laquelle ? Un indice ? Ce n’est pas toujours celui qui parle qui a raison…

Ce roman a été lu dans le cadre des explorateurs du polar.

Je remercie le site orange.com pour m’avoir fait découvrir ce roman.

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 21:48
Pour les amateurs de fantastique

Prière d’achever, John Connolly, Prix Edgar Allan Poe 2014, Editions Ombres noires, 158 pages, 8 euros.

Quatrième de couverture :

Comment expliquer à la police que l’on a été témoin de la chute d’une femme, sous un train, alors qu’aucune trace de l’effroyable accident n’est visible ? C’est ce qui arrive à M. Berger, tranquille célibataire qui vient de s’installer à la campagne dans le vain espoir d’écrire un roman.

L’évènement est d’autant plus troublant que, quelques jours plus tard, la même jeune femme se jette à nouveau sous la locomotive. Cette fois-ci, M. Berger décide de suivre cette mystérieuse créature au sac rouge. Il atterrit dans une étrange librairie tenue par un vieil érudit, qui l’accueille en ses murs les plus grands personnages de la littérature…

J’ai reçu avec un grand plaisir ce court roman par le site les lescteurs.com dans le cadre de l’évènement lyonnais Quai du polar

M. Berger a une vie ennuyeuse : un travail peu passionnant, pas d’amis, encore moins de maîtresse. Sa seule passion est la lecture et quand sa mère lui laisse un héritage suffisant pour changer de vie, il se réfugie dans la maison maternelle pour s’essayer sans succès à l’écriture. Alors pour passer le temps, il lit et se promène dans la campagne. SA vie aurait pu se poursuivre ainsi sans heurts mais un soir… il rencontre Anna Karenine.

C’est l’histoire d’un homme seul qui vit par procuration en lisant. Un homme qui a des hallucinations ou qui vit une aventure extraordinaire ? Les deux hypothèses peuvent être posées, donnant chacune un angle de lecture à ce roman qui a reçu en 2014, mais est-ce si étonnant, le prix Edgar Allan Poe.

Le monde de la littérature et ses personnages sont vus comme un refuge (déjà dans le livre des choses perdues, John Connolly avait abordé ce thème) mais le personnage de M. Berger n’a pas plus d’influence dans ce monde littéraire que dans la vraie vie. Soumis aux événements, il reste spectateur du monde qui l’entoure, réel ou fantastique. D’ailleurs, cette distance est suggérée par l’utilisation permanente du nom patronymique du personnage (on ne connait pas son prénom) ce qui rend l’identification du lecteur plus difficile.

Malgré une fin très prévisible, ce court roman est très agréable à lire.

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 22:42

9782266243988Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire - L.C. Tyler, Sonatine éditions, 18 euros, 278 pages.

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Vous aimez Agatha Christie et l’humour anglais ?

 

Obscur auteur de polars, Ethelred Tressider n’a jamais rien fait comme tout le monde. Sa crise de la quarantaine, par exemple. Quand un homme ordinaire s’achète une Harley Davidson, fonde un groupe de heavy metal ou trouve le chemin de Dieu, Ethelred, lui, a préféré disparaitre pour toujours en abandonnant tout derrière lui. C’est compter sans son agent littéraire, la terrible Elsie Thirkettle, qui finit par le retrouver dans un hôtel miteux des bords de Loire, peuplé de quelques philatélistes réunis pour une foire aux timbres. Alors que nos deux protagonistes s’apprêtent ç repartir pour l’Angleterre, un de ces collectionneurs obsessionnels a la mauvaise idée de mourir assassiné. Tous les clients de l’établissement étant assignés à résidence, Elsie et Ethelred vont en profiter pour mettre leur sagacité à l’épreuve. Lorsque deux autres clients sont retrouvés morts, nos héros, dont le séjour commence dangereusement à ressembler à un roman de leur auteur favori, Agatha Christie, redoublent d’enthousiasme. Auront-ils enfin l’opportunité dont ils rêvent depuis toujours de réunir tous les suspects d’une enquête dans un grand salon afin de leur révéler le nom du coupable ?

 

Décevant. Après avoir lu son précédent roman, je m’attendais à mieux. A quelque  chose dans la même veine. Peut-être est dû au narrateur principal qui est ici Elsie plutôt qu’Ethelred, toujours est-il que la mayonnaise prend moins bien. L’auteur aime ridiculiser son personnage féminin, le malmener, sans finalement en tirer grand-chose.

Quand je relis la 4eme de couverture, si prometteuse, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il y a quand même tromperie sur la marchandise. D’huis-clos il n’y en a point, pas plus d’enquête minutieuse à la Hercule Poirot et je ne parle même pas de la scène finale qui n’a d’apparenté à Agatha Christie que la mise en situation !

L’intrigue policière n’est pas très élaborée (il n’est pas difficile de deviner ce qui s’est passé) et ce qui pourrait passer pour une intrigue secondaire n’est pas très captivant.

Je suis allée jusqu’au bout sans enthousiasme.

 

Mais pour finir sur une touche positive, je peux quand même vous révéler que le roman se referme sur un clin d’œil littéraire surprenant et plein d’humour. 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 22:21

la fin du monde a du retardLa fin du monde a du retard, J.M. Erre, Buchet Chastel, 400pages, 20 euros

 

 

 

 

 

 

 

4eme de couv' :

Construit sous la forme d’une course-poursuite, la fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissement jusqu’à l’incroyable révélation finale… 

En s’interrogeant de façon décalée sur la manière dont chacun construit ses certitudes, la fin du monde a du retard se veut avant tout un récit joyeux sur ce qui fait le malheur et la grandeur de l’être humain : sa capacité à se raconter des histoires !

 

Un jour de décembre, ma copine Corinne-du-musée est arrivée avec ce roman en me demandant de le lire, certaine qu’il me plairait. Il faut dire que depuis le temps que nous écumons ensemble les ateliers de lectures, d’écriture et autres « ures », elle me connait la Coco.

J’ai donc liquidé les affaires en cours avant de m’exécuter.

Evidemment je n’ai pas été déçue.

L’histoire rocambolesque des deux protagonistes complétement déjantés ne peut pas laisser de marbre. D’autant moins que l’auteur a une verve des plus intéressantes.

 

J’ai particulièrement apprécié sa façon d’introduire le doute en intercalant dans le récit des extraits du blog de Julius. Sa logique implacable est, par certains côtés, effrayante. Les tenants de la théorie du complot n’en deviennent que plus inquiétants. De situations absurdes en raisonnements cohérents, on se laisse prendre par l’histoire qui nous emporte sur les chemins tortueux de la folie. Encore faut-il savoir qui est le fou…

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 12:57

06h4106h41, Jean-Philippe Blondel, Pocket, 158 pages

 

Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme chaque lundi. Cécile, quarante-sept ans, rentre d’un weekend épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille, son quotidien. La place à côté d’elle est libre. Philippe s’y assied, après une légère hésitation. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s’est mal terminé. A leur insu, cette histoire a profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s’installe, les souvenirs remontent. ? Ils ont une heure et demie pour décider de la suite….

 

Il y aurait beaucoup à dire sur ce roman.

On pourrait souligner que la structure narrative (alternance entre les pensées de cette femme et de cet homme) donne un rythme au récit qui rappelle le bruit des roues du train sur les rails.

On pourrait noter aussi la rapidité du texte qui rappelle le temps du voyage (moins de deux heures).

On pourrait aussi remarquer que la destination du couple va à l’encontre de leurs pensées : emportés vers Paris et leur avenir, ils quittent leur ville natale dans une vaine tentative de tourner la page sur un passé douloureux, où leur rencontre fortuite les replonge inexorablement.

On pourrait ajouter que ce court roman est à l’image de leur histoire, de la distance qui les sépare de leurs destinations mais aussi de la fausse proximité de leurs corps. Une espèce d’huis-clos, un épaule-à-épaule à défaut de tête-à-tête, qui dans le silence assourdissant de leurs regrets et remords, devient au fur et à mesure pesant, jusqu’à l’éclatement de cette bulle fragile de l’indifférence feinte.

On pourrait aussi se dire que c’est une histoire bien banale que ces deux anciens amants qui se sont séparés au crépuscule de leur adolescence et se retrouvent des années après. Que c’est quelque chose que nous avons déjà vécu, ou aimerions vivre : avoir l’occasion, rien qu’une fois, de régler un vieux compte laissé en suspens. Et nous, qu’aurions nous fait ?

 

Oui, il y aurait beaucoup à dire sur ce roman court et dense.

Mais je préfère vous laisser le découvrir et le savourer.

 

Et dites-moi aussi ce que vous en pensez… 

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 11:02

la vie très privée de Mr SimLa vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe, Gallimard, 22 euros, 449 pages.

 

Quatrième de couverture :Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans. Voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s’accepte tel qu’il est et trouve même certaine satisfaction à son état.

Mais voilà qu’une proposition inattendue lui fait traverser l’Angleterre au volant d’une Toyota hybride, nantie d’un GPS à la voix bouleversante dont, à force de solitude, il va tomber amoureux. Son équipée de commis-voyageur représentant en brosses à dents dernier cri, le ramène parmi les paysages et les visages de son enfance, notamment auprès de son père sur lequel il fait d’étranges découvertes : le roman est aussi un jeu de piste relancé par la réapparition de lettres, journaux, manuscrits qui introduisent autant d’éléments nouveaux à verser au dossier du passé. Et toujours Max pense à la femme chinoise et  sa fille, aperçues dans un restaurant en Australien dont l’entente et le bonheur d’être ensemble l’on tant fasciné. Va-t-il les retrouver ? Et pour quelle nouvelle aventure ?  …

 

 

Maxwell Sim ou le drame de la solitude… Oui, Max est un homme seul. Seul face à lui-même, face à ses choix, passés et présents, ou plutôt à ses absences de choix. Personnage qui aurait pu être sans consistance sans le talent de Coe qui transcende ce loser patenté. C’est au cours d’une espèce de roadmovie que pas à pas, de retour sur un passé douloureux, que Max se construit et réussi à se dépasser pour prendre, enfin, sa vie en main.

Presque psychanalytique, ce roman est l’histoire d’un personnage que l’auteur accompagne. Sa vie monotone de dépressif post divorce, s’enrichit page à page d’anecdotes non seulement sur sa propre existence, mais surtout sur les personnages qui l’entourent : ses parents, ses amis d’enfance, les amis de ses parents.

Long monologue de Maxwell, la vie privée de Mr Sim relate sa vie intime, celle de ses pensées les plus secrètes, les plus sombres aussi, finissant par les avouer… à son GPS. Solitude d’un homme qui réalise en croisant, par hasard, le chemin d’une femme et de sa fille, qu’il a tourné le dos à sa vie. Histoire d’une prise de conscience douloureuse dont l’issue est aussi inattendue que surprenante.

 

 

Finalement ce roman de Coe m’a donné envie de poursuivre avec cet auteur, ce qui n’avait pas été le cas avec son précédent. Comme quoi, il faut parfois savoir aller au-delà d’une première impression…

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 17:39

mere indigneLa vie secrète d’une mère indigne, Fiona Neill, Pocket, 476 pages

 

Quatrième de couverture : Il y a les mères exemplaires, toujours ponctuelles, pomponnées, et souriantes, celles qui préparent des gâteaux pour la kermesse et s’occupent des costumes du spectacle de fin d’année. Et puis il y a les autres : celles qui claquent la porte en laissant les clés à l’intérieur, et qui oublient systématiquement le goûter de leurs enfants… Lucy est clairement de celles-là ! Jusqu’à présent, malgré quelques loupés, elle s’était plutôt bien débrouillée avec sa petite famille. Mais les choses se compliquent quand elle commence à lorgner sur un parent d’élève, rencontré à la sortie des classes…

Mauvaise idée, Calamity Lucy. Très mauvaise idée !

 

Ma fille aînée m’a offert ce roman à Noël. A cause du titre m’a-t-elle dit. Je ne vois absolument pas à quoi elle fait allusion… Bref.

Comme je suis dans ma période « roman anglais pas prise de tête », pourquoi pas ?

J’ai eu un peu de mal au départ à entrer dans l’histoire car cela n’évoquait aucun écho en moi : une jeune femme dépassée par ses préoccupations ménagères… pffff, je suis bien loin de cet univers. Extrêmement gaffeuse, quelques fois à la limite de l’imbécile pathologique, j’ai eu du mal à m’approprier le personnage. Puis, peut être lassée de ses inepties, l’auteur lui a donné un peu plus de profondeur en utilisant les flash-back pour éclairer d’autres facettes de Lucy. Progressivement je me suis laisse prendre par l’histoire de cette femme au foyer qui a renoncer à sa carrière pour élever ses enfants au grand damne de sa mère. Elle a un frère, Mark, psychologue et instable sentimentalement parlant, trois copines plus ou moins célibataires qui lui font vivre leurs passions amoureuses par procuration. Finalement elle mène une vie plutôt banale, dans une banlieue chic de Londres. Trop banal sans doute. Lucy a besoin d’autre chose pour se sentir vivante. Et c’est dans des fantasmes qu’elle trouve le sel qui donne un peu de goût à son quotidien. Pourtant, quand on y regarde de prêt sa vie n’est pas si fade entre les expéditions nocturnes dans la maison de l’amant de l’une, ou les réunions de parents d’élèves houleuses…

L’action se déroule à peu près sur une année scolaire, peut être le temps qu’il fallait à Lucy pour faire le choix de rester avec son mari ou préférer l’aventure avec tous les renoncements que cela comporte.

Un peu caricatural dans les personnages, j’ai néanmoins passé un bon moment avec Lucy.

Et maintenant, je peux te le dire, ma fille, je ne suis franchement pas si indigne !

Non mais !

 

 

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 19:15

etrange-suicide.jpgEtrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage, L.C. Tyler, Pocket, 272 pages

 

Quatrième de couverture : On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Lorsque son ex-femme, Géraldine, disparaît, Ethelred décide de mettre à profit ses talents de détective pour la retrouver.

Petit problème : les connaissances en criminalité d’Ethelred, écrivain professionnel, proviennent de romans policiers tout droits sortis de son imagination qui, depuis un moment, s’est, elle aussi volatilisée.

Quoi de mieux, pour retrouver l’inspiration, qu’une enquête grandeur nature ? De fausses pistes en révélations renversantes, la réalité dépasse de loin la fiction…

 

Ce petit roman anglais, au nom à rallonge et à la couverture kitsch est un policier délicieux. J’avoue être sous le charme de ce L.C. Tyler.

Elthelred Tressider est un écrivain britannique pratiquement inconnu. Il publie sous trois identités différentes des romans policiers avec un inspecteur récurrent qui ne vieillit jamais, des policiers historiques qui se déroulent au XIVème siècle et des romans à l’eau de rose où des « chirurgiens maxillo-faciaux ont une vie sexuelle débridée ». Bref, tout un univers.

L’autre personnage de cette charmante histoire est Elsie Thirkettle, agent littéraire de son état. Elle suit de très près la vie de son poulain, allant jusqu’à l’ingérence pure et simple. Brute de décoffrage, comme on dit, elle est très honnête dans ses critiques (page 14) qualifiant ainsi un manuscrit qu’elle vient de lire : « c’est de la merde.

_ Tu pourrais être un peu plus précise ?

_ De la merde de chien. »

Le ton est donné.

Loin de se prendre au sérieux, ce roman fait la part belle à l’humour. Les personnages sont bien croqués, hauts en couleurs pour certains.

 

Mais au-delà de cela, quelques astuces littéraires créent la surprise (comme les changements de narration notamment au chapitre). La création elle-même s’invite dans le récit. Il y a des mises en abîme qui perdent le lecteur, puis un retour au schéma narratif initial qui le remettent sur le chemin de l’enquête de départ… Un labyrinthe aussi tortueux que l’histoire de cette femme retrouvée morte dans une Fiat rouge… L’histoire d’un crime parfait en quelque sorte…

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 19:23

dans la loge de l'ange gardienDans la loge de l’ange gardien, Pierre Lunère, Fleuve éditions, 230 pages, 14.90€

 

 

Si votre concierge a toujours raison sur le temps qu’il va faire, méfiez-vous : il est peut-être devin !

C’est le cas de Pierre. Officiellement concierge d’un immeuble parisien, officieusement, voyant. D’un côté celui qu’on vient voir comme un homme à tout faire, de l’autre celui qu’on consulte comme le messie.

Tel un psychiatre qui verrait défiler les patients dans son cabinet, avec un recul tout aussi drôle que pertinent sur cette double casquette, Pierre Lunère, derrière son balai ou les deux mains sur ses jeux de tarots, nous raconte ceux qu’il croise dans sa loge de concierge et voyant – du sans-papiers à la comédienne hystérique, de l’amoureuse transis à l’homme d’affaire pressé.

En revenant sur ses deux métiers au service des autres et qui ont forgé son regard sur notre société, sur la vie et sur la mort, Pierre Lunère nous livre son quotidien de roman, et transmet sa philosophie de vie, rappelant au passage qu’il n’est peut-être pas besoin d’être devin pour lire dans le cœur des hommes…

 

J’avoue être assez dubitative devant ce roman… D’une lecture agréable, fluide, il n’y a pas d’histoire à proprement parler mais plutôt une succession de tranches de vie. Transposé au cinéma ce serait un film à sketch avec un personnage récurrent tantôt concierge, tantôt voyant-extralucide. Ces deux mondes ne se mélangent pas. Nul habitant de l’immeuble ne connait l’activité médiumnique du concierge. Par contre les « clients » peuvent venir consulter à la loge, enfin pas tout à fait puisque les séances se font dans la chambre d’ami (toujours pour éviter le mélange des genres).

La galerie de portrait est intéressante : hystériques ou timides, chacun a une histoire qui est dévoilée par les flashes ou les cartes de notre ami voyant. Des vies entières résumées en quelques tirages de cartes, des destinées qu’aucune volonté ne peut contrecarrer. Les trajectoires des clients se heurtent aux convictions de Pierre qui se refusent à dire les choses qui pourraient faire mal, préférant rester flou bien que sachant, lui, la vérité funeste. Pourquoi annoncer le pire à des gens qui viennent chercher le réconfort ?

Je reste un peu sur ma faim, car rien ne vient troubler la monotonie des jours qui se suivent et se ressemblent. L’auteur laisse à penser que c’est une autobiographie, c’est finalement la seule question en suspens qui reste après avoir tourné la dernière page. 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 18:53

Nympheas-noirsNymphéas Noirs, Michel Bussi, Pocket, 492 pages

 

Le jour parait sur Giverny.

Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéas, rêve ‘d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé…

 

 

La dernière fois que j’ai participé au club de lecture de la médiathèque, j’ai eu ordre de lire ce roman. Pas le choix. Mon ignorance à son sujet, obligeant mes camarades à se taire et ne point converser autour de ce livre. Tant de mystère ne pouvait qu’éveiller ma curiosité. Donc c’est plutôt de bonne grâce que je me suis pliée à cette injonction. Et j’ai lu…

Evidemment, je ne dirai rien de l’intrigue si ce n’est qu’elle nous est présentée comme une enquête policière à plusieurs personnages : le commissaire et son adjoint, l’institutrice et son mari, l’ophtalmo parvenu et ses maitresses, la vieille et son chien, la gamine et son fidèle copain. Tout ce petit monde se croise, vit sa vie, s’aime et se déteste dans un décor de peinture impressionniste. Bon.

Parlons-en du décor…

Les descriptions sont précises. Très précises. Trop précises. Parfois peu utiles à l’histoire, certaines ralentissent la narration. Si la trame n’était celle d’un polar ce ne serait pas gênant, mais l’étalement des connaissances de l’auteur sur le sujet des impressionnistes en général et de Monnet en particulier alourdi le texte et me l’a rendu indigeste. Là, au club lecture, les avis divergents : pour certains, cet aspect n’est pas ennuyeux au contraire, cela leur a permis d’apprendre des choses. Et c’est vrai que si on veut en savoir plus sur le propos, il n’y a pas à hésiter… Pour ma part, je préfère, quand je lis un roman, rester dans le genre sans parasitage. Mais bon, ce n’est que ma préférence (à moi… la la la…)

 

C’est le seul reproche que j’ai à l’encontre de ce livre. L’intrigue est particulièrement bien ficelée, comme on dit. Et l’auteur joue sa partition avec talent : tout se recoupe magistralement, sans une fausse note, ce qui, quand on connait la fin, relève presque du prodige. Je reste admirative devant le travail de relecture pour arriver à un tel résultat !

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 11:32

orparadisL’or du Paradis, Bernard Mouterde,  Editions AO, 246 pages, 21 euros

Quatrième de couverture :

23 avril 1935

Le petit village de Villard-Notre-Dame, en plein cœur de l’Oisans, est en émoi. Dans un virage de la route escarpée qui le dessert, les restes d’un homme viennent d’être découverts par le cantonnier. Qui l’a assassiné, et pourquoi ? Le commissaire Lambert est dépêché de Lyon pour tenter de débrouiller le mystère. Pour le moins dépaysé, le citadin parviendra-t-il à enquêter dans ce milieu montagnard dont il ignore tout ?  Nul doute que le maire, l’instituteur, le vieil Angelin ou même le curé l’attendent au tournant ! Sans compter que l’ombre de la Grande Guerre plane encore sur les destins de chacun. Cette quête de « l’or du paradis » sera émaillée de nombreuses surprises.

 

Dépaysement assuré avec ce polar montagnard. Dépaysement géographique d’une part avec un enquête qui nous mène sur les sentiers du massif de l’Oisans, au pied de l’aiguille du midi mais aussi jusqu’à Saint-Denis de la Réunion. Très agréables à la lecture, des descriptions précises permettent une bonne représentation du décor sans alourdir le texte.  Mais également dépaysement temporel puisque l’action se passe dans les années trente. On retrouve la société de cette époque avec l’empreinte de la Grande Guerre, ses codes et ses rivalités de pouvoir entre le curé et l’instit’ du village. Mais on y voit aussi passer des personnages du grand banditisme lyonnais, sur fond de guerre des polices.

 

Pour un premier roman, c’est une jolie réussite. L’intrigue est bien ficelée avec une écriture fluide qui créé un véritable attachement aux personnages. Un bon moment de lecture. 

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 17:05

la fée de la mousseLa fée de la mousse, Philippe H. Besancenet, Editions P’tit Golem, 136 pages, 6 euros

Quatrième de couverture :

Dans le marais, personne ne vous entend crier.

 Bienvenue dans le royaume de Gwann ! Avec son monstre ravisseur de princesse, ses momies tueuses, sa fée sans baguette, son festival folk et des bains de boue à volonté, vous vous sentirez vite à l’aise. Ici, rien n’est comme il parait l’être. On y trouve la gloire comme la mort, les ennuis comme l’amour.

 


 

Certains diront que j’ai passé l’âge des contes de fées. Ils n’auront pas forcément tort s’il s’agit de Clochette, Flora ou Miss Tick (ah non ! c’est vrai celle-là c’est une sorcière), par contre concernant la fée de la mousse…

Tout commence dans un marais. Il y a un Prince, un Roi mourrant, une Princesse, un Monstre. Quatuor classique. Mais ce qui l’est moins, classique, c’est que la Princesse, lasse d’attendre un Prince charmant bien peu empressé de la secourir se barre avec son monstre (syndrome de Stockholm sans doute), plante là le Prince et ses charmantes intentions. Tout penaud, le Prince ne pouvant rentrer dans son royaume sans épouse, s’enfonce dans le marais… et là… forcément, il y fait des rencontres.

Vous l’avez compris, ceci n’est pas un conte ordinaire. C’est un peu comme en cuisine, les grands classiques ont bien plus de saveurs quand ils ont été revisités par un chef étoilé. Et Philippe H. Besancenet mériterait bien d’être étoilé maître es conte de fée tant sa recette m’a régalé de pages succulentes. Il a su ajouter au style traditionnel parfois un peu ampoulé, une juste mesure de vocabulaire actuel et direct allégeant le tout avec délicatesse.

Une vraie découverte que je vous conseille sans modération !

 

 

* pour les ignorants le printemps des légendes c'est ça : 

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 22:30

ça ne peut pas raterÇa ne peut pas rater ! – Gilles Legardinier – Editions Fleuve- 19.90€ - 143 pages


Quatrième de couverture :

« J’en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !

Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.

La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. A présent, c’est la méchante Marie qui est aux commandes. A partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume. »

 

Voici le dernier né de Gilles Legardinier. Après avoir endossé le costume d’une jeune femme curieuse (Demain j’arrête) puis d’un anglais d’âge mûr (Complètement cramé) et enfin d’une adolescente tourmentée (Et soudain tout change), l’auteur se change en trentenaire qui vient de se faire proprement (façon de parler) plaquer par son mec après dix ans de vie commune.

Comme il nous habitué maintenant, le thème douloureux de la rupture amoureuse est allégé par des situations cocasses qui donne au texte une légèreté bienvenue. L’histoire de Marie est banale : découvrir par inadvertance la trahison de celui qui est le centre de sa vie, c’est arrivé à beaucoup d’entre nous… Mais il faut avouer que le personnage masculin est gratiné. Comme mufle, il se pose là. A se demander comment elle a pu faire pour le supporter… Heureusement, Marie n’est pas seule. Et quand elle se retrouve sans logement, une amie de sa sœur lui propose un plan d’enfer : son appartement à garder pendant un an dans le quartier le plus chic de la ville ! Vous me direz que c’est un peu tiré par les cheveux, on en voit jamais ce genre de chose dans la vraie vie… mais la pauvre Marie, à ce stade, si rien de bien ne lui arrive, elle n’a plus qu’à se jeter dans le canal (ok, ça c’est déjà fait…).

Outre une sœur sympa avec des relations, Marie a aussi une amie à son boulot et des collègues plutôt rendant service. Et sa vie privée faisant naufrage, c’est tout naturellement que sa vie professionnelle va devenir prépondérante.  

Comme dans chaque roman de Gilles Legardiner, les personnages secondaires ont de vraies personnalités et ne se contentent pas d’être des faire-valoir de l’héroïne. Attachants, énervants, surprenants ou effrayants, tous ont des caractères bien définis et un rôle important dans la narration. Comme d’habitude, rien n’est laissé au hasard.

Bref, un roman qui fait du bien et qui tombe à point en ces soirées d’automne qui s’allongent dans l’hiver comme un rayon de soleil dans la grisaille.

 

Et le chat dans tout ça ?

Je ne dirai rien sans la présence d’un avocat !

 

 

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 21:33

sans-nouvelles-de-gurbSans nouvelles de Gurb, Eduardo Mendoza, Ed Points, 171 pages.

 

Quatrième de couverture

 

Gurb a disparu dans Barcelone, dissimulé sous les traits de Madonna. Précision : Gurb est un extraterrestre. Parti à sa recherche sous une apparence moins voyante, son coéquipier tient scrupuleusement un journal de ses observations. Une satire délirante et désopilante de notre monde moderne.

 

Sous forme d’un journal de bord, le coéquipier de Gurb décrit sa vie sur Terre. Il porte un regard naïf sur la vie humaine en générale et des habitants de Barcelone en particulier. J’ai d’ailleurs été imperméable à certaines références purement hispaniques faute de connaître suffisamment cette culture. Je pense que du coup je suis passée à côté de beaucoup de choses, mais bon…

L’humour est omniprésent : comique de situation (ça quand on se matérialise n’importe où, on prend des risques…) ou de répétition renforcé par des indications temporelles très précises (à la minute près)… J’avoue avoir éclaté de rire une fois ou deux.

 

J’ai passé un bon moment de détente. Rapide à lire, Gurb peut être le compagnon idéal d’une longue soirée d’hiver. 

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